REPORTAGE — Du 21 au 26 septembre 2026, Kisangani accueille la 16ᵉ édition du Festival Ngoma. Malgré la menace d’Ebola et un contexte sécuritaire qui prive l’événement de plusieurs compagnies de l’Est, le Groupe TACCEMS maintient ce rendez-vous des arts de scène avec une ambition affirmée : rapprocher davantage la création artistique des populations.
À Kisangani, les projecteurs se rallument
Cette fois, le spectacle ne veut pas s’arrêter aux portes d’une salle.
À Kisangani, le Festival Ngoma ouvre sa 16ᵉ édition avec une orientation qui résume à elle seule l’esprit de cette année : « L’art au cœur des communautés ».

Initialement prévu en août, le festival a été reporté d’un mois en raison de la menace liée à la maladie à virus Ebola. Il se tiendra finalement du 21 au 26 septembre 2026, dans un environnement également marqué par les difficultés sécuritaires dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Malgré ces contraintes, les organisateurs ont choisi de maintenir le rendez-vous.
Et l’intérêt suscité dépasse largement Kisangani.
74 candidatures pour 13 places
Lors d’un point de presse organisé dimanche 20 septembre à l’Espace Culturel Ngoma, le coordonnateur du Groupe TACCEMS, Magloire Bolunda, a dévoilé les chiffres de cette édition : 74 dossiers de candidature reçus, dont plus de la moitié provenant de l’extérieur de la RDC.
Au terme du processus de sélection, 13 candidatures ont été retenues.
La programmation annoncée réunit notamment des artistes de Kisangani, Kinshasa, Matadi et de la République du Congo.
Au programme : échanges, danse, théâtre, slam et humour, avec des activités annoncées à partir de 18 heures.
Au-delà des spectacles, Ngoma entend surtout demeurer un lieu de circulation des idées, de rencontre entre artistes et de dialogue avec le public.
L’Est, grand absent de cette édition
La fête culturelle porte cependant les traces du contexte que traverse le pays.
Les compagnies de Beni, Goma, Bukavu et Bunia, ainsi que celles d’autres villes de l’Est, n’ont pas pu rejoindre Kisangani. Les organisateurs évoquent deux contraintes majeures : l’insécurité liée à la guerre et la menace d’Ebola.
Pour Goma et Bukavu, il s’agit déjà d’une deuxième absence consécutive au Festival Ngoma.
Une réalité qui donne une résonance particulière au thème retenu cette année.
Faire sortir l’art de ses murs
« L’art au cœur des communautés » n’est pas présenté comme un simple slogan.
Le Groupe TACCEMS veut déplacer une partie de l’expérience culturelle vers les communes et les périphéries de Kisangani, afin que le festival aille lui-même à la rencontre des habitants.
L’orientation prend également en compte la période de réhabilitation de l’espace culturel. L’objectif annoncé est clair : utiliser l’art comme un moyen d’éducation, d’information et de rapprochement entre les communautés.
Le festival change ainsi d’échelle : la scène demeure importante, mais la communauté devient elle aussi un espace de création et de rencontre.
Ebola : la culture sous vigilance sanitaire
Le contexte sanitaire impose parallèlement des précautions.
Les organisateurs affirment avoir adopté des dispositions conformes aux recommandations de la mairie de Kisangani. Des dispositifs de lavage des mains avec de l’eau chlorée doivent notamment être installés.
Le maintien du festival se fait donc avec une double exigence : préserver le rendez-vous culturel tout en intégrant les mesures de prévention annoncées.
Ngoma, seize éditions et une ouverture au-delà des frontières
Au fil des années, le Festival Ngoma s’est aussi construit comme un carrefour entre artistes, professionnels de la culture et public.
Des compagnies venues notamment d’Italie, de France et de Belgique ont déjà participé à certaines éditions. Les organisateurs considèrent que la réputation progressivement acquise par l’événement, mais aussi l’accueil et la fréquentation du public de Kisangani, contribuent à l’intérêt manifesté par les artistes.
Les 74 candidatures enregistrées en 2026 illustrent cette capacité d’attraction, même dans une édition confrontée à des contraintes inhabituelles.
Du 21 au 26 septembre, Kisangani au rythme des arts de scène
Pendant six jours, l’Espace Culturel Ngoma sera donc l’un des points de convergence de la vie culturelle boyomaise.
Mais pour cette 16ᵉ édition, le véritable terrain du festival devrait également se trouver au-delà de ses murs : dans les communes, les périphéries et au contact direct des habitants.
Danse. Théâtre. Slam. Humour. Échanges.
Malgré le report, malgré Ebola et malgré l’absence de plusieurs compagnies de l’Est, le Festival Ngoma 16 maintient son rendez-vous avec Kisangani.
Avec une ligne directrice qui concentre toute l’ambition de cette édition : placer l’art, non seulement devant le public, mais au cœur des communautés.

