À Kisangani, un colloque national évalue vingt ans d’application de la Constitution
Kisangani accueille depuis le 10 juin un colloque scientifique national consacré à l’évaluation de la Constitution du 18 février 2006. Réunissant universitaires, chercheurs, étudiants et experts venus de plusieurs provinces du pays, ces assises se poursuivront jusqu’au 12 juin autour de la question de l’adaptation éventuelle de la Loi fondamentale aux défis du XXIᵉ siècle.
Lors de la deuxième journée des travaux, la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, Recherche scientifique et Innovation (ESURSI), le professeur Marie-Thérèse Sombo Eyane Mukuna, a souligné la nécessité de placer la science et l’expertise universitaire au cœur des réflexions sur l’avenir institutionnel de la République démocratique du Congo.
S’adressant aux participants, elle a présenté ce colloque comme un cadre privilégié d’échanges permettant d’évaluer avec objectivité et rigueur les acquis ainsi que les limites de la Constitution en vigueur depuis près de vingt ans.
Selon la ministre, cette réflexion s’inscrit dans la dynamique impulsée par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui encourage un débat approfondi sur l’évolution du cadre institutionnel national afin de l’adapter aux réalités actuelles du pays.
« La Constitution n’est pas un texte figé. Elle doit refléter les aspirations du peuple et répondre aux défis de chaque époque », a déclaré Marie-Thérèse Sombo, estimant qu’après vingt ans d’application, il est légitime d’examiner les dispositions constitutionnelles à la lumière des mutations politiques, économiques, sociales, technologiques et sécuritaires auxquelles la RDC fait face.
La ministre a également insisté sur le rôle central de l’université dans la recherche de solutions aux grands défis nationaux. Au-delà de sa mission de formation et de production du savoir, l’institution universitaire doit, selon elle, contribuer à éclairer les décisions publiques et à renforcer la qualité de la gouvernance.
Appelant à un débat serein et constructif, elle a exhorté les participants à privilégier une approche scientifique, inclusive et républicaine. Elle a également mis en garde contre toute instrumentalisation des discussions constitutionnelles susceptible de fragiliser l’unité nationale.
« Les débats doivent renforcer la cohésion nationale et consolider notre démocratie », a-t-elle soutenu, invitant les chercheurs à formuler des recommandations fondées sur des données objectives et une connaissance approfondie des réalités congolaises.
Face aux transformations observées dans les domaines de la sécurité, du climat, de la transition numérique, de l’intelligence artificielle, de l’énergie et de la gouvernance des ressources naturelles, Marie-Thérèse Sombo a estimé que les institutions de la RDC doivent continuellement évoluer afin de répondre efficacement aux nouveaux enjeux.
Elle a enfin exprimé le souhait que les conclusions du colloque contribuent à bâtir un Congo plus stable, plus démocratique et davantage tourné vers le développement.
S’adressant particulièrement aux étudiants, la ministre les a encouragés à cultiver l’esprit critique, le sens du devoir et l’engagement citoyen afin de participer activement à la construction de l’avenir du pays. :::
Par Trésor Makaya

