Après la nomination du nouveau gouverneur militaire de l’Ituri, le sénateur Jean Bamanisa Saïdi appelle à une action résolue pour le retour de la paix, la restauration de l’autorité de l’État et le développement de la province.
KINSHASA – Quelques jours après la nomination du Général-Major Gaby Kasonga Mulumba Batoka à la tête de l’administration militaire de l’Ituri, le sénateur Jean Bamanisa Saïdi a rendu public un message dans lequel il salue cette décision et formule une série d’attentes destinées à guider la nouvelle gouvernance de cette province de l’est de la République démocratique du Congo.
Le nouveau gouverneur militaire a été nommé en remplacement du lieutenant-général Johnny Luboya Nkashama, dans une province placée sous état de siège depuis mai 2021 et confrontée à une insécurité persistante liée à l’activisme de groupes armés.


Dans son message daté du 8 juin 2026, Jean Bamanisa Saïdi affirme que cette nomination constitue « un témoignage éloquent du souci permanent » du président de la République, Félix Tshisekedi, en faveur du retour de la paix, de la sécurité et de la restauration de l’autorité de l’État en Ituri.
Le sénateur estime que cette décision répond aux attentes exprimées par une partie de la population iturienne, qui souhaitait un changement dans la gestion de l’état de siège et dans la conduite des opérations militaires, politico-administratives et de développement de la province.
Hommage à l’équipe sortante
Dans son adresse, Jean Bamanisa Saïdi rend également hommage à l’équipe sortante pour les résultats qui seront évalués positivement par la population.
« Pour les retombées qui seront évaluées positivement pour l’équipe sortante, la population les remercie pour leur dévouement aux objectifs du service public », écrit-il.
Le sénateur souhaite ensuite « plein succès » au nouveau gouverneur militaire dans l’exercice de ses fonctions et rappelle que les Ituriens attendent des résultats concrets afin que l’état de siège puisse contribuer durablement au retour de la paix.
Cette nomination intervient alors que le chef de l’État a officiellement instruit le nouveau gouverneur de rétablir rapidement une paix durable, de renforcer la sécurité et de favoriser le retour des personnes déplacées dans leurs milieux d’origine.
Quatre priorités pour la nouvelle gouvernance
Au-delà du message de félicitations, Jean Bamanisa Saïdi formule plusieurs recommandations qu’il considère comme essentielles pour la réussite du nouveau mandat.
Réorganiser l’armée
La première priorité concerne la réorganisation des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Le sénateur appelle à une armée plus efficace, mieux structurée et pleinement engagée dans sa mission républicaine. Il insiste également sur la nécessité de distinguer clairement les missions militaires des responsabilités politico-administratives exercées par les autorités civiles.
Il recommande notamment la construction de camps militaires renforcés, le renforcement des capacités opérationnelles des forces de défense ainsi que l’entretien et la formation des combattants chargés de protéger la population.
Renforcer le dialogue communautaire
La deuxième recommandation porte sur la cohésion sociale.
Jean Bamanisa Saïdi invite le nouveau gouverneur militaire à engager un dialogue franc, sincère et inclusif avec l’ensemble des communautés locales.
Selon lui, l’Ituri a besoin d’une gouvernance impartiale capable de rapprocher les différentes composantes de la société, tout en combattant les facteurs qui alimentent l’insécurité et les divisions communautaires.
Reprendre le contrôle du territoire
Le sénateur appelle également à une lutte déterminée contre les groupes armés et les réseaux criminels opérant dans la province.
Il estime que l’armée doit reprendre le contrôle total des territoires affectés par l’insécurité et empêcher toute installation durable de forces négatives.
Dans cette perspective, il plaide pour le désarmement, la démobilisation et la réinsertion des combattants illégaux.
Créer un climat favorable aux investissements
Enfin, Jean Bamanisa Saïdi établit un lien direct entre sécurité et développement économique.
Selon lui, la restauration de l’autorité de l’État, le retour de la paix et le rétablissement de la confiance constituent des conditions indispensables pour attirer les investissements structurants dont l’Ituri a besoin pour son développement.
Appel à la mobilisation collective
Le sénateur exhorte les responsables politico-administratifs, les leaders d’opinion, la société civile et les services de sécurité à collaborer étroitement avec la nouvelle administration militaire.
Il estime que chaque acteur doit assumer ses responsabilités afin d’accompagner les efforts de stabilisation et de favoriser une cohabitation pacifique entre les communautés.
Dans son message, il appelle également la population à soutenir les efforts engagés pour restaurer la paix et promouvoir la concorde communautaire dans la province.
Un plaidoyer adressé au gouvernement central et au Parlement
Jean Bamanisa Saïdi demande enfin au gouvernement central de mobiliser les moyens logistiques et financiers nécessaires pour consolider la paix et soutenir le développement de l’Ituri.
Le sénateur sollicite également l’intervention du Parlement afin que les modalités relatives à la mise en œuvre, au fonctionnement et au désengagement de l’état de siège soient mieux encadrées par la loi, avec l’implication des autorités politico-administratives concernées.
Une province toujours confrontée à d’importants défis
Province frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud, l’Ituri demeure l’une des régions les plus affectées par les violences armées dans l’est de la RDC. Depuis l’instauration de l’état de siège en mai 2021, les autorités congolaises poursuivent leurs efforts pour restaurer l’autorité de l’État et améliorer la sécurité dans cette partie du pays.
À travers son message, Jean Bamanisa Saïdi place ainsi la nouvelle administration militaire devant des attentes précises : renforcer la sécurité, favoriser le dialogue entre les communautés, restaurer l’autorité de l’État et créer les conditions d’un développement durable pour l’Ituri. Une feuille de route qu’il présente comme essentielle pour répondre aux aspirations de paix et de stabilité exprimées depuis plusieurs années par la population de la province.
Aristote TALY

