Le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo défend les questions posées au président de l’ECIDé et appelle à recentrer le débat politique sur les idées, le respect mutuel et les préoccupations des Congolais.
KINSHASA/KISANGANI — Après l’échange qui l’a opposé à Martin Fayulu sur un Space X organisé le 16 septembre 2026 par le journaliste Stanis Bujakera, Mateus Kanga, président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, a publié ce 18 septembre une mise au point pour clarifier sa démarche et revenir sur les propos tenus au cours de cette discussion.


L’échange, consacré à l’analyse de la marche de l’opposition organisée la veille, avait conduit Mateus Kanga à soumettre deux préoccupations à Martin Fayulu : la portée de l’expression « recourir à tous les moyens » pour s’opposer à un éventuel changement de la Constitution, et les raisons de la mobilisation observée lors de la manifestation du 15 septembre.
Selon le président de l’Assemblée provinciale, ces questions visaient à éclairer l’opinion et à favoriser un débat démocratique fondé sur l’échange d’idées et la confrontation constructive des points de vue.
Sur la rébellion armée, Kanga relève la clarification de Fayulu
Dans sa mise au point, Mateus Kanga relève que Martin Fayulu a réaffirmé son opposition à toute forme de rébellion armée contre la République. Une position qu’il salue, estimant qu’elle s’inscrit dans le respect des principes républicains et des valeurs démocratiques.
Le président de l’Assemblée provinciale note toutefois qu’une partie de l’intervention de Martin Fayulu est revenue sur sa lecture de l’élection présidentielle de 2018. Il considère cette position comme relevant de l’appréciation personnelle que l’opposant porte depuis plusieurs années sur cette séquence politique.
La mobilisation du 15 septembre au cœur du désaccord
Sur sa seconde interrogation, Mateus Kanga regrette que le débat n’ait pas permis d’examiner davantage les facteurs ayant influencé le niveau de participation à la manifestation.
Pour lui, l’analyse des forces et des faiblesses d’une action politique constitue un exercice normal du débat démocratique.
La discussion a cependant pris une tournure plus personnelle. Dans son document, Mateus Kanga revient notamment sur l’emploi du qualificatif « saoul » à son endroit. Il précise ne consommer aucune boisson alcoolisée et estime que le débat public gagne en qualité lorsqu’il reste centré sur les idées et les arguments plutôt que sur les personnes qui les expriment.
Un appel au respect du débat démocratique
Tout en réaffirmant son attachement au pluralisme politique et à la liberté d’expression, Mateus Kanga appelle à ce que les divergences, même profondes, soient exprimées dans « le respect mutuel, la courtoisie républicaine et la recherche permanente de l’intérêt supérieur de la Nation ».
Il exprime également sa solidarité envers les victimes des incidents survenus en marge de la manifestation de l’opposition et demande au président de l’ECIDé d’éviter, selon les termes de sa mise au point, le « sensationnalisme sur la place publique ».
Au-delà de son échange avec Martin Fayulu, le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo adresse enfin son message à l’ensemble de la classe politique, majorité comme opposition. Il invite les acteurs à privilégier le dialogue, l’argumentation et le respect réciproque.
Une phrase clôt le document et en résume l’esprit :
« La République démocratique du Congo a besoin d’un débat politique élevé, responsable et orienté vers des solutions aux préoccupations de nos concitoyens. »
Aristote TALY

