Le sénateur appelle à une simplification du système fiscal et à des réformes structurelles afin de renforcer l’attractivité économique de la RDC.
À l’occasion de la DRC Mining Week 2026 à Lubumbashi, le sénateur Jean Bamanisa Saïdi a estimé que l’intérêt croissant des investisseurs internationaux pour la République démocratique du Congo représente une opportunité importante, mais que celle-ci ne pourra être pleinement exploitée qu’à travers des réformes destinées à améliorer durablement le climat des affaires.
Revenant sur le premier panel de la rencontre, il a indiqué que les États-Unis, qui ne prévoyaient pas il y a deux ans de s’implanter en RDC, sont désormais présents et accompagnent un mécanisme de suivi des réformes.
« Il y a beaucoup de réformes que les États-Unis vont nous exiger. Aujourd’hui, c’est de notre responsabilité d’y répondre positivement, mais aussi d’inclure le secteur privé dans les groupes de travail, car c’est lui qui vit au quotidien les disparités fiscales », a-t-il déclaré.
Jean Bamanisa a particulièrement insisté sur la nécessité de simplifier un système fiscal qu’il juge complexe. Il a rappelé que la RDC est un pays décentralisé où les provinces, les villes, les communes, les chefferies et le gouvernement central appliquent chacun leurs propres taxes.
Selon lui, l’accumulation de ces prélèvements augmente considérablement le coût des activités économiques et réduit la compétitivité des entreprises.
Le sénateur a également mis en avant les zones économiques spéciales comme un levier pour attirer davantage d’investissements, tout en plaidant pour leur extension vers des territoires et provinces touchés par les conflits et les déplacements de populations, afin d’assurer un développement plus équilibré.
Évoquant le secteur minier et les grandes entreprises internationales, il a souligné que celles-ci respectent les obligations légales, mais que le cumul des taxes alourdit les coûts de production.
Prenant l’exemple de la cimenterie PPC, dont l’un des actionnaires est la Banque mondiale, il a affirmé : « Nous devons respecter la loi, mais lorsque vous cumulez toutes ces taxes, vous arrivez à ce que le sac de ciment coûte beaucoup trop cher. »
En conclusion, Jean Bamanisa a réaffirmé que la RDC dispose d’un potentiel considérable, mais que celui-ci ne pourra être pleinement valorisé qu’à travers des réformes structurelles, une fiscalité plus lisible et une meilleure gouvernance économique.
Aristote TALY

