L’image est forte, presque électrique : une foule compacte, un gouverneur déterminé et, au centre, le patron des mines congolaises. L’arrivée de Louis Watum Kabamba, ce jour à Buta, n’est pas une simple escale administrative ; c’est le signal d’un réveil industriel pour une province qui, longtemps restée dans l’ombre, entend désormais faire de son sous-sol un levier de prospérité.

Le battement de cœur d’une province en attente
Il est des moments où la politique rejoint l’émotion. Lorsque le train d’atterrissage de l’avion ministériel a touché le tarmac de Buta, ce n’est pas seulement un membre du gouvernement central qui a été accueilli, mais un espoir. Au pied de la passerelle, le gouverneur Mike-David Mokeni Amisi affichait la mine des grands jours. Pour ce jeune chef de l’exécutif provincial, cette visite est une victoire diplomatique et économique.

Le décor était planté : un tapis rouge bordé par une marée humaine. Des chants, des cris de joie et une ferveur populaire qui rappellent que, dans le Bas-Uélé, la mine n’est pas qu’une statistique : c’est une promesse de pain, d’écoles et de routes. Le « bain de foule » n’avait rien de protocolaire ; c’était une communion entre un peuple et ceux qui tiennent les leviers de son destin.
Louis Watum Kabamba : l’architecte au chevet des ressources
Le choix de Louis Watum Kabamba pour cette mission n’est pas anodin. Ancien haut cadre du secteur privé, fin connaisseur des arcanes minières internationales, le ministre national des Mines incarne cette nouvelle rigueur que Kinshasa souhaite insuffler au secteur. Son arrivée à Buta marque une volonté claire : auditer, structurer et dynamiser.
« Cette visite officielle s’inscrit dans une mission de travail rigoureuse portant sur le secteur minier et le développement global de la province », a-t-on appris de sources proches de la délégation.
Le Bas-Uélé, riche en gisements aurifères et en diamants, souffre encore d’une exploitation artisanale souvent désorganisée. L’enjeu de ce séjour est de jeter les bases d’une transition vers une exploitation plus industrielle, plus transparente et surtout plus profitable aux communautés locales.
Le tandem Mokeni–Watum : une synergie pour le développement

Entre le gouverneur Mike-David Mokeni Amisi et le ministre Watum, le courant semble passer. Le premier connaît le terrain, ses défis logistiques et ses besoins sociaux criants ; le second apporte la vision nationale et les clés de la régulation.
Pour le gouverneur Mokeni, l’objectif est limpide : faire du Bas-Uélé un pôle attractif pour les investisseurs sérieux, tout en garantissant que la richesse produite profite d’abord aux fils et filles de Buta, Bambesa ou Aketi. Cette mission de travail prévoit des séances techniques où les dossiers brûlants de la cartographie minière et de la lutte contre la fraude seront abordés sans tabou.
Un tournant historique ?
Au-delà des discours, c’est une nouvelle page qui semble s’écrire pour la province. La mobilisation exceptionnelle de la population témoigne d’une exigence de résultats. Les habitants du Bas-Uélé ne veulent plus seulement savoir qu’ils dorment sur des richesses ; ils veulent voir ces richesses se transformer en bitume et en électricité.
Alors que le cortège ministériel s’ébranlait vers le centre-ville, fendant une haie d’honneur improvisée, une certitude flottait dans l’air de Buta : le temps de l’isolement est terminé. Sous l’impulsion du duo Mokeni–Watum, le Bas-Uélé vient de rappeler à la République et au monde qu’il est, plus que jamais, un moteur essentiel du géant congolais.
Par cette visite, Kinshasa ne se contente pas de regarder vers le Nord ; elle s’y installe pour construire l’avenir.
Aristote TALY
