DAKAR, SÉNÉGAL — En marge de la 89ᵉ session de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, la délégation de la société civile congolaise a rencontré la commissaire Marie Louise Abomo, rapporteure pays en charge notamment de la RDC. Trois préoccupations ont été présentées : la justice transitionnelle, la situation des droits humains dans les zones occupées et le rétrécissement de l’espace civique.
« Nous avons eu une intéressante réunion avec la commissaire Marie Louise Abomo, rapporteure pays en charge notamment de la RDC. »
Délégation de la société civile congolaise

Justice transitionnelle : soutenir les mécanismes de justice
Le premier point abordé a porté sur les efforts de justice transitionnelle en RDC. La délégation a souligné l’importance d’appuyer les mécanismes de justice internationalisés afin de lutter contre l’impunité, qu’elle estime alimenter la spirale des violences en RDC et dans la sous-région depuis trois décennies.
Zones occupées : les préoccupations liées aux droits humains
La délégation a ensuite évoqué la situation des droits humains dans les zones occupées par les rebelles de l’AFC-M23, que les représentants de la société civile décrivent comme appuyés par le Rwanda.
À l’appui de leurs préoccupations, ils ont partagé un rapport d’Amnesty International faisant état d’atteintes aux droits des mineurs et de trafics d’or et de coltan vers le Rwanda. Selon les éléments du rapport présentés lors de la rencontre, des exécutions sommaires de 18 mineurs à Rubaya et à Lomera y sont mentionnées.
Libertés publiques : l’espace civique au centre de l’alerte
Le troisième point a concerné le rétrécissement de l’espace civique. La délégation a attiré l’attention de la commissaire sur ce qu’elle décrit comme une politique de « deux poids, deux mesures » dans l’exercice des libertés de manifestation et d’expression.
Selon les représentants de la société civile, les manifestations de la majorité au pouvoir sont encadrées, tandis que celles de l’opposition et des organisations opposées à un changement de la Constitution sont systématiquement réprimées. La répression des manifestations du 15 septembre 2026 a été évoquée pour illustrer cette préoccupation.
La délégation a également soulevé les arrestations et détentions d’acteurs sociaux et politiques en raison de leurs opinions. Les cas de Clovis Mutsuva et de Natanael Onokomba ont été abordés à ce titre.
Au terme de la rencontre, la délégation de la société civile congolaise a porté auprès de la rapporteure pays ces trois dossiers relatifs à la situation des droits humains en RDC.
Aristote TALY
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