L’ONG condamne les violences signalées lors des manifestations de la C64, réclame le respect des libertés publiques et soutient un dialogue national inclusif, à condition qu’il ne compromette pas le calendrier électoral.
KINSHASA — Six jours après les manifestations du 15 septembre, l’AJDDH hausse le ton. Dans un communiqué publié le 21 septembre, l’organisation de défense des droits humains dénonce ce qu’elle qualifie de « répression disproportionnée », ainsi que des agressions contre des manifestants dans plusieurs villes du pays.



L’organisation cite notamment Kinshasa, Lubumbashi, Kisangani, Kolwezi, Likasi et Kalemie. À Kinshasa, elle rapporte des affrontements impliquant des jeunes se réclamant de la « Force du Progrès » et des manifestants de la C64. Elle mentionne également la mort de Manassé Lomboto, signalée par Prince Epenge, président d’ADD Congo, ainsi que plusieurs blessés selon les organisateurs.
À Kisangani et Kolwezi, l’AJDDH dénonce des interpellations d’activistes et d’organisateurs, le déploiement de dispositifs policiers, le verrouillage d’axes routiers et des restrictions d’accès aux lieux de rassemblement.
Dialogue oui, mais pas au détriment des élections
Au-delà des violences, l’AJDDH place le dialogue national au centre de son message. L’organisation s’y dit favorable, mais estime qu’un processus crédible nécessite un climat respectueux des libertés publiques.
Elle demande que les discussions portent prioritairement sur la paix et la souveraineté nationale, la protection des civils, les crises humanitaire, sanitaire et économique, la lutte contre l’impunité, les élections et la cohésion nationale. Elle rejette également l’idée que le dialogue puisse devenir un mécanisme de partage du pouvoir.
2028, la ligne rouge
L’AJDDH formule quatre demandes : des enquêtes judiciaires indépendantes, la libération des personnes qu’elle considère arbitrairement arrêtées, le démantèlement des groupes politiques violents; qu’ils soient liés au pouvoir ou à l’opposition; et la préservation du processus électoral de 2028.
Pour l’organisation, le dialogue ne doit entraîner ni glissement du calendrier constitutionnel ni report des élections. Les préparatifs du scrutin doivent, selon elle, se poursuivre parallèlement aux discussions politiques.
Le communiqué s’achève par un appel à la retenue adressé aux institutions, aux responsables politiques et à la société civile : bannir la violence et privilégier la paix, la démocratie et l’État de droit.
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