Au Déjeuner & Débat du Club BTP & CMA, la Directrice des Ressources humaines de PPC Barnet, Carine Ewuli, a détaillé la politique de développement des compétences mise en œuvre par l’entreprise, depuis le recrutement des jeunes diplômés jusqu’à la formation technique en usine, en passant par la certification des métiers et le futur Centre des PME développé avec le projet TRANSFORME.
Le développement des infrastructures ne repose pas uniquement sur le béton, l’acier ou les équipements industriels. Il dépend avant tout des femmes et des hommes capables de concevoir, produire, construire et entretenir des ouvrages conformes aux normes. C’est autour de cette conviction que s’est articulé le Déjeuner & Débat du Club BTP & CMA, consacré au thème « Formation professionnelle, validation de l’expérience et qualité des ouvrages », avec pour sous-thème « Structurer les compétences du BTP au service des projets, des maîtres d’ouvrage et des entreprises du secteur ».
Organisé dans le cadre des activités du Club BTP & CMA, une plateforme née de l’initiative d’Expo Béton pour professionnaliser les acteurs de la construction en République démocratique du Congo, le débat visait à rapprocher les entreprises, les institutions et les professionnels autour des défis liés au développement des compétences dans le secteur.
La première table ronde, consacrée à la formation professionnelle et à la validation de l’expérience acquise dans les métiers du BTP, a réuni plusieurs intervenants du secteur. Parmi eux, Carine Ewuli, Directrice des Ressources humaines de PPC Barnet, est revenue sur la stratégie développée par le cimentier pour renforcer durablement les compétences locales.
Dès le début de son intervention, elle a rappelé le contexte dans lequel évolue aujourd’hui l’industrie cimentière congolaise.

« Le secteur du ciment est en pleine expansion », a-t-elle expliqué, soulignant que la République démocratique du Congo produit environ 2,5 millions de tonnes de ciment par an, alors que la demande nationale demeure largement supérieure à cette capacité de production. Cette évolution du marché impose, selon elle, un besoin croissant de compétences qualifiées dans un secteur où les exigences techniques sont particulièrement élevées.
Interrogée sur la politique mise en œuvre par PPC Barnet pour garantir la disponibilité de ces compétences au niveau local, Carine Ewuli a insisté sur le respect permanent des normes industrielles qui encadrent la fabrication du ciment.
Elle a indiqué que la qualité du ciment produit par PPC Barnet ne relève pas d’un simple argument commercial mais d’un ensemble de procédures, de certifications et de référentiels techniques auxquels l’entreprise se conforme en permanence.
« Nous faisons en sorte d’être dans les règles de l’art », a-t-elle affirmé, précisant que l’entreprise veille à disposer de tous les documents, certifications et niveaux d’expertise nécessaires afin de répondre aux standards exigés par l’industrie.
Au-delà de la conformité technique, la responsable des ressources humaines a présenté la formation comme l’un des piliers majeurs de la politique de développement de PPC Barnet.
Selon elle, cette stratégie commence avant même l’embauche.
Chaque année, l’entreprise lance un programme destiné aux jeunes diplômés. Un processus de sélection permet d’identifier des étudiants qui suivent ensuite un parcours de formation de 18 mois.
À l’issue de cette période, les participants peuvent être intégrés au sein de l’entreprise lorsque des postes sont disponibles, aussi bien dans les métiers industriels que dans les fonctions administratives.
Pour PPC Barnet, ce dispositif répond à une double nécessité : préparer les futurs professionnels du secteur et offrir aux jeunes diplômés une première expérience professionnelle dans un contexte où l’accès aux stages reste limité.
Carine Ewuli a rappelé qu’un curriculum vitae dépourvu d’expérience constitue aujourd’hui un obstacle important à l’insertion professionnelle de nombreux jeunes diplômés.
C’est pourquoi, a-t-elle expliqué, l’entreprise a choisi d’investir directement dans leur formation afin de renforcer leur employabilité.
La politique de développement des compétences ne s’arrête toutefois pas aux nouvelles recrues.
La Directrice des ressources humaines a indiqué que chaque collaborateur bénéficie d’un plan de formation construit selon les besoins de son métier.
Un budget spécifique est consacré chaque année au renforcement des compétences des employés.
Cette formation dépasse largement les enseignements théoriques dispensés en salle.
Dans une cimenterie, a-t-elle expliqué, de nombreux métiers exigent avant tout un apprentissage pratique réalisé directement sur les installations industrielles.
Pour répondre à cette exigence, PPC Barnet a mis en place, au sein de son usine, un mini-centre de formation technique.
Ce dispositif fonctionne notamment en partenariat avec l’Institut National de Préparation Professionnelle (INPP).
L’objectif est de permettre aux soudeurs, plombiers et autres techniciens d’acquérir une expérience complémentaire directement sur les équipements industriels avant d’exercer leurs fonctions dans l’entreprise.
Selon Carine Ewuli, cette démarche permet de garantir que les professionnels intégrés dans les équipes disposent des compétences techniques et des certifications adaptées aux exigences de leurs métiers.
Interrogée sur les difficultés de recrutement, elle a reconnu que certains profils spécialisés restent difficiles à trouver sur le marché national.
Dans ces situations, PPC Barnet est amenée, dans le respect de la législation congolaise, à recruter temporairement des experts expatriés.
Leur mission ne consiste pas uniquement à occuper des fonctions techniques, mais également à assurer le transfert des connaissances vers les équipes locales.
Selon elle, ces spécialistes interviennent pendant une période déterminée afin de former les collaborateurs congolais et d’assurer progressivement la relève.
L’échange s’est également porté sur le protocole d’accord signé à la fin du mois de février 2026 entre PPC Barnet et le Projet TRANSFORME, soutenu par la Banque mondiale, en vue de créer un Centre des PME à Kimpese.
Invitée à préciser les objectifs de cette initiative, Carine Ewuli a expliqué que ce futur centre vise à renforcer les liens entre PPC Barnet et les petites et moyennes entreprises locales intervenant dans sa chaîne de valeur.
Elle a rappelé que l’usine utilise désormais, en complément du charbon importé, des combustibles alternatifs, notamment issus de la noix de palme, afin de réduire sa dépendance aux importations.
Ces matières premières sont fournies par des producteurs locaux, illustrant les possibilités de coopération économique entre l’industrie cimentière et les entreprises congolaises.
Selon elle, de nombreux autres besoins de l’usine peuvent également être couverts par les PME nationales.
Le futur Centre des PME aura précisément pour vocation de mutualiser ces opportunités, de rapprocher les prestataires locaux des besoins industriels de PPC Barnet et de favoriser le développement d’un écosystème économique autour de l’usine.
Le protocole signé avec le Projet TRANSFORME prévoit la création d’un espace combinant infrastructures, ateliers, formations et accompagnement des entreprises appelées à intervenir dans les différentes activités de la cimenterie. Cette initiative s’inscrit dans un programme soutenu par la Banque mondiale visant à renforcer la compétitivité des micro, petites et moyennes entreprises congolaises et leur intégration dans les chaînes de valeur industrielles.
À travers cette intervention, PPC Barnet a présenté une politique de gestion des compétences articulée autour de plusieurs axes : la formation des jeunes diplômés, le perfectionnement continu des salariés, l’apprentissage technique en milieu industriel, la certification des métiers, le transfert de compétences assuré par des experts internationaux lorsque cela s’avère nécessaire, ainsi que le développement de partenariats destinés à renforcer les capacités des PME locales.
Ces différentes initiatives ont été présentées au cours d’un débat consacré à la professionnalisation des métiers du BTP, dans un contexte où la qualité des ouvrages dépend de plus en plus de la qualification des ressources humaines mobilisées sur les projets de construction en République démocratique du Congo.
Aristote TALY

