Dans la province de la Tshopo, une page historique s’est écrite pour la profession de sage-femme. Entre rigueur scientifique et solennité républicaine, le passage des tests d’accréditation et la prestation de serment des nouveaux membres de l’Ordre marquent un tournant décisif : celui de la sécurité des mères et des nouveau-nés érigée en priorité nationale.
Le sacerdoce de la compétence
Il ne suffit plus de porter la blouse blanche pour incarner l’espoir des salles d’accouchement. À Kisangani, le message est désormais clair : la compétence est le seul visa pour l’exercice du métier. Sous l’égide de la loi n°023/051 du 30 novembre 2023, la République démocratique du Congo a franchi un cap législatif majeur. Cette loi, véritable bouclier pour la santé publique, stipule en son article 6 que l’inscription au tableau de l’Ordre des sages-femmes (OAS) est désormais conditionnée par la réussite d’un test national d’accréditation.
Dans la Tshopo, ce processus n’est pas resté lettre morte. Les praticiens de la province se sont soumis à cette épreuve de vérité, transformant l’examen en un véritable label de qualité. Pour ces hommes et ces femmes, réussir ce test n’était pas seulement obtenir une note : c’était prouver leur aptitude à protéger la vie dans ce qu’elle a de plus fragile.
Un serment devant l’histoire
L’émotion était palpable dans la salle lorsque les membres des structures de gouvernance provinciale, lauréats de ce test exigeant, se sont avancés pour la prestation de serment. Face à eux, une figure de proue : Monsieur Ambroccakh Kabeya, président national de l’Ordre.

Le rituel, empreint d’une dignité rare, a transcendé la simple formalité administrative. En levant la main droite, ces nouveaux cadres de l’OAS ont juré de respecter l’éthique, la déontologie et, surtout, de placer l’humain au cœur de chaque geste clinique. La présence du président national a souligné l’importance stratégique de la Tshopo dans l’architecture sanitaire du pays.
« Ce serment est le contrat social qui lie la sage-femme à la nation. Il garantit qu’aucune femme ne devrait perdre la vie en la donnant, faute de compétences certifiées », a-t-on pu percevoir à travers la solennité de l’instant.
Une révolution pour le bassin du Congo
Au-delà de la cérémonie, c’est une véritable restructuration de la gouvernance sanitaire qui s’opère. En installant ces comités de structures de gouvernance provinciale, l’OAS se dote de « sentinelles » locales capables de réguler la profession, de lutter contre l’exercice illégal de la maïeutique et de promouvoir une formation continue d’excellence.
Pour la population de la Tshopo, l’impact est direct. Savoir que sa sage-femme a été accréditée par un test national et qu’elle répond devant un ordre structuré change radicalement la perception des soins. C’est la fin de l’approximation et le début de l’ère de la responsabilité médicale.
L’avenir s’écrit en vert et blanc
La réussite de ce processus dans la Tshopo envoie un signal fort au reste de la RDC. Le leadership de Monsieur Ambroccakh Kabeya et l’engagement des professionnels locaux prouvent que la réforme de la santé maternelle est en marche, portée par une volonté politique et professionnelle inébranlable.
Alors que les nouveaux membres rejoignent leurs postes, ils ne portent pas seulement un titre. Ils portent l’espoir d’une province où chaque naissance est une célébration sécurisée, protégée par la science et consacrée par le serment. La Tshopo vient de prouver que l’excellence n’est pas une option, mais une exigence vitale.
Aristote TALY
