À Kisangani, la question de la réhabilitation de la voirie urbaine dans la commune de Lubunga continue d’alimenter frustrations et incompréhensions. Au cœur des revendications : l’absence d’asphaltage des routes, pourtant annoncé dans le cadre du programme de modernisation financé par le gouvernement central.
Le président de la société civile Sauti ya Lubunga, Prince Héritier Isomela Abedi, dénonce une situation qu’il qualifie de marginalisation persistante. Selon lui, les attentes de la population étaient clairement établies dès le lancement du projet.
« La commune de Lubunga devait bénéficier d’au moins 10 à 15 kilomètres de routes asphaltées », rappelle-t-il, évoquant des engagements publics pris par les autorités.
Des travaux en décalage avec les attentes
Sur le terrain, la réalité est tout autre. Les travaux exécutés par par Kas Logistics se limitent essentiellement à l’aménagement de routes en terre, loin des standards annoncés. Une situation qui alimente un sentiment d’injustice chez les habitants.
À l’échelle de la ville, plusieurs communes bénéficient déjà d’infrastructures modernisées, notamment des routes asphaltées et des systèmes de drainage performants. Pour les résidents de Lubunga, ce contraste renforce l’impression d’un traitement inégal.
« Nous sommes tous des Congolais, tous des Boyaumais, et nous contribuons fiscalement comme les autres. Nous avons droit, nous aussi, aux retombées des projets publics », insiste le responsable de la société civile.
Des promesses répétées, des résultats absents
Depuis 2025, plusieurs missions officielles se sont succédé à Lubunga, annonçant tour à tour le démarrage imminent des travaux d’asphaltage. Pourtant, en ce début d’année 2026, les infrastructures attendues restent invisibles.
Ce décalage entre discours et réalité fragilise la confiance entre la population et les autorités, dans un contexte où les enjeux de mobilité urbaine et de développement local sont cruciaux pour une ville stratégique comme Kisangani, carrefour économique du nord-est de la RDC.
Un appel pressant aux autorités
Face à l’impatience grandissante, la société civile appelle à une intervention urgente des décideurs. Prince Héritier Isomela Abedi, interpelle notamment les autorités provinciales de la Tshopo, ainsi que le ministre national des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, afin qu’ils s’impliquent personnellement dans le suivi de ce dossier.
L’objectif : éviter une montée des tensions sociales dans une commune où les attentes sont à la hauteur des promesses formulées.
Lubunga, un maillon clé à ne pas négliger
Au-delà de la contestation, les acteurs locaux rappellent le rôle stratégique de Lubunga dans l’équilibre économique de Kisangani. La commune constitue un important bassin d’approvisionnement en produits agricoles pour la ville, contribuant directement à la sécurité alimentaire urbaine.
Pour ses habitants, l’équation est simple : développement inclusif et équitable.
« Il est temps que Lubunga bénéficie, elle aussi, des projets structurants au même titre que les autres communes », conclut le président de la société civile.
Aristote TALY

