À Lubumbashi, la signature de deux protocoles d’accord entre Enabel RDC, le Club BTP et Rawbank marque une nouvelle étape dans la volonté de rapprocher la formation professionnelle, les besoins du marché et l’insertion économique des jeunes Congolais.
Dans les couloirs animés de la DRC Mining Week 2026, où se croisent investisseurs, industriels, décideurs publics et partenaires techniques venus du monde entier, une autre conversation s’est imposée au cœur des débats : celle de l’emploi, des compétences et de l’avenir de la jeunesse congolaise.
Ce jeudi 18 juin, à Lubumbashi, l’initiative TEI OP-VET et Enabel RDC ont réuni les principaux acteurs publics et privés autour d’un dialogue stratégique consacré à une question devenue centrale pour l’avenir économique de la République démocratique du Congo : comment transformer les investissements massifs attendus dans le Corridor de Lobito en opportunités concrètes pour les populations locales ?


Au fil des échanges, un constat s’est dégagé avec force : les investissements dans les infrastructures, l’industrie minière et les chaînes de valeur régionales ne produiront un impact durable que si les compétences locales évoluent au même rythme que les besoins du marché.
Dans cette perspective, la journée a été marquée par un moment majeur : la signature de deux protocoles d’accord destinés à renforcer l’employabilité, l’entrepreneuriat et l’inclusion économique en RDC.
Le premier accord a été conclu entre Enabel RDC, représentée par son directeur pays Danny Denolf, et le Club BTP, conduit par son président, le sénateur Jean Bamanisa Saïdi. Le second a été signé entre Enabel RDC et Rawbank, représentée par son directeur général adjoint Christian Kamanzi.



Ces partenariats visent à développer des mécanismes concrets d’accompagnement des petites et moyennes entreprises, à renforcer la formation professionnelle, à soutenir la certification des compétences et à favoriser l’insertion des jeunes, des femmes et des groupes vulnérables dans les secteurs économiques porteurs.
Faire du Corridor de Lobito un moteur d’emplois
Au-delà de sa dimension logistique, le Corridor de Lobito est aujourd’hui considéré comme l’un des projets structurants les plus ambitieux d’Afrique centrale. Reliant l’Angola, la République démocratique du Congo et la Zambie à travers un réseau ferroviaire et des infrastructures de transport modernisées, il est appelé à jouer un rôle déterminant dans l’exportation des minerais stratégiques et le développement industriel de la région.
Mais pour de nombreux experts réunis à Lubumbashi, la réussite du projet ne pourra être mesurée uniquement à l’aune des volumes exportés ou des investissements mobilisés.
L’enjeu est également humain.
Comment permettre aux jeunes Congolais d’occuper les emplois qui seront créés ? Comment préparer les entreprises locales à intégrer les nouvelles chaînes de valeur ? Comment faire en sorte que les retombées économiques bénéficient aux communautés plutôt qu’aux seuls grands opérateurs ?
C’est précisément autour de ces interrogations que se sont articulés les travaux du cadre de dialogue organisé par TEI OP-VET et Enabel RDC.
Les participants ont souligné la nécessité d’un meilleur alignement entre les besoins des entreprises, les programmes de formation et les politiques d’emploi afin de répondre aux exigences d’un marché du travail en pleine mutation.
Un fonds d’appui pour les microentreprises
L’accord conclu entre Enabel RDC et Rawbank prévoit notamment la mise en place d’un fonds d’appui destiné aux microentreprises.
L’objectif est de faciliter l’accès à des mécanismes de soutien pour les entrepreneurs locaux, souvent confrontés à des difficultés de financement malgré leur potentiel de croissance.
Dans un contexte où les PME représentent un levier essentiel de création d’emplois, cette initiative ambitionne de renforcer leur capacité à participer aux opportunités économiques générées par les investissements liés au Corridor de Lobito.
Les partenaires estiment que le développement d’un tissu entrepreneurial solide constitue l’une des conditions indispensables à une croissance plus inclusive et à une meilleure redistribution des retombées économiques.
Former pour répondre aux besoins du marché
L’accord signé avec le Club BTP s’inscrit quant à lui dans une logique de rapprochement entre les centres de formation, les entreprises et les besoins réels du marché du travail.
Pour Jean Bamanisa Saïdi, cette dynamique doit permettre de préparer davantage de jeunes Congolais aux métiers recherchés dans les secteurs du bâtiment, des infrastructures, de l’industrie et des services liés aux grands projets de développement.
L’approche défendue par les partenaires repose sur un principe simple : investir dans les compétences aujourd’hui pour répondre aux besoins économiques de demain.
Dans une économie en pleine transformation, la qualification professionnelle apparaît de plus en plus comme un facteur déterminant d’accès à l’emploi et de compétitivité.
Une jeunesse appelée à saisir les opportunités
Présent à Lubumbashi à l’occasion de la DRC Mining Week 2026, Jean Bamanisa Saïdi a encouragé la jeunesse congolaise à croire en son potentiel et à se préparer aux opportunités émergentes qui accompagneront les grands investissements en cours dans le pays.
Son message a trouvé un écho particulier dans un contexte où la RDC cherche à valoriser davantage ses ressources naturelles à travers le développement des chaînes de valeur locales plutôt que l’exportation brute des matières premières.
Cette orientation figure d’ailleurs parmi les priorités régulièrement mises en avant lors de la DRC Mining Week, devenue au fil des années l’une des principales plateformes de dialogue entre gouvernements, investisseurs et acteurs économiques du secteur minier africain.
Une nouvelle étape vers une croissance plus inclusive
La signature simultanée des accords entre Enabel RDC, le Club BTP et Rawbank illustre une conviction désormais largement partagée : les infrastructures et les investissements ne suffisent pas à eux seuls à transformer une économie.
La création d’emplois durables, le renforcement des compétences locales et l’accompagnement des entreprises nationales constituent des leviers tout aussi essentiels.
À Lubumbashi, au cœur de la DRC Mining Week 2026, les partenaires ont ainsi posé les bases d’une coopération qui ambitionne de rapprocher davantage la formation professionnelle, l’entrepreneuriat et les besoins du marché.
Une démarche qui pourrait permettre au Corridor de Lobito de devenir non seulement un axe stratégique de transport et d’investissement, mais aussi un véritable catalyseur d’opportunités pour des milliers de jeunes Congolais.
Aristote TALY

