Le 30 septembre 2026, à l’Université de Lubumbashi, le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo recevra solennellement les insignes de Grand Chancelier des Universités, Centres de recherche et Instituts supérieurs de la RDC. Mais que représente exactement cette dignité dans l’espace universitaire congolais ?
LUBUMBASHI — Derrière les insignes, le protocole et la solennité d’une cérémonie académique se trouve une fonction dont la portée reste encore peu connue du grand public : celle de Grand Chancelier.
Dans le cadre institutionnel congolais présenté par le ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, Recherche scientifique et Innovations (ESURSI), cette dignité établit un lien institutionnel entre le Chef de l’État et la communauté universitaire et scientifique nationale.
Elle symbolise notamment la place accordée au savoir, à l’excellence académique, à la recherche scientifique, à l’innovation et à la dignité universitaire dans la construction et le développement de la Nation.
Il ne s’agit donc pas simplement d’un titre associé au cérémonial universitaire.
La fonction renvoie, dans sa dimension institutionnelle et symbolique, à une conception dans laquelle l’Université, la science et la recherche occupent une place stratégique dans le développement du pays.
Pourquoi des insignes le 30 septembre ?
La cérémonie prévue à Lubumbashi doit précisément donner une expression solennelle à cette dignité.
Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, y recevra les insignes de Grand Chancelier des Universités, Centres de recherche et Instituts supérieurs de la République démocratique du Congo.
Une distinction importante doit toutefois être faite : la cérémonie du 30 septembre ne crée pas la fonction de Grand Chancelier. Le Chef de l’État est déjà désigné sous cette qualité dans des documents institutionnels congolais antérieurs.
Le rendez-vous de Lubumbashi concerne donc la remise solennelle des insignes correspondant à cette haute dignité académique.
Un colloque pour aller au-delà du cérémonial
Avant la cérémonie, la communauté scientifique sera appelée à réfléchir sur la fonction elle-même.
Le colloque organisé autour du thème « Le Grand Chancelier et l’Université congolaise : leadership, souveraineté scientifique, cohésion nationale et rayonnement international » doit notamment examiner sa genèse, ses fondements juridiques, ses prérogatives et sa portée institutionnelle.
Une communication particulière sera consacrée aux insignes, à leurs attributs et à leur symbolique.
Les échanges doivent également aborder plusieurs défis majeurs de l’Université congolaise : le système Licence-Master-Doctorat (LMD), l’assurance qualité, la gouvernance universitaire, les infrastructures, la recherche scientifique, l’innovation, la coopération académique et le rayonnement international.
La souveraineté scientifique figurera également au centre des réflexions : comment permettre à la RDC de former davantage de compétences, produire ses propres connaissances, renforcer ses capacités de recherche et valoriser ses innovations ?
Une conférence spéciale portera par ailleurs sur le GENOCOST, la mémoire nationale et la justice, avec un accent sur la contribution de l’Université à l’établissement des faits, à leur transmission et à la non-répétition.
Lubumbashi, au croisement de l’histoire et de l’avenir
La cérémonie intervient dans un contexte particulier : l’Université de Lubumbashi célèbre son jubilé de platine, marquant 70 années d’existence.
Autorités publiques, responsables universitaires, enseignants, chercheurs, étudiants, centres de recherche et partenaires académiques sont appelés à prendre part à cette séquence.
Le programme du 30 septembre prévoit notamment l’éloge académique, la présentation de la signification et de la symbolique des insignes, leur port solennel, les honneurs militaires, l’adresse du Grand Chancelier, la signature du Livre d’or, la remise de présents, la photographie officielle et la sortie en procession.
Au-delà de ces symboles, le rendez-vous de Lubumbashi mettra surtout en lumière une question essentielle pour l’enseignement supérieur congolais : la place que la Nation entend accorder à l’Université, à la recherche scientifique et à l’innovation dans son développement.
C’est dans cette articulation entre État, savoir et communauté scientifique que prend sens la dignité de Grand Chancelier et que s’inscrit la cérémonie annoncée pour le 30 septembre 2026 à Lubumbashi.
Aristote TALY

