Au cœur du quartier commercial de la commune de Makiso, l’avenue du Marché n’est plus que l’ombre d’elle-même. Jadis carrefour bouillonnant de l’économie boyomaise, cette voie stratégique s’enlise aujourd’hui dans une dégradation spectaculaire. Face au silence pesant des autorités urbaines et à l’asphyxie imminente des commerçants, Maître Raoul Behikya Malirwa, Et l’un de responsable des immeubles se trouvent sur l’avenue du marché, monte au créneau. Un plaidoyer cinglant pour la survie d’un poumon économique en péril.
Dans les rues de Kisangani, le contraste est devenu saisissant. Alors que certaines communes, à l’instar de Lubunga, voient poindre l’espoir de vastes chantiers de réhabilitation de la voirie urbaine en ce mois d’avril, le centre névralgique de Makiso semble avoir été rayé de la carte des priorités. Sur la mythique avenue du Marché, les cratères béants, la boue et les eaux stagnantes ont depuis longtemps remplacé l’asphalte. S’y aventurer est désormais un véritable parcours du combattant, transformant ce pôle commercial historique en un bourbier à ciel ouvert.
C’est cette réalité insoutenable, vécue comme une fatalité par beaucoup, qui a poussé Maître Raoul Behikya Malirwa à briser le silence. Avocat près la Cour d’appel de la Tshopo et responsable de plusieurs immeubles bordant cette artère, cet homme de droit a refusé d’assister passivement à l’effondrement de son environnement. Convoquant l’opinion publique sur le terrain, il a tenu à confronter la réalité au discours officiel.
« Ce qui m’a poussé à vous inviter en ce jour, c’est pour que vous puissiez constater l’état actuel de la route de l’avenue du Marché n° 4, quartier commercial de la commune de Makiso à Kisangani », a-t-il lancé d’emblée, avec la rigueur d’un constat d’huissier.
Une question de survie économique et de gouvernance
Le diagnostic dressé sur place est sans appel : la détérioration de cette route entrave dramatiquement la fluidité des affaires. L’avenue du Marché n’est pas qu’un simple tronçon routier ; c’est le cœur battant du commerce local. Pourtant, son délabrement avancé isole progressivement les opérateurs économiques.
L’avocat souligne une préoccupation majeure qui ronge le quotidien des habitants et des vendeurs, n’hésitant pas à pointer du doigt la responsabilité de l’Hôtel de Ville :
« L’état de la route se détériore de jour en jour, au point que l’on se demande s’il y a réellement une présence du maire de la ville de Kisangani. Les commerçants ont du mal à vendre leurs marchandises et les clients peinent à emprunter cette route pour accéder aux articles dont ils ont besoin. »
Cette interrogation, légitime et tranchante, met en lumière une véritable crise de gouvernance urbaine. Sans accès praticable, la chaîne économique se brise : les boutiques se vident, les stocks s’écoulent difficilement, et c’est toute une frange de la population qui s’appauvrit silencieusement. Le problème dépasse largement le cadre de l’ingénierie civile pour toucher à la survie sociale d’un quartier entier.
Un électrochoc adressé à la Province
La voie menant vers la célèbre Résidence Équateur repère visuel et historique incontournable de la ville est aujourd’hui le symbole d’une inertie administrative qu’il devient urgent de secouer. Face à ce péril économique, la démarche de Me Behikya se veut un électrochoc destiné au sommet de l’exécutif provincial.
« C’est pourquoi nous interpellons les autorités de la province afin qu’elles prennent la mesure de la situation de la route menant vers la Résidence Équateur, autrement appelée “avenue du Marché”. », a-t-il conclu avec gravité.
Alors que la province de la Tshopo multiplie les appels du pied aux investisseurs et affiche de nouvelles ambitions de développement infrastructurel, le délabrement de ses principales artères commerciales fait figure de véritable repoussoir. Le message venu du cœur de Makiso est limpide : il ne saurait y avoir d’émergence économique sans des infrastructures de base viables. Reste désormais à savoir si l’écho de cette indignation citoyenne et professionnelle parviendra à franchir les portes des cabinets officiels, ou s’il s’enlisera, lui aussi, dans l’indifférence générale.
Aristote TALY
