Sur la Route Nationale n°7 (RN7), censée désenclaver le territoire d’Opala et faciliter les échanges économiques, la réalité du terrain continue de susciter de vives inquiétudes. Près de deux ans après le lancement du projet de réhabilitation, les avancées restent limitées, en dépit de millions de dollars publics déjà engagés.
Le projet, long de 309 kilomètres et financé par le gouvernement central à hauteur de plus de 12 millions de dollars, avait pourtant nourri de grands espoirs au sein des populations locales. Un premier décaissement de 30 %, soit environ 3,6 millions de dollars, avait été effectué dès septembre 2024 pour amorcer les travaux.

Mais plus d’un an après, le constat est sans appel : seulement 30 kilomètres de route ont été réhabilités, selon les chiffres communiqués en novembre 2025. Un rythme jugé très insuffisant, qui alimente incompréhension et frustration.
« Nous continuons à souffrir comme avant. Cette route est vitale pour nous, mais rien ne change réellement », déplore un habitant.
« On parle de millions, mais sur le terrain, on ne voit presque rien. C’est décourageant », ajoute un transporteur.

À cette lenteur s’ajoutent des critiques sur la qualité des travaux réalisés sur certaines portions, renforçant le sentiment d’abandon au sein des communautés.
Face à cette situation, une initiative notable a émergé du terrain. L’organisation ODEV Asbl, coordonnée par l’Honorable Elysée Ichwama Litoka, élue du territoire d’Opala, a décidé d’intervenir directement en mobilisant ses propres engins pour réhabiliter certains tronçons critiques.


Dans un contexte où le projet principal peine à produire des résultats visibles, cette action est largement saluée par la population.
« Elle a compris notre souffrance. Elle ne fait pas que parler, elle agit », témoigne un habitant.
« Si aujourd’hui certaines parties sont praticables, c’est grâce à cette initiative. Nous lui en sommes reconnaissants », affirme un autre usager.
Pour plusieurs observateurs, cette démarche traduit un leadership engagé et proche des réalités du terrain, contrastant avec la lenteur du projet officiellement financé.
Mais au-delà des initiatives individuelles, les enjeux restent considérables. La RN7 est un axe stratégique pour la circulation des personnes et des biens, notamment dans un territoire comme Opala, à forte vocation agricole. Autrefois considéré comme un grenier de la province de la Tshopo, ce territoire dépend fortement de cette route pour écouler ses produits.
« Nos récoltes restent bloquées. Sans route, il n’y a pas de marché », déplore un agriculteur.
Face à la situation, l’Assemblée provinciale a annoncé la mise en place d’une commission d’enquête afin de faire la lumière sur l’exécution du projet, l’utilisation des fonds engagés et les responsabilités éventuelles dans le retard et les insuffisances constatées.
Une décision saluée par la population, qui y voit un premier pas vers plus de transparence et de redevabilité.
« On ne peut pas accepter que autant d’argent soit engagé sans résultats. Il faut établir les responsabilités », insiste un citoyen.
Aujourd’hui, la RN7 reste à la fois un symbole d’espoir et de frustration. Et dans ce contexte, les initiatives locales comme celle portée par l’Honorable Elysée Ichwama Litoka apparaissent comme des réponses concrètes à une urgence que les populations vivent au quotidien, en attendant des solutions durables et une gestion plus efficace des projets publics.
JKS
En savoir plus sur RDC60 Politique
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

