À l’ouverture de la session ordinaire de septembre, essentiellement budgétaire, le président de l’Assemblée provinciale a fixé une exigence : avant d’examiner les nouvelles prévisions, les élus devront évaluer l’exécution du budget en cours, la qualité des dépenses et leur impact réel sur la population.
KISANGANI — Avant de parler de nouveaux chiffres pour 2027, l’Assemblée provinciale de la Tshopo veut regarder ce que les ressources déjà autorisées ont concrètement produit.
C’est l’un des axes majeurs fixés par Mateus Kanga Londimo, président de l’Assemblée provinciale, lors de l’ouverture de la session ordinaire de septembre à Kisangani.
Cette session revêt un caractère essentiellement budgétaire. Mais pour le président de l’organe délibérant, l’examen des prévisions de l’exercice 2027 doit être précédé d’un regard rigoureux sur l’exécution du budget en cours.
Des chiffres aux résultats
L’enjeu, selon Mateus Kanga Londimo, ne consiste pas uniquement à vérifier combien la province a mobilisé ou dépensé.
L’Assemblée veut également savoir ce que ces ressources ont permis de réaliser.
Les investissements exécutés, les priorités effectivement financées et leur impact sur les conditions de vie devront ainsi occuper une place centrale dans l’évaluation parlementaire.
Le président de l’Assemblée résume cette exigence par une formule forte :
« Une bonne présentation comptable ne suffit pas lorsque sur le terrain les résultats restent difficiles à percevoir. »
Au-delà de la régularité des opérations, les élus sont donc appelés à examiner la qualité de la dépense, sa pertinence et son utilité sociale. Les fonds engagés doivent correspondre aux besoins pour lesquels ils ont été prévus et produire des effets concrets pour la population.
Les préoccupations des territoires dans le budget
Cette évaluation devra également préparer les choix pour 2027.
Les députés provinciaux reviennent de vacances parlementaires durant lesquelles ils ont retrouvé leurs circonscriptions et recueilli les préoccupations de leurs électeurs. Pour Mateus Kanga Londimo, ces doléances ne doivent pas rester à l’extérieur de l’hémicycle.
Elles devront trouver leur place dans les priorités budgétaires, tout en tenant compte des capacités réelles de mobilisation des recettes de la province.
L’équation est clairement posée : des besoins importants face à des ressources limitées.
La Commission économique et financière interpellée
Dans ce processus, Mateus Kanga Londimo attribue un rôle déterminant à la Commission économique et financière de l’Assemblée provinciale.
Elle devra fournir à la plénière une lecture fidèle de la situation financière de la Tshopo afin de permettre aux députés de se prononcer en connaissance de cause sur les orientations à retenir.
Le président de l’Assemblée a d’ailleurs directement interpellé les membres de cette commission, leur demandant d’assumer pleinement leur rôle dans l’intérêt de la province.
2027 : choisir l’essentiel
Face à l’écart entre les besoins et les ressources disponibles, Mateus Kanga Londimo appelle à des arbitrages.
Pour lui, la province devra distinguer l’essentiel de l’accessoire et concentrer l’effort public sur les secteurs où les urgences sont les plus fortes.
Le budget 2027 devra traduire ces priorités.
Une exigence est particulièrement mise en avant : tout projet inscrit au prochain budget devra avoir un impact direct sur le quotidien de la population.
La session ne sera cependant pas limitée aux seules questions financières. Le président de l’Assemblée annonce également une attention particulière aux tracasseries routières et fluviales, aux conflits coutumiers ainsi qu’à d’autres matières touchant directement à la vie de la province. Des édits devront également être examinés et votés.
À travers cette orientation, l’Assemblée provinciale place donc le prochain exercice budgétaire devant une question simple mais centrale : au-delà des montants inscrits dans les documents financiers, qu’est-ce que chaque dépense publique change réellement dans la vie des Tshopolaises et des Tshopolais ?
Aristote TALY

