Dans la Tshopo précisément dans la ville de Kisangani, le chef de bureau provincial de l’Assainissement, Henoc Sefu, relève une contradiction entre l’objectif affiché de salubrité urbaine et la gestion des déchets issus des travaux de curage des caniveaux.
À Kisangani, la campagne d’assainissement engagée par les autorités urbaines suscite des interrogations sur le terrain. Alors que des commerçants ont été déguerpis et réorientés vers le site du Dépôt ya Makayabu dans le cadre d’une opération présentée comme une mesure destinée à rendre la ville plus propre, des tas d’immondices extraits des caniveaux sont demeurés sur la chaussée durant plus de 72 heures, selon le chef de bureau provincial de l’Assainissement de la Tshopo, Henoc Sefu.
Cette situation, observée quelques jours après les opérations de nettoyage, relance le débat sur la cohérence de la chaîne d’assainissement, depuis le curage des caniveaux jusqu’à l’évacuation effective des déchets.
Une opération engagée au nom de la salubrité
Le déguerpissement des commerçants vers le site du Dépôt ya Makayabu s’inscrit dans une volonté des autorités municipales de libérer les espaces publics et d’améliorer les conditions de salubrité dans la ville de Kisangani.
Cette démarche intervient dans un contexte où la lutte contre l’insalubrité constitue depuis plusieurs années une priorité régulièrement affichée par les autorités locales. Des initiatives telles que les opérations de curage des caniveaux ou encore les campagnes de « Samedi Salongo » ont été mises en avant pour encourager l’entretien des espaces publics et limiter l’obstruction des ouvrages d’évacuation des eaux pluviales.
Henoc Sefu déplore une évacuation tardive des déchets
Toutefois, le chef de bureau provincial de l’Assainissement de la Tshopo, Henoc Sefu, estime que l’objectif poursuivi par cette opération est fragilisé par la gestion des déchets retirés des caniveaux.
Selon lui, les immondices extraits lors des travaux sont restés entassés sur la chaussée pendant plus de 72 heures, sans être évacués vers un site approprié.


Cette situation soulève plusieurs interrogations.
Comment justifier le déguerpissement des commerçants au nom de l’assainissement lorsque les déchets collectés au cours des opérations de nettoyage demeurent eux-mêmes exposés sur la voie publique pendant plusieurs jours ?
Pour Henoc Sefu, cette contradiction est de nature à compromettre les objectifs recherchés par l’opération.

Une question de cohérence dans la politique de salubrité
Au-delà du simple enlèvement des déchets des caniveaux, l’assainissement urbain repose également sur leur évacuation rapide afin d’éviter qu’ils ne deviennent eux-mêmes une nouvelle source d’insalubrité.
À Kisangani, les campagnes de sensibilisation menées ces dernières années ont régulièrement insisté sur la nécessité d’empêcher les dépôts d’ordures dans les caniveaux, responsables de nombreuses obstructions et d’importants problèmes d’évacuation des eaux de pluie.
Dans ce contexte, le maintien prolongé des déchets sur la chaussée apparaît, selon les observations formulées par le responsable provincial de l’Assainissement, comme un élément susceptible de brouiller le message porté par les autorités.
Une situation qui interpelle
L’observation formulée par Henoc Sefu intervient alors que les autorités municipales poursuivent leurs efforts pour améliorer la propreté de la ville.
Selon lui, laisser les immondices retirés des caniveaux sur la voie publique pendant plus de trois jours risque non seulement de compromettre les objectifs mêmes de l’opération d’assainissement, mais également de nuire à l’image des autorités en charge de la salubrité urbaine.
Aristote TALY
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