Jules-Karl Mbay Y’Angandua a obtenu son doctorat en sciences économiques avec la mention “Grande distinction”, mercredi 4 novembre 2026 à l’Université de Kisangani. Au centre de sa thèse : la capacité de la politique monétaire à soutenir durablement la croissance congolaise. Il propose de combiner les instruments conventionnels et non conventionnels dans une approche hybride.
Intitulée “Politique monétaire et croissance économique auto-entretenue en République démocratique du Congo”, cette recherche examine la capacité de la politique monétaire à agir sur l’économie au-delà du court terme. Elle débouche sur une recommandation adressée à la Banque centrale du Congo (BCC) : combiner différents instruments monétaires dans un cadre discipliné et adapté aux réalités économiques nationales.
Devant les membres du jury, les enseignants-chercheurs, les étudiants et les invités réunis pour la soutenance, Jules-Karl Mbay Y’Angandua a défendu l’idée que la monnaie peut contribuer à une dynamique durable de croissance. Ses travaux s’appuient notamment sur la pensée post-keynésienne pour examiner cette influence à long terme.
“Si l’on utilise la monnaie de manière disciplinée, en combinant les instruments conventionnels et non conventionnels, elle peut produire des effets sur le long terme et contribuer à une croissance continue.”
Jules-Karl Mbay Y’Angandua
Une recommandation à la Banque centrale du Congo
L’approche hybride constitue l’une des principales propositions de la thèse. Le chercheur invite l’autorité monétaire à approfondir la réflexion sur l’articulation entre les mécanismes conventionnels et les instruments non conventionnels.
Dans cette perspective, il a évoqué l’assouplissement monétaire et le refinancement, dont l’utilisation devrait être structurée et accompagnée d’indicateurs appropriés.
La discipline dans la conduite de cette politique occupe une place centrale dans son raisonnement. Le chercheur lie les effets durables de la monnaie à une utilisation adaptée des instruments disponibles et aux conditions dans lesquelles ils sont mobilisés.
Ses travaux portent ainsi sur la possibilité d’une croissance dite “auto-entretenue” : une dynamique économique capable de se prolonger dans le temps, soutenue continuellement par les politiques économiques et les facteurs de production, sans s’arrêter nécessairement à un état stationnaire.

Des outils d’analyse ancrés dans les réalités congolaises
La thèse interroge également les cadres intellectuels utilisés pour étudier les économies des pays en développement.
Jules-Karl Mbay Y’Angandua a expliqué avoir voulu dépasser certaines limites des approches qu’il rattache à une “épistémologie du Nord”. Il mobilise l’“épistémologie du Sud” et le réalisme critique pour construire une analyse attentive aux réalités économiques et sociales de ces pays.
Cette orientation vise à prendre en compte leurs contraintes structurelles et institutionnelles, particulièrement dans l’étude du lien entre politique monétaire et croissance.
Sur le plan méthodologique, le chercheur a élaboré un modèle intégrant les ruptures observées dans les séries étudiées et les particularités de l’évolution économique. Il a également recouru à des méthodes économétriques pour renforcer la robustesse de son analyse.
Au-delà du cas congolais, il appelle les chercheurs des pays en développement à approfondir des approches tenant compte de leurs propres contextes économiques et sociaux.
Une soutenance sanctionnée par la grande distinction
La thèse a été examinée par un jury présidé par le professeur ordinaire Otemikongo Mandefu, comprenant notamment les professeurs Lubanza Ngoma, Bofoya Komba, promoteur de la thèse, Lelo Di-Mboko et Kimuriani Mabella.
À l’issue de la soutenance, Jules-Karl Mbay Y’Angandua a obtenu le grade de docteur en sciences économiques avec la mention “Grande distinction”.
Des membres des communautés de la Grande Orientale et du Haut-Uélé avaient fait le déplacement pour l’accompagner. Ils ont célébré cette réussite comme une source de fierté et l’aboutissement de plusieurs années de travail.

Le nouveau docteur a, pour sa part, accordé davantage d’importance aux échanges scientifiques qu’à la mention obtenue. Il a retenu de cette soutenance la confrontation constructive des connaissances et la possibilité de défendre, de discuter et d’enrichir ses travaux au contact des membres du jury.
RDC60 Politique – Rédaction
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