C’est une onde de choc salvatrice qui traverse l’enseignement supérieur congolais. À l’Université de Kisangani (UNIKIS), la marchandisation du savoir n’a plus droit de cité. Sous le regard approbateur du professeur Mathieu Kirongozi, recteur dont le vent de réformes insuffle une nouvelle âme à l’institution, le professeur Janvier Egudra, doyen de la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion, vient de prononcer l’interdiction formelle de la vente des supports de cours. Une décision audacieuse qui brise un tabou tenace, soulage des milliers de familles et replace le mérite absolu au cœur de l’arène académique.
Briser les chaînes d’une pratique anachronique
Pendant des décennies, dans de nombreuses universités de la République démocratique du Congo, la vente des syllabus a dangereusement glissé de sa vocation pédagogique pour devenir une contrainte financière redoutable. Ce qui devait être un simple outil de lecture s’est souvent mué en un « droit de passage » officieux, liant insidieusement la réussite d’un étudiant à son pouvoir d’achat. C’est précisément à cette dynamique pernicieuse que le professeur Janvier Egudra a décidé de mettre un terme définitif au sein de sa faculté.
Spécialiste chevronné des questions monétaires et macroéconomiques, le doyen Egudra comprend mieux que quiconque la pression asphyxiante de l’inflation sur les ménages congolais. En actant cette prohibition stricte, il ne se contente pas d’appliquer les textes du ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU) : il pose un acte majeur d’équité sociale. Désormais, à la Faculté des Sciences Économiques, la seule monnaie d’échange valable pour valider une année académique sera l’intelligence, l’assiduité et le travail acharné.
L’ère Kirongozi : le renouveau institué
Cette mesure audacieuse ne naît pas dans un vide institutionnel. Elle s’inscrit dans la droite ligne de la thérapie de choc administrée par le professeur Mathieu Kirongozi depuis son accession à la tête du comité de gestion de l’UNIKIS. Reconnu pour sa rigueur inflexible et sa vision novatrice, le recteur accomplit un travail herculéen pour redorer le blason de cette alma mater historique de la province de la Tshopo.
De la réhabilitation de la discipline académique à la lutte acharnée contre l’occupation illégale des patrimoines universitaires, le professeur Kirongozi a su restaurer un climat de confiance et de prestige. Sa présence aux côtés du doyen Egudra lors de cette annonce constitue un symbole puissant. Elle forme un bouclier hiérarchique inébranlable face aux éventuelles résistances internes. C’est le message retentissant d’une gouvernance unie, résolue à extirper les antivaleurs pour bâtir une université véritablement compétitive sur l’échiquier intellectuel international.
Une bouffée d’oxygène pour les familles
Derrière l’austérité apparente d’une décision administrative se cache une dimension profondément humaine et émotionnelle. Dans un contexte économique où chaque franc congolais compte, exiger l’achat de fascicules de cours coûtait extrêmement cher aux parents qui se sacrifient déjà pour honorer les frais académiques.
Aujourd’hui, le soulagement est palpable sur le campus. Pour ce jeune étudiant brillant venu des contrées reculées, ou pour cette mère courageuse qui vend sous le soleil au grand marché de Kisangani afin de financer l’avenir de sa progéniture, cette annonce résonne comme une libération. Fini le stress de la marginalisation ; finie l’angoisse de l’échec programmé pour cause de poches vides. Grâce à ce coup de balai salutaire, l’université redevient ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : le sanctuaire de l’égalité des chances.
Un modèle inspirant pour l’avenir
En bannissant définitivement la vente des supports, le tandem Kirongozi–Egudra ne se contente pas d’assainir l’environnement de la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion. Il allume une étincelle d’intégrité et trace une voie lumineuse que d’autres facultés, et même d’autres institutions du pays, feraient bien d’emprunter.
C’est là toute la noblesse de ce geste : il prouve qu’avec une volonté politique assumée et un leadership éclairé, la médiocrité n’est jamais une fatalité. L’UNIKIS démontre aujourd’hui, de la manière la plus éclatante qui soit, qu’elle n’est pas seulement un haut lieu où l’on théorise l’économie, mais un laboratoire vivant où se forge la bonne gouvernance de demain.*
Aristote TALY
