À quelques jours de la 12ᵉ édition d’ExpoBeton, prévue du 7 au 10 octobre 2026 à Kinshasa, le président du Comité ExpoBeton, Jean Bamanisa, a présenté vendredi 2 octobre les principales orientations de ce rendez-vous. Devant la presse, il a surtout défendu une idée : la transformation de la capitale ne peut plus être pensée uniquement en termes de constructions, mais comme un ensemble associant planification, infrastructures, mobilité, habitat, foncier, financement et compétences.
Kinshasa, 2 octobre 2026. Dans la salle aménagée pour cette rencontre avec les médias, le décor annonçait déjà l’événement : « Conférence de presse », pouvait-on lire en grandes lettres, aux côtés des identités visuelles d’ExpoBeton 12.

Face aux journalistes, Jean Bamanisa ne s’est pas contenté de présenter un programme. Pendant son intervention, le président du Comité ExpoBeton a expliqué la philosophie que les organisateurs veulent donner à cette douzième édition : regarder Kinshasa telle qu’elle est aujourd’hui, mais surtout réfléchir à la manière dont elle doit grandir.
Le thème choisi donne le ton : « Kinshasa, locomotive de la transformation des villes de la RDC ».
Pour Bamanisa, cette « locomotive » doit cependant avancer avec méthode. La croissance de la capitale, l’augmentation de sa population et la multiplication des projets d’infrastructures créent des besoins considérables. Routes, logements, eau, électricité, mobilité, drainage et équipements urbains doivent évoluer ensemble.
Et c’est précisément sur ce point qu’il a insisté devant la presse : construire ne suffit pas si la ville n’est pas préalablement planifiée.
La nouvelle Kinshasa au centre des préoccupations
L’un des moments importants de son intervention a concerné les projets de développement de nouvelles zones urbaines autour de la capitale.
Jean Bamanisa veut que l’expérience de l’actuelle Kinshasa serve de leçon.
Il a invité à regarder l’évolution de la ville, ses anciennes zones résidentielles, ses espaces commerciaux et les transformations intervenues au fil des décennies. L’enjeu, selon lui, est d’éviter que les futures extensions urbaines connaissent les mêmes difficultés en matière d’occupation du sol, de mobilité, de drainage ou d’organisation des constructions.
Son message à la presse était donc moins celui d’une opposition aux nouveaux projets que celui d’une exigence d’anticipation.
La ville doit être pensée avant d’être occupée.
« Si elle va sur de bons rails, elle réussit. Si elle va sur de mauvais rails, elle échoue », a-t-il résumé en utilisant l’image de Kinshasa comme locomotive.
ExpoBeton veut ouvrir le débat au-delà du béton
La conférence a également permis à Jean Bamanisa de préciser que l’édition 2026 ne sera pas limitée aux seules questions de construction.
Pendant les quatre jours de rencontres, les discussions doivent toucher à la gouvernance urbaine, au foncier, à l’aménagement du territoire, aux infrastructures, aux mécanismes de financement, aux corridors économiques, aux zones économiques spéciales ainsi qu’à l’assainissement.
Le financement occupera notamment une place dans les échanges. Car derrière chaque ambition urbaine se pose une question concrète : avec quels moyens financer les infrastructures nécessaires à une métropole en pleine expansion ?
Jean Bamanisa a annoncé des discussions autour des instruments financiers susceptibles d’accompagner les infrastructures et l’immobilier, avec différents acteurs du secteur.
Mais la réflexion portera également sur ceux qui construisent physiquement la ville.
Architectes, ingénieurs, géomètres, entrepreneurs, ouvriers, administrations et citoyens ont été évoqués au cours de son intervention. Pour le président du Comité ExpoBeton, chacun intervient à un niveau différent dans la qualité de l’environnement bâti.
La formation professionnelle constituera ainsi l’un des volets de cette édition, dans le prolongement du travail engagé sur les référentiels métiers et compétences.
Du constat à la proposition
À travers cette conférence de presse, Jean Bamanisa a surtout voulu préparer le terrain intellectuel des discussions qui s’ouvriront le 7 octobre.
ExpoBeton entend mettre autour de la même table responsables publics, professionnels, investisseurs, experts et acteurs des métiers afin de confronter projets, contraintes et solutions.
Car derrière les grues, les routes et les nouveaux quartiers se joue une question plus profonde : comment empêcher la croissance de Kinshasa de devancer sa planification ?
Vendredi, devant la presse, Jean Bamanisa a posé cette question avant même l’ouverture des travaux.
Du 7 au 10 octobre 2026, ExpoBeton devra désormais tenter d’y apporter des réponses.
Aristote TALY

