Dans un entretien à la DW, le représentant résident de la Fondation Friedrich Ebert en République démocratique du Congo livre sa lecture des rapports de force politiques. Il juge le pouvoir stable à Kinshasa, souligne les résultats de l’action diplomatique congolaise et distingue les difficultés de la population d’une crise générale des institutions.
La stabilité du pouvoir à Kinshasa constitue l’un des points centraux de l’analyse de Constantin Grund. Interrogé par la journaliste Wendy Bashi dans un entretien à la DW, dont une version vidéo a été publiée le 16 octobre 2026, le représentant résident de la Fondation Friedrich Ebert en RDC estime que les tensions politiques ne placent pas, à ce stade, les institutions dans une situation de rupture. Son appréciation porte sur les équilibres du moment, tout en laissant ouverte la possibilité d’évolutions.
“Mais pour l’instant, je crois que le régime est stable”, déclare-t-il.
Cette réserve de temps accompagne son propos. Constantin Grund ne présente pas les rapports de force comme définitivement établis. Il observe une situation dans laquelle le pouvoir du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo conserve, à ses yeux, une assise politique, malgré les controverses et les discussions autour du dialogue national.
La diplomatie, un levier dans le rapport de force
L’entretien accorde également une place à l’action extérieure de la RDC. Constantin Grund considère que Kinshasa parvient à faire entendre sa position sur la scène internationale face au Rwanda.
“Je crois que la RDC joue bien cette carte diplomatique”, affirme-t-il.
Dans son analyse, la capacité des autorités congolaises à mobiliser leurs partenaires pèse sur la manière dont le conflit est perçu à l’étranger. Il estime que Kigali éprouve des difficultés à contrebalancer cette dynamique. Cette appréciation concerne le terrain diplomatique : elle ne constitue pas une mesure des résultats militaires ou de la sécurité quotidienne des habitants.
Le représentant de la Fondation Friedrich Ebert fait ainsi de la reconnaissance internationale de la position congolaise un élément du rapport de force. Son propos met en relation la situation intérieure et les soutiens dont bénéficie Kinshasa à l’extérieur.
Les partenariats européens à l’épreuve des tensions
Wendy Bashi interroge aussi son invité sur les conséquences possibles de la nouvelle initiative politique de Joseph Kabila pour les relations entre la RDC et l’Union européenne. La question porte notamment sur la coopération économique et les minerais stratégiques.
Constantin Grund ne relève pas de conséquences immédiates nécessairement liées à cette annonce. Il insiste sur la nécessité, pour les observateurs internationaux, de comprendre les acteurs et les ressorts de cette dynamique.
Sa réponse reste prudente. Elle ne préjuge ni des décisions futures des partenaires européens ni de l’évolution du contexte sécuritaire. Elle décrit leur besoin d’évaluer la situation avant d’en tirer des conclusions sur leurs engagements.
Les difficultés sociales occupent une place distincte
L’un des passages les plus sensibles de l’échange concerne l’usage du mot “crise”. Interrogé sur une possible nouvelle phase de crise en RDC, Constantin Grund répond en distinguant les difficultés vécues par les habitants et la solidité du pouvoir central.
Il reconnaît que l’inflation touche les populations les plus vulnérables. Il estime toutefois que le discours sur une crise politique permanente est principalement porté par l’opposition.
Cette distinction précise la portée de son analyse : son jugement sur la stabilité du pouvoir ne signifie pas une amélioration générale des conditions de vie. L’extrait ne fournit d’ailleurs aucun indicateur économique permettant de mesurer l’évolution des prix ou du pouvoir d’achat.
Le dialogue national dans un paysage encore ouvert
La question du dialogue national apparaît à la fin de l’entretien. Constantin Grund évoque les mouvements et les débats qu’elle suscite, sans y voir, au moment de son intervention, une remise en cause immédiate de la stabilité du pouvoir.
“L’avenir reste toujours ouvert”, précise-t-il.
Cette phrase donne une limite à son appréciation. La stabilité qu’il décrit correspond à un équilibre politique susceptible d’évoluer. Elle ne permet pas de prévoir l’issue des discussions ni les positions que prendront les différents acteurs.
L’entretien présente ainsi plusieurs dimensions du paysage congolais : la capacité du pouvoir à conserver ses appuis, l’action diplomatique, les préoccupations sociales et les perspectives de dialogue. Constantin Grund les examine séparément, tout en soulignant leur influence sur les rapports de force à Kinshasa.
RDC60 Politique – Rédaction
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