Médecins Sans Frontières (MSF), en coopération avec le ministère de la Santé, a ouvert un nouveau Centre de traitement Ebola à Beni, au Nord-Kivu. L’objectif est d’accélérer la prise en charge des patients, de renforcer le suivi des contacts et d’appuyer les autorités sanitaires dans leurs efforts pour contenir la propagation du virus.
Une capacité de prise en charge renforcée à Beni
Face à la progression de la 17e épidémie de maladie à Ebola en République démocratique du Congo, Médecins Sans Frontières renforce son dispositif au Nord-Kivu.
À Beni, l’organisation a ouvert, en coopération avec le ministère de la Santé, un nouveau Centre de traitement Ebola (CTE). Cette structure doit permettre une prise en charge plus rapide des malades et renforcer la capacité de réponse dans l’une des zones touchées par l’épidémie.


MSF soutient également les autorités sanitaires à Butembo, où l’organisation a déjà mis en place un CTE et des centres d’isolement.
Selon les données communiquées par MSF, l’épidémie, déclarée le 15 mai, s’était propagée au 22 août dans six provinces : Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Haut-Uélé, Bas-Uélé et Tshopo.
La majorité des cas confirmés était recensée en Ituri, tandis que Beni et Butembo concentraient également une proportion importante des infections au Nord-Kivu. Dans cette province, 714 cas confirmés et 490 décès avaient été enregistrés au 22 août.
« Chaque heure compte »
Pour Albert Stern, coordinateur médical d’urgences de MSF à Beni, la rapidité du diagnostic et de la prise en charge constitue un élément central de la riposte.
« Chaque heure compte dans la lutte contre la maladie à Ebola. »
Il souligne qu’un diagnostic et un traitement précoces, dès l’apparition des premiers symptômes, augmentent significativement les chances de survie des patients tout en réduisant les risques de transmission au sein des familles et des communautés.
Maintenir les autres services de santé
MSF insiste également sur la nécessité de ne pas concentrer toute la réponse sanitaire sur Ebola au détriment des autres besoins médicaux.
Selon Albert Stern, la peur de contracter le virus dans les établissements de santé et la circulation de fausses rumeurs sur les soins peuvent dissuader certaines personnes de consulter.
Cette situation concerne notamment les patients atteints de paludisme, qui demeure l’une des principales causes de morbidité et de mortalité dans le pays, ainsi que les femmes et les filles enceintes.
En l’absence d’une prise en charge appropriée, ces patients peuvent développer des complications graves, pouvant aller jusqu’au décès sans que celui-ci soit directement lié à Ebola.
MSF renforce également les soins généraux
Pour maintenir l’accès aux services essentiels, MSF travaille en étroite collaboration avec les communautés locales et renforce parallèlement les soins de santé généraux dans les zones concernées.
À Beni, des consultations gratuites pour les maladies courantes et des soins médicaux sont disponibles dans les centres de santé de Kanzulinzuli, Malepe, Madrandele et Kasabinyole.
Au total, 18 salles d’isolement sont en service et cinq autres sont en construction à Kasabinyole.
Ces structures permettent notamment la prise en charge de patients atteints de paludisme, d’infections respiratoires ou de diarrhée, ainsi que de personnes présentant des symptômes compatibles avec Ebola. Elles permettent leur hospitalisation rapide, leur isolement dans des conditions dignes et l’accès aux soins et à une alimentation appropriée, tout en maintenant le contact avec leurs proches dans le respect des mesures de prévention.
MSF soutient également les soins de santé sexuelle et reproductive et travaille à rendre les accouchements plus sûrs dans les centres de santé qu’elle accompagne à Beni, les femmes et les filles enceintes étant particulièrement exposées aux complications pendant les épidémies d’Ebola.
La mobilisation communautaire au cœur de la réponse
En parallèle de la prise en charge médicale, MSF travaille avec les leaders locaux, les représentants communautaires et les organisations de la société civile.
Les équipes sensibilisent les populations, encouragent l’acceptation des mesures de santé publique et facilitent l’identification précoce des personnes malades afin qu’elles puissent être rapidement orientées vers les structures sanitaires.
À travers cette réponse associant traitement d’Ebola, maintien des soins généraux et mobilisation communautaire, MSF poursuit son soutien aux autorités sanitaires du Nord-Kivu pour contenir la propagation du virus et renforcer l’accès aux soins pour les populations touchées.
Aristote TALY

