À Kinshasa, acteurs publics, entreprises, experts et professionnels du BTP ont ouvert un dialogue stratégique sur la formation professionnelle, la validation de l’expérience et la qualité des ouvrages. Au cœur des échanges : la nécessité de structurer durablement les compétences pour accompagner les grands projets d’infrastructures et renforcer les normes de construction en République démocratique du Congo.
Kinshasa – Dans un pays engagé dans une dynamique de modernisation de ses infrastructures, la qualité des ouvrages ne dépend pas uniquement des matériaux ou des investissements. Elle repose d’abord sur les femmes et les hommes qui les conçoivent, les réalisent et les contrôlent.
C’est autour de cette conviction que le Club BTP & CMA a organisé un Déjeuner & Débat consacré au thème : « Formation professionnelle, validation de l’expérience et qualité des ouvrages », avec comme sous-thème : « Structurer les compétences du BTP au service des projets, des maîtres d’ouvrage et des entreprises du secteur ».
Cette rencontre a réuni des représentants des institutions publiques, des entreprises privées, des organismes de formation, des partenaires techniques ainsi que des professionnels du bâtiment et des travaux publics autour d’un objectif commun : réfléchir aux mécanismes permettant d’améliorer durablement les compétences des acteurs de la construction en République démocratique du Congo.

Selon le programme officiel, les travaux ont été ouverts par une cérémonie présidée notamment par le sénateur Jean Bamanisa Saïdi, président du Club BTP & CMA, avant une keynote institutionnelle du ministre de la Formation professionnelle et Métiers, Marc Ekila, consacrée à la politique nationale de formation professionnelle, à la structuration des compétences et à la validation de l’expérience dans les métiers du BTP. Deux panels ont ensuite porté sur la validation des acquis de l’expérience ainsi que sur la qualité des infrastructures et le respect des normes techniques.
Une plateforme de dialogue née d’Expo Béton
Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le sénateur Jean Bamanisa Saïdi a rappelé la vocation du Club BTP & CMA, présenté comme l’émanation de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat et le prolongement opérationnel d’Expo Béton.
Il a expliqué que cette structure constitue un espace permanent de réflexion sur les grands enjeux liés au développement urbain, à la construction, à la mobilité et, plus largement, aux infrastructures, considérées comme le socle du développement économique.
Dans cette logique, a-t-il indiqué, la Chambre des Métiers et de l’Artisanat travaille de manière coordonnée avec les institutions publiques, le secteur privé et l’ensemble des professionnels afin d’identifier les solutions les plus adaptées aux besoins du secteur, en particulier ceux des artisans et des ouvriers du bâtiment.
Le président du Club BTP & CMA a souligné que les besoins en qualification demeurent considérables, notamment dans les métiers du bâtiment et des travaux publics, où la montée en compétences représente un enjeu majeur pour accompagner les investissements actuels et futurs.
Cette vision s’inscrit dans la mission même du Club BTP & CMA, créé pour fédérer les acteurs du secteur, promouvoir la professionnalisation des métiers, développer la certification des compétences et favoriser le dialogue entre pouvoirs publics, entreprises et artisans autour des standards de qualité dans la construction.
Faire dialoguer les expériences pour construire des solutions
Jean Bamanisa a insisté sur l’importance des échanges entre les différents intervenants.
Selon lui, ces rencontres permettent aux professionnels de confronter leurs expériences, de partager les bonnes pratiques et d’identifier des pistes de solutions face aux défis auxquels le secteur est confronté.
Évoquant les contraintes de temps liées au déroulement du programme, il a volontairement écourté son intervention afin de laisser une place plus importante aux experts appelés à alimenter les discussions.
L’objectif, a-t-il expliqué, est de faire émerger des recommandations concrètes susceptibles d’alimenter les réformes engagées dans le secteur de la construction.
La qualification, préalable à la qualité des ouvrages
Au centre de son intervention, le sénateur a rappelé que la qualification des ressources humaines constitue aujourd’hui l’une des principales conditions de réussite des politiques d’infrastructures.
Pour lui, la République démocratique du Congo est engagée dans un vaste processus de construction qui exige une main-d’œuvre mieux formée, davantage certifiée et capable de répondre aux exigences techniques des projets modernes.
Il a également établi un lien direct entre la formation professionnelle et la qualité des infrastructures.
À cet égard, il a rappelé que le second panel du Déjeuner & Débat était consacré aux normes de construction, un chantier conduit au niveau du ministère des Infrastructures, tandis que la qualification du personnel relève des politiques de formation professionnelle.
Depuis plusieurs années, le ministère de la Formation professionnelle et le Club BTP & CMA travaillent justement au développement d’une main-d’œuvre qualifiée dans le secteur de la construction, avec pour ambition d’améliorer la certification des compétences et de répondre aux besoins croissants du marché congolais.
Accompagner les réformes par la loi
Au-delà du débat technique, Jean Bamanisa a également évoqué la dimension législative de cette transformation.
Il a indiqué accompagner les différentes réformes engagées dans le secteur par des initiatives parlementaires destinées à créer un cadre juridique favorable à l’application des normes.
Pour le sénateur, lorsqu’un pays parle de normes, il parle également d’organisation, de qualité et de responsabilité collective.
Sans développer davantage cet aspect, il a estimé que les travaux de cette journée pourraient enrichir les futures réformes grâce aux recommandations qui seront formulées par les participants.
Des recommandations attendues pour le secteur
Avant de déclarer officiellement ouverts les échanges, Jean Bamanisa a exprimé l’espoir que les contributions des experts, des entreprises, des représentants des administrations publiques et des professionnels permettront de faire émerger de nouvelles idées utiles au secteur.
Il a souhaité que les recommandations issues de cette rencontre puissent servir aussi bien aux pouvoirs publics qu’aux entreprises, aux maîtres d’ouvrage, aux organismes de formation et à l’ensemble des acteurs du BTP.
« Bienvenue et bonne discussion », a-t-il conclu, invitant les participants à privilégier un dialogue constructif au service de la professionnalisation des métiers et de l’amélioration durable de la qualité des ouvrages en République démocratique du Congo.
Un rendez-vous inscrit dans une dynamique de professionnalisation
À travers ce Déjeuner & Débat, le Club BTP & CMA poursuit une démarche engagée depuis plusieurs années : créer un espace permanent de concertation entre les institutions, les entreprises, les centres de formation et les professionnels afin d’accompagner la montée en compétences du secteur de la construction.
Cette orientation répond aux ambitions portées par Expo Béton et par les partenaires institutionnels visant à faire de la qualification des ressources humaines, de la certification des compétences et du respect des normes des leviers essentiels pour améliorer durablement la qualité des infrastructures et soutenir le développement urbain en République démocratique du Congo.
Aristote TALY

