À l’Assemblée nationale, la députée de Wamba, dans le Haut-Uélé, a appelé à réorienter les dépenses publiques vers la sécurisation du territoire. Face à la Première ministre Judith Suminwa, elle a proposé de renforcer les moyens des forces de défense et de sécurité, d’investir dans une industrie nationale d’armement et de revoir les crédits des programmes jugés non prioritaires.
Geneviève Inagosi veut placer la défense du territoire au premier rang des priorités du budget 2027. Intervenant à l’Assemblée nationale dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances présenté le 29 octobre par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, la députée nationale a demandé que les choix budgétaires répondent davantage aux besoins de sécurité du pays.
L’élue de Wamba a appelé à la mise en place d’une véritable économie de guerre. Elle propose de concentrer davantage de ressources sur la défense et la sécurité, en réexaminant les dotations des programmes non prioritaires ou dont les crédits enregistrent de faibles taux d’exécution.
Pour la députée, la multiplication des objectifs gouvernementaux risque de disperser les moyens disponibles. Elle demande que la sécurisation du territoire constitue une priorité clairement traduite dans la répartition des dépenses.
Renforcer les capacités militaires et la production nationale
Geneviève Inagosi a proposé un relèvement des investissements consacrés aux forces de défense et de sécurité. Cette demande porte à la fois sur leurs capacités opérationnelles et sur la formation professionnelle de leurs membres.
Elle a également appelé à investir dans une industrie locale d’armement. L’objectif qu’elle défend est de réduire la dépendance aux approvisionnements extérieurs et de développer des capacités nationales de production au service de la défense.
Sa proposition repose notamment sur une réallocation des ressources existantes. Elle demande de réexaminer les crédits de certains programmes afin de dégager des moyens supplémentaires pour les besoins sécuritaires.
Les préoccupations du Haut-Uélé portées à la tribune
La députée a également évoqué les menaces qui touchent le Haut-Uélé, notamment son territoire électoral de Wamba, pour appuyer sa demande de renforcement des moyens de sécurité.
Elle a fait état d’enlèvements, d’incursions armées, de pillages de villages et de déplacements de populations. Elle a aussi alerté sur l’extension du rayon d’action des Forces démocratiques alliées, les ADF, ainsi que sur les agissements de bandes armées et de milices non identifiées.
À ces préoccupations s’ajoutent les urgences sanitaires auxquelles sont confrontées les populations. Geneviève Inagosi a demandé que ces réalités territoriales soient prises en compte dans les arbitrages budgétaires, au-delà des seuls équilibres financiers présentés au Parlement.

Des interrogations sur les recettes et les résultats attendus
Le projet de loi de finances 2027 présenté à l’Assemblée nationale s’élève à 56 930 milliards de francs congolais, en progression annoncée de 11,9 % par rapport au budget rectifié de 2026.
Geneviève Inagosi a interrogé les hypothèses de mobilisation des recettes qui soutiennent ces prévisions. Elle estime que leur progression doit reposer sur des assiettes fiscales consolidées et sur des ressources effectivement mobilisables dans le contexte économique et sécuritaire du pays.
La députée a également demandé un lien plus précis entre les crédits accordés aux programmes publics et les résultats attendus pour la population. Elle souhaite que leur évaluation porte davantage sur les effets concrets des dépenses engagées et sur les améliorations apportées aux conditions de vie.
La coordination gouvernementale interrogée
L’intervention de Geneviève Inagosi a aussi porté sur la préparation du budget et la coordination entre les membres de l’Exécutif.
S’adressant à Judith Suminwa, elle s’est interrogée sur les demandes de relèvement de crédits formulées par certains ministres pendant les travaux parlementaires, alors que le projet de loi de finances a déjà fait l’objet d’arbitrages gouvernementaux.
« Nous avons parfois l’impression qu’au sein du Gouvernement, il existe plusieurs gouvernements », a déclaré Geneviève Inagosi.
La députée demande que les besoins des ministères soient harmonisés avant la transmission du texte à l’Assemblée nationale. Elle considère que les divergences entre les priorités sectorielles et les moyens retenus doivent d’abord être examinées au sein de l’équipe gouvernementale.
Son interpellation concerne ainsi la cohérence des choix soumis au Parlement et la responsabilité de l’Exécutif dans la définition de ses priorités financières.
Un accueil favorable, avec des modifications en commission
Malgré ses réserves, Geneviève Inagosi n’a pas demandé le rejet du projet de loi de finances. Au nom de son groupe parlementaire, elle a invité les députés à lui réserver un accueil favorable, tout en proposant de l’améliorer au cours de son examen en commission.
Les modifications qu’elle défend concernent notamment la répartition des crédits, la solidité des prévisions de recettes et l’évaluation des programmes publics. Elle demande que ces travaux permettent de renforcer la place de la défense du territoire et de la protection des populations dans le budget 2027.
La rédaction — RDC60 Politique
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