Deux arrêtés provinciaux, lus à la RTNC par le porte-parole du gouverneur, Me Michel Lumumba Byambe Lungange, renforcent le dispositif de prévention contre la maladie à virus Ebola alors que la province entre dans une phase de vigilance maximale.
Kisangani. La lutte contre la propagation de la maladie à virus Ebola franchit un nouveau cap dans la province de la Tshopo. À travers deux arrêtés provinciaux officiellement lus à la Radio-Télévision Nationale Congolaise (RTNC) par le porte-parole du gouverneur, Me Michel Lumumba Byambe Lungange, le gouvernement provincial a annoncé le renforcement immédiat de son dispositif de riposte sanitaire.

Le premier arrêté porte interdiction provisoire des rassemblements de masse sur toute l’étendue de la province de la Tshopo, tandis que le second institue une Cellule provinciale de veille Ebola, chargée de coordonner la surveillance, l’alerte précoce et les actions de prévention face au risque de propagation du virus.
Une interdiction applicable sur tout le territoire provincial
Signé par le gouverneur Paulin Lendongolia Lebabonga le 9 juillet 2026, l’arrêté provincial n°01/PLL/…/CAB/PROGOU/P.TSH/2026 interdit, jusqu’à nouvel ordre, tous les rassemblements de masse organisés dans les espaces publics comme privés sur l’ensemble du territoire de la province.


Le document s’appuie notamment sur la Constitution de la République démocratique du Congo, la loi relative à la libre administration des provinces, la loi portant principes fondamentaux de la santé publique ainsi que sur les recommandations du ministère de la Santé publique, de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et sur un message officiel du Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur appelant au renforcement des mesures de prévention dans plusieurs provinces exposées au risque d’Ebola.
L’arrêté rappelle également que des échantillons prélevés sur des corps sans vie rapatriés de la zone de santé de Nia-Nia, en Ituri, limitrophe de la Tshopo, ont été confirmés positifs au laboratoire de Kisangani. Les autorités évoquent aussi les mouvements permanents des populations entre l’Ituri et la Tshopo par les axes routiers, fluviaux et aériens, ainsi que les échanges commerciaux susceptibles de favoriser l’introduction de la maladie dans la province.
Une réponse motivée par l’urgence sanitaire
Dans les considérants de l’arrêté, le gouverneur souligne « l’impérieuse nécessité de protéger la santé de la population » et de prévenir l’introduction ainsi que la propagation de la maladie à virus Ebola sur l’ensemble du territoire provincial.
L’article premier dispose que tous les rassemblements de masse sont temporairement interdits dans les lieux publics et privés de la province.
L’exécution de cette mesure est confiée au ministre provincial de l’Intérieur et de la Sécurité, au commissaire provincial de la Police nationale congolaise, au maire de Kisangani, aux bourgmestres, aux administrateurs des territoires ainsi qu’aux chefs de secteurs et de chefferies. L’arrêté est entré en vigueur dès sa signature et demeure applicable jusqu’à sa levée expresse.
Une Cellule provinciale de veille Ebola pour coordonner la riposte
Le second arrêté présenté au cours de la même communication officielle annonce la création d’une Cellule provinciale de veille Ebola.
Cette structure est appelée à assurer le suivi permanent de la situation sanitaire, à renforcer la surveillance épidémiologique, à coordonner les mécanismes d’alerte et à accompagner les actions de prévention menées sur l’ensemble de la province, en collaboration avec les services sanitaires et les autorités administratives.
Sa mise en place s’inscrit dans le renforcement progressif du dispositif provincial de riposte face à une menace devenue plus pressante ces derniers jours.
Un contexte marqué par le renforcement de la vigilance
Ces nouvelles décisions viennent compléter les premières mesures préventives déjà prises par les autorités provinciales, notamment l’interdiction du transfert des corps en provenance des zones affectées, le renforcement des contrôles sanitaires aux points d’entrée de la province et la multiplication des postes de surveillance sur plusieurs axes stratégiques.
Le contexte sanitaire a évolué rapidement après la confirmation de deux cas positifs d’Ebola à Kisangani, tandis que le ministre de la Santé, Roger Kamba, a officiellement annoncé que la Tshopo figure désormais parmi les provinces concernées par l’épidémie, en raison de cas liés aux mouvements de population depuis la zone de santé de Nia-Nia, en Ituri.
Une mobilisation provinciale renforcée
Par la lecture de ces deux arrêtés sur les antennes de la RTNC, le gouvernement provincial de la Tshopo formalise un renforcement de son dispositif de prévention contre Ebola.
L’interdiction des rassemblements de masse et la création d’une Cellule provinciale de veille traduisent la volonté des autorités provinciales d’organiser une réponse coordonnée face au risque de propagation de la maladie, dans une province dont la proximité avec les zones affectées et l’intensité des mouvements de populations imposent une vigilance permanente.
Rédaction

