Alors que le quartier Imbolo vacillait sous le poids des rancœurs et des affrontements, le conseiller communal Esdras Ngumbu a choisi de braver la tension pour s’interposer entre deux camps rivaux. Un geste de médiation directe dans une commune meurtrie par la justice populaire, où la paix ne tient désormais qu’à un fil.
Par la Rédaction
Kisangani, le 15 avril 2026
Le silence qui pèse sur le bloc Bobokoli, dans le quartier Imbolo, est de ceux qui précèdent les tempêtes. Dans cette enclave de la commune de Mangobo, à Kisangani, l’air semble encore chargé de la fureur des derniers jours. Ici, la « vindicte populaire » ce mal endémique qui ronge les centres urbains de la Tshopo a encore frappé. Un présumé criminel a été lynché par la foule, enclenchant un cycle de représailles, et voilà deux camps qui se font face, prêts à faire basculer le quartier dans le chaos.
C’est dans ce climat délétère, là où même les forces de l’ordre avancent avec prudence, qu’une silhouette s’est imposée. Esdras Ngumbu, conseiller communal de Mangobo, n’a pas choisi le confort des bureaux administratifs pour gérer la crise. Animé par ce qu’il nomme un « profond sens des responsabilités », l’élu s’est rendu personnellement sur le terrain, au plus près des foyers de tension.
Marcher sur les braises
La démarche est rare pour être soulignée. En pleine zone de friction, Esdras Ngumbu est allé à la rencontre des habitants, des jeunes en colère et des familles éprouvées. Sa présence au bloc Bobokoli n’était pas celle d’un donneur de leçons, mais celle d’un médiateur de proximité.
« La violence n’apporte que la destruction. Seule la paix construit notre communauté », a-t-il martelé devant une assistance aux visages fermés, avant que les traits ne se détendent sous le poids de la raison. « J’invite chaque jeune, chaque parent, chaque habitant de Mangobo à devenir un acteur de la paix. »
Son plaidoyer repose sur un triptyque ferme : l’arrêt immédiat des hostilités, la primauté du dialogue sur la force et, surtout, le rétablissement d’un pont de confiance avec les autorités judiciaires. Pour le conseiller, la justice populaire, bien que révélatrice d’un ras-le-bol sécuritaire, reste un poison qui détruit le tissu social de Mangobo.
La paix, moteur du développement
Au-delà de l’urgence sécuritaire, le message d’Esdras Ngumbu s’inscrit dans une vision à long terme. Dans une commune qui aspire à la modernisation et à l’amélioration de ses infrastructures, chaque affrontement constitue un coup d’arrêt au progrès.
« Le développement de Mangobo dépend de notre unité », a-t-il rappelé, liant intimement la stabilité sociale à l’essor économique de la municipalité. En réaffirmant sa disponibilité à accompagner toute initiative visant une paix durable, il tente de transformer une crise de voisinage en un sursaut citoyen.
Une lueur d’espoir ?
Si l’intervention du conseiller a permis une baisse immédiate de la tension au bloc Bobokoli, le défi reste immense. Dans une province de la Tshopo où les effectifs de police peinent parfois à couvrir l’immensité des besoins, l’acte de bravoure politique d’Esdras Ngumbu pose une pierre essentielle : celle de la médiation humaine.
À Mangobo, ce mercredi, la parole a remplacé la pierre. Un premier pas, fragile mais indispensable, vers une cohabitation pacifique que tout le quartier appelle désormais de ses vœux. Le conseiller Ngumbu, lui, reste aux aguets, convaincu que la paix ne se décrète pas, mais se cultive chaque jour, rue après rue.
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