Face à l’augmentation du coût de cette denrée de base, le député national plaide pour une mobilisation des jeunes autour de la riziculture industrielle et du potentiel agricole de la province.
KISANGANI — Transformer une contrainte économique en levier de développement. C’est le message porté par le député national PhD Patrick Matata Makalamba à l’endroit de la jeunesse de la Tshopo, dans un contexte marqué par la hausse du prix du riz sur les marchés locaux.
Alors que l’augmentation du coût de cette denrée essentielle suscite de nombreuses réactions au sein de la population, l’élu de Kisangani estime que cette situation devrait être perçue comme une occasion d’investissement et de création de richesses plutôt que comme un motif de résignation.
Selon lui, les réalités économiques actuelles peuvent ouvrir la voie à de nouvelles initiatives entrepreneuriales, notamment dans le secteur agricole, considéré comme l’un des principaux moteurs potentiels de croissance de la province.
« Oui, le riz coûte plus cher. Que feraient Elon Musk et Aliko Dangote s’ils étaient des jeunes de la Tshopo ? Ils y trouveraient une opportunité de s’investir dans la riziculture industrielle à haut rendement », a-t-il déclaré, appelant les jeunes à développer davantage l’esprit d’entreprise face aux défis économiques.
Miser sur le potentiel agricole de la Tshopo
Pour Patrick Matata Makalamba, la hausse des prix constitue avant tout un signal économique susceptible d’encourager l’augmentation de la production locale.
L’élu met en avant les importantes potentialités agricoles de la province, particulièrement dans l’hinterland de Kisangani ainsi que le long du fleuve Congo entre Kisangani et Yanonge. Ces espaces, estime-t-il, disposent d’atouts favorables au développement de vastes projets de production rizicole capables de répondre à une demande croissante du marché.
Dans cette perspective, il invite les jeunes à s’orienter vers des activités productives susceptibles de renforcer l’offre locale et de contribuer à la création d’emplois.
Selon lui, l’agriculture demeure l’un des secteurs présentant les meilleures perspectives de développement pour la Tshopo, une province reconnue pour l’étendue de ses terres arables et l’abondance de ses ressources naturelles.
Un plaidoyer pour l’initiative entrepreneuriale
Au-delà de la seule question du riz, Patrick Matata Makalamba appelle à un changement de regard sur les défis économiques.
Le député national encourage la population à abandonner ce qu’il qualifie de « culture de la plainte » afin de privilégier une dynamique fondée sur l’initiative individuelle, l’innovation et l’entrepreneuriat.
Dans son intervention, il soutient que les difficultés économiques peuvent également révéler des opportunités de production et d’investissement lorsqu’elles sont analysées sous l’angle de la création de valeur.
« La hausse des prix doit être perçue comme une opportunité de production et non comme une fatalité », résume-t-il.
Une critique des perceptions économiques jugées contre-productives
L’élu s’est également exprimé sur certaines analyses qu’il considère comme réductrices des réalités économiques locales.
Il a notamment évoqué l’exemple de la pomme de terre commercialisée à Butembo, estimant que son coût relativement accessible est parfois attribué de manière excessive à l’intervention de l’État.
Pour Patrick Matata Makalamba, cette lecture entretient une dépendance qui risque de freiner l’émergence d’une véritable culture de travail, d’innovation et de création de richesses.
À ses yeux, le développement économique passe davantage par l’investissement productif, la valorisation des ressources locales et l’implication des acteurs privés que par une attente permanente de solutions extérieures.
Un appel à la mobilisation autour de la production locale
À travers cette prise de position, le député national place la question de la production agricole au cœur du débat sur le développement de la Tshopo.
Son message s’adresse particulièrement à la jeunesse, qu’il considère comme un acteur central de la transformation économique de la province.
Dans un contexte où la demande alimentaire continue de croître, Patrick Matata Makalamba plaide pour une mobilisation accrue autour des filières agricoles, notamment la riziculture, qu’il présente comme une opportunité de développement capable de générer des revenus, des emplois et une plus grande autonomie économique pour la région.
Au-delà du débat sur le prix du riz, son intervention remet ainsi en lumière une question plus large : celle de la capacité des territoires à transformer leurs ressources naturelles et leurs potentialités agricoles en véritables moteurs de croissance et de prospérité.
Aristote TALY
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