Face aux accusations selon lesquelles le député et professeur Patrick Matata Makalamba s’en prendrait à certains de ses collègues, Cédric Bwama Lowaya, qui se présente comme son élève, réclame des faits, des dates et des preuves. Dans une réaction publiée lundi, il conteste frontalement cette lecture des prises de position de son maître.
Il choisit l’interrogation plutôt que la longue démonstration : « Quel collègue ? Quand ? Où ? » Par cette série de questions, Cédric Bwama Lowaya est sorti de sa réserve pour défendre celui qu’il appelle son « vieux » et son maître, le professeur Patrick Matata Makalamba.
Sa réaction intervient alors que plusieurs prises de parole, selon lui, reprochent à Patrick Matata de s’attaquer à certains de ses collègues. Une accusation qu’il dit ne pas reconnaître dans la manière dont l’universitaire et député intervient dans le débat public.
Dès les premières lignes, Cédric donne le ton : « Prof aza kaka Prof ! » — littéralement, « un professeur reste un professeur ». Derrière cette formule en lingala se trouve l’idée centrale de sa défense : Patrick Matata conserverait, dans ses interventions, la posture intellectuelle attachée à son statut d’enseignant.
Une défense construite autour d’une exigence : les preuves
Pour Cédric Bwama Lowaya, le débat ne devrait pas se limiter aux perceptions ou aux interprétations. Si Patrick Matata est accusé d’avoir personnellement attaqué des collègues, estime-t-il, les faits doivent pouvoir être identifiés et documentés.
Il affirme que son maître n’a pas besoin de recourir à des attaques personnelles pour défendre ses positions et soutient que celui-ci s’exprime sans « allégations mensongères », sans propos calomnieux et sans affirmations gratuites.
C’est précisément sur ce terrain qu’il interpelle les auteurs des accusations :
« Quel collègue ? Quand ? Où ? Où sont les articles ? Où sont les images ? Où sont les audios ? »
La succession des questions résume sa ligne de défense : à une accusation précise doivent correspondre des éléments vérifiables.
Cédric invite ainsi toute personne affirmant avoir vu, lu ou entendu Patrick Matata s’en prendre à un collègue ou à une autre personnalité à produire les documents permettant de l’établir.
Son défi est formulé sans détour : « Celui qui a une vidéo, un audio ou un article de l’honorable Patrick en train de s’attaquer aux autres, atia awa ! » — une invitation à rendre ces éléments publics.
Entre opinion et attaque personnelle
Au-delà de la défense de Patrick Matata, Cédric Bwama Lowaya soulève une distinction qu’il considère essentielle : celle entre la critique d’un fait et l’attaque dirigée contre une personne.
À ses yeux, donner une appréciation sur une initiative, un événement ou une prise de position ne signifie pas nécessairement viser personnellement son auteur.
« Si donner son opinion sur un fait devient une attaque contre son initiateur de la part des scientifiques, c’est déplorable », écrit-il.
Cette phrase constitue l’un des points centraux de sa réaction. Cédric estime que certaines interventions de son maître seraient désormais interprétées comme des attaques alors qu’elles relèveraient, selon lui, de l’expression d’une opinion.
Très attaché à l’image de Patrick Matata, il décrit également son maître comme un « esprit supérieur », estimant qu’il ne saurait se rabaisser aux attaques personnelles, y compris lorsqu’il est confronté à des provocations.
Une proximité qui dépasse la seule déclaration publique
Le lien académique entre les deux hommes n’est pas seulement affirmé dans cette prise de position. Cédric Bwama Lowaya et Patrick Matata Makalamba figurent notamment parmi les coauteurs d’une étude consacrée à la performance des sites de distribution de la Bralima Kisangani entre 2016 et 2025, publiée en avril 2026 dans African Scientific Journal.
Patrick Matata Makalamba est par ailleurs professeur docteur et enseignant-chercheur à l’Université de Kisangani, à la Faculté des sciences économiques et de gestion, selon une publication scientifique le présentant parmi ses auteurs.
Sur le terrain politique, il siège à l’Assemblée nationale comme député élu de Kisangani, dans la Tshopo, sous l’étiquette UDPS/Tshisekedi. Les résultats publiés par la Commission électorale nationale indépendante à l’issue des législatives de 2023 le répertorient parmi les élus de la circonscription de Kisangani-Ville. Son mandat parlementaire en cours et son appartenance à la Commission économique, financière et contrôle budgétaire sont également documentés par la plateforme de suivi parlementaire Talatala.
Des accusations qui restent à documenter publiquement
La sortie de Cédric Bwama Lowaya prend ainsi la forme d’une demande de clarification : identifier les personnes qui auraient été visées, préciser les circonstances et présenter les supports sur lesquels reposent les accusations.
À ce stade, les recherches effectuées dans les sources publiques accessibles n’ont pas permis d’identifier de manière indépendante les vidéos, audios ou articles précis auxquels répond Cédric, ni d’établir factuellement les attaques personnelles reprochées à Patrick Matata. Cette absence de documentation retrouvée ne permet pas, à elle seule, de conclure que de tels éléments n’existent pas ; elle impose simplement de distinguer les accusations rapportées des faits publiquement vérifiés.
Cédric, lui, ne cache ni sa proximité ni son admiration pour celui qu’il défend. Il assume une prise de position personnelle et réclame que les reproches formulés contre son maître soient étayés.
Sa conclusion traduit son agacement face à l’interprétation qui serait, selon lui, désormais faite des interventions du professeur : « Donc, toutes ses paroles sont prises comme une attaque… Eza mawa vraiment », autrement dit : « c’est vraiment regrettable ».
Au-delà du ton affectif de l’élève envers son maître, sa sortie se résume ainsi à une exigence simple : que les accusations visant Patrick Matata Makalamba soient accompagnées d’éléments permettant au public d’en apprécier la réalité.
Dans un débat où les mots, les réactions et leurs interprétations peuvent rapidement s’entrechoquer, Cédric Bwama Lowaya choisit donc de ramener la controverse à trois questions : qui, quand et où ?

