À l’ouverture de la session ordinaire de septembre à Kisangani, le président de l’Assemblée provinciale a appelé à préserver la collaboration entre les institutions. Mais il pose une limite claire : la stabilité ne doit ni effacer les prérogatives de l’Assemblée ni affaiblir son pouvoir de contrôle.
KISANGANI — Préserver la stabilité institutionnelle, sans transformer celle-ci en renoncement au contrôle parlementaire. C’est l’un des messages adressés par Mateus Kanga Londimo, président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, à l’ouverture de la session ordinaire de septembre.
Devant les députés provinciaux et les membres de l’Exécutif réunis à Kisangani, il a appelé les institutions provinciales à poursuivre leur travail dans un esprit de collaboration et de respect mutuel, tout en rappelant que chacune doit exercer pleinement les compétences que lui reconnaissent les textes.
La stabilité ne signifie pas l’effacement de l’Assemblée
Sur ce point, Mateus Kanga Londimo a tenu à préciser sa conception de la stabilité institutionnelle.
Pour lui, celle-ci ne signifie « ni l’effacement des prérogatives de l’Assemblée provinciale ni le renoncement au contrôle de l’action de l’Exécutif ».
Elle suppose plutôt que l’Assemblée et le gouvernement provincial travaillent chacun dans son rôle, avec suffisamment de hauteur pour que les divergences inhérentes à la vie démocratique ne détournent pas les institutions de leurs missions.
Le président de l’organe délibérant estime que la Tshopo a suffisamment de défis à relever pour que ses institutions dispersent leurs efforts dans des querelles éloignées des préoccupations de la population.
À l’Exécutif, l’obligation de répondre aux attentes
Le message adressé au gouvernement provincial conjugue reconnaissance et exigence.
Mateus Kanga Londimo salue les efforts déjà consentis par l’Exécutif, dans la limite des moyens disponibles. Il estime néanmoins que davantage doit être fait pour répondre aux attentes de la population.
Dans son discours, il établit également un lien direct entre l’action du gouvernement et la préservation de la stabilité institutionnelle : une réponse concrète aux préoccupations des habitants doit, selon lui, contribuer à consolider cette stabilité.
Cette position place donc la relation entre les deux institutions sur un double terrain : collaboration dans l’action, contrôle dans l’exercice des responsabilités.
Aux députés : dépasser les calculs et les intérêts du moment
Le président de l’Assemblée provinciale s’est également adressé directement à ses collègues députés.
Revenus de leurs circonscriptions après les vacances parlementaires, les élus sont appelés à faire remonter dans l’hémicycle les préoccupations recueillies auprès de leurs bases.
Mateus Kanga Londimo reconnaît que les députés peuvent appartenir à des sensibilités différentes, avoir des appréciations divergentes et défendre leurs convictions. Mais, lorsqu’il s’agit de l’avenir de la province, il leur demande de placer l’intérêt supérieur de la Tshopo au-dessus des considérations particulières.
Légiférer, surveiller la gestion de la chose publique et porter la voix de la population : c’est autour de ces responsabilités qu’il souhaite recentrer le travail parlementaire.
Assemblée et Exécutif appelés à se « dire certaines vérités »
Cette volonté de préserver la collaboration n’exclut pas les confrontations institutionnelles prévues par les textes.
Dans les dernières lignes de son discours, Mateus Kanga Londimo annonce une session au cours de laquelle l’Assemblée et l’Exécutif devront pouvoir se regarder « face à face » et se dire certaines vérités afin de corriger les erreurs du passé.
Le cap affiché est ainsi celui d’un équilibre : préserver la stabilité de la Tshopo, maintenir le dialogue entre les institutions, mais exercer pleinement le contrôle parlementaire.
Pour Mateus Kanga Londimo, l’objectif final reste celui qu’il a placé au cœur de son intervention : des institutions qui fonctionnent, des autorités qui assument leurs responsabilités et des élus capables de replacer les attentes de la population au centre de leur mandat.
Aristote TALY

