De retour de ses vacances parlementaires passées dans sa circonscription électorale, la députée nationale élue d’Opala, Elysée Ichwama Litoka, a décidé de porter au niveau des institutions nationales les préoccupations soulevées par l’état d’avancement des travaux de réhabilitation de la Route nationale n°7 (RN7), axe Kisangani–Opala.
Dans une correspondance datée du 28 septembre 2026, l’élue saisit le Gouvernement de la République et interpelle également l’Assemblée nationale sur la gestion des fonds affectés à ce projet routier stratégique.
Au centre de sa démarche : une première tranche de 3 677 930,79 dollars américains, que la députée représentant 30 % des fonds destinés au démarrage des travaux de réhabilitation de la RN7.
Du terrain aux institutions nationales

Cette démarche intervient au lendemain d’un séjour parlementaire au cours duquel Elysée Ichwama affirme avoir personnellement parcouru la RN7 sur le tronçon Kisangani–Opala-centre, entre le 5 août et le 12 septembre 2026.
Dans sa correspondance, elle explique que les constatations effectuées sur le terrain, appuyées par des éléments audiovisuels, ont suscité de sérieuses interrogations sur la concordance entre les fonds annoncés comme décaissés et le niveau des travaux effectivement visibles.


La députée qualifie de présumé détournement l’utilisation de cette première tranche et demande aux autorités compétentes d’en établir la réalité, la destination et, le cas échéant, les responsabilités.
L’enjeu est donc désormais de confronter les déclarations aux pièces financières et aux constatations techniques.
Une double saisine pour obtenir des réponses
La particularité de la démarche d’Elysée Ichwama réside dans son caractère institutionnel.
D’un côté, elle sollicite directement le Gouvernement de la République, notamment à travers les autorités concernées par les finances publiques et les infrastructures.
De l’autre, elle indique avoir sollicité une enquête parlementaire afin d’établir les faits, d’identifier les responsabilités éventuelles et de proposer les mesures appropriées si des irrégularités sont confirmées.
Cette double démarche place ainsi le dossier de la RN7 à la fois sur le terrain du contrôle gouvernemental et sur celui du contrôle parlementaire.
Les 70 % restants sous surveillance
Dans sa correspondance, la députée demande également la suspension de tout décaissement des 70 % restants jusqu’à la clarification de l’utilisation de la première tranche.
Si les 3 677 930,79 USD correspondent effectivement à 30 % de l’enveloppe globale, le financement total serait d’environ 12,26 millions USD, tandis que les 70 % restants représenteraient environ 8,58 millions USD.
Ce calcul devra néanmoins être confronté aux documents contractuels et financiers officiels du projet.
Pour la députée, la priorité est de vérifier l’utilisation des fonds déjà débloqués avant toute nouvelle libération de ressources publiques.
Une enquête financière demandée
L’élue d’Opala demande une enquête approfondie associant notamment les services compétents des ministères des Finances et des Infrastructures et Travaux publics.
Elle souhaite que cette enquête permette de répondre à plusieurs questions essentielles : quelle a été la destination exacte des fonds ? Quels circuits financiers ont-ils empruntés ? Quels paiements ont été effectués ? Quels en sont les bénéficiaires ? Et quelles dépenses peuvent être justifiées par des travaux réellement exécutés ?
Elle demande également que les éventuelles responsabilités individuelles soient établies sur la base des pièces et des conclusions de l’enquête.
En cas d’infractions établies, la députée évoque la possibilité d’une saisine des autorités judiciaires compétentes.
Rédaction

