Le député national Patrick Matata Makalamba a demandé, vendredi 30 octobre à l’Assemblée nationale, des crédits adaptés aux besoins de sécurité et aux dépenses sociales. Il a relevé que certaines allocations proposées pour toute l’année 2027 étaient inférieures aux dépenses du premier semestre 2026.
Comment financer une année entière avec moins de moyens que ceux déjà dépensés en six mois ? C’est la question soulevée par Patrick Matata Makalamba lors de l’examen du projet de loi de finances 2027.
Pour l’Intérieur, le député a cité 320 unités monétaires consommées au premier semestre 2026, contre 259 prévues pour l’année prochaine. À la Défense, il a comparé une dépense semestrielle de 987 unités à une allocation annuelle de 684. Il a également relevé un écart pour les Anciens combattants : 13 unités dépensées contre quatre proposées.
“ Ce n’est pas en ce moment que nous allons réduire les crédits alloués au ministère concerné ”
Patrick Matata Makalamba, député national
Il a également demandé une meilleure traçabilité des ressources engagées pour l’armée.

Des prévisions fondées sur les besoins réels
Patrick Matata a invoqué le principe de sincérité budgétaire pour demander des prévisions tenant compte des informations disponibles. Son objection porte sur le risque de sous-estimer les besoins dès le départ, puis de reprocher aux services concernés des dépassements de crédits.
Il a soulevé la même difficulté pour la rémunération, avec 306 unités monétaires consommées au premier semestre 2026 contre 420 prévues pour les douze mois de 2027.
Le député a aussi demandé de financer la mise à la retraite des agents publics, afin d’honorer ceux qui ont servi l’État et de permettre de nouveaux recrutements.

Préserver le social et élargir les recettes
Patrick Matata a salué le maintien de la gratuité de l’enseignement, le début du déploiement de la couverture santé universelle et le paiement régulier des agents publics malgré la guerre.
“ En dépit des vicissitudes de la guerre, on a gardé nos enfants à l’école ”
Patrick Matata Makalamba, député national

Pour mobiliser davantage de recettes, il a appelé à renforcer le recouvrement dans l’agriculture, la pêche, les bâtiments et les travaux publics. Il a dénoncé un « paradoxe minier » : la concentration des efforts sur les mines, au détriment des autres secteurs.
Le parlementaire s’est finalement prononcé pour la recevabilité du projet de budget, en demandant de préserver les moyens consacrés à la sécurité et aux besoins sociaux de la population.

La rédaction — RDC60 Politique
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