Agriculture, pêche, élevage, routes de desserte agricole, fournitures scolaires et assistance alimentaire : dirigée par Prisque Bamanyisa Isingoma, l’organisation affirme multiplier depuis 2019 les initiatives en faveur des populations les plus fragiles, tout en recherchant de nouveaux partenaires.
En République démocratique du Congo, où des millions de familles restent confrontées à la précarité alimentaire et sociale, certaines initiatives locales tentent d’agir simultanément sur l’urgence et sur les moyens de subsistance.
C’est dans cette logique que s’inscrit l’ONGD Action pour le développement de la femme et de l’enfant du Congo. Sous la direction de sa présidente, Prisque Bamanyisa Isingoma, l’organisation indique intervenir depuis 2019 auprès des personnes vulnérables, avec une approche qui associe développement agricole et assistance sociale.
De l’agriculture à l’assistance sociale
Sur le terrain économique, l’ONGD dit concentrer ses interventions sur l’agriculture, la pêche et l’élevage, mais également sur l’aménagement et la réhabilitation des routes de desserte agricole. Elle accompagne aussi des agriculteurs par la fourniture d’intrants destinés à soutenir leur production et leurs revenus.
Cette orientation intervient dans un contexte national particulièrement difficile. Selon la FAO et le Programme alimentaire mondial, plus de 26,5 millions de personnes en RDC sont confrontées en 2026 à une insécurité alimentaire aiguë, dont plus de 3,6 millions en situation d’urgence.
La FAO estime par ailleurs que l’agriculture occupe environ 70 % de la population active congolaise, tout en restant largement sous-exploitée malgré l’importance des terres arables et des ressources en eau du pays.
Au-delà de la production agricole, l’organisation affirme accorder une attention particulière aux orphelins, aux personnes démunies, aux femmes avec enfants ainsi qu’aux personnes du troisième âge.
Ses interventions comprennent notamment la distribution de fournitures scolaires, de vivres et d’autres biens essentiels aux enfants vulnérables.

« Nous avons pour habitude d’assister les orphelins en leur donnant des fournitures scolaires, des aliments et d’autres biens essentiels. Ce sont des enfants qui devraient normalement être protégés, mais qui se retrouvent malheureusement dans des situations difficiles », explique Prisca Bamanyisa Isingoma.
La question de la protection de l’enfance reste particulièrement sensible en RDC. L’UNICEF souligne l’ampleur des vulnérabilités auxquelles sont exposés les enfants congolais et soutient, avec les autorités et différents partenaires, des programmes destinés à renforcer durablement les mécanismes de protection.
Des actions financées principalement sur fonds propres
Selon ses responsables, Action pour le développement de la femme et de l’enfant du Congo finance actuellement une grande partie de ses interventions sur ses ressources propres.
Une situation qui limite nécessairement la capacité d’intervention et pousse l’organisation à rechercher de nouveaux soutiens afin d’atteindre davantage de bénéficiaires.
Dans cette dynamique, l’ONGD indique travailler également avec Samuel Bamanyisa, à travers l’ASBL PRIBASA, une dénomination construite à partir des prénoms Prisca Bamanyisa Samuel.
Prisque Bamanyisa Isingoma appelle ainsi les personnes de bonne volonté, les organisations et les partenaires potentiels à accompagner les initiatives menées en faveur des populations vulnérables.
Pour la présidente, aucune contribution n’est insignifiante : une aide, même limitée, peut permettre de soutenir un enfant ou une personne confrontée à une situation difficile. Une mobilisation plus large permettrait, selon elle, d’accroître les capacités d’assistance et d’élargir le nombre de bénéficiaires.
Samuel Bamanyisa lance le même appel. Il invite les personnes disposées à contribuer à prêter main-forte à l’ASBL afin de lui permettre de poursuivre et d’étendre ses actions sociales.


Entre assistance immédiate et autonomie
L’approche revendiquée par l’organisation repose ainsi sur deux dimensions complémentaires : répondre aux besoins immédiats des personnes vulnérables et soutenir des activités capables de renforcer progressivement leur autonomie économique.
Cette articulation entre aide sociale et relance des moyens de subsistance rejoint un enjeu majeur de l’action humanitaire actuelle en RDC. En juin 2026, par exemple, la FAO a engagé une assistance combinant semences, outils agricoles, transferts monétaires et accompagnement technique au bénéfice de populations vulnérables dans l’Est du pays, avec l’objectif de permettre aux ménages de produire à nouveau leur nourriture et de reconstruire leurs moyens d’existence.
Pour Action pour le développement de la femme et de l’enfant du Congo, l’enjeu consiste désormais à consolider les initiatives déjà engagées, poursuivre son action dans les secteurs agricole et social et surtout mobiliser davantage de partenariats.
Dans un pays où près d’un Congolais sur quatre éprouve encore des difficultés à satisfaire ses besoins alimentaires essentiels, les besoins restent considérables. Pour l’ONGD, la prochaine étape sera donc celle du renforcement des moyens : afin que l’aide apportée aujourd’hui à quelques familles puisse, demain, atteindre davantage d’enfants, de femmes, de personnes âgées et de communautés vulnérables.
Aristote TALY

