Les baleinières en bois seront interdites de navigation sur le fleuve Congo, ses affluents et les lacs à compter du 15 novembre 2026, a annoncé Jean-Pierre Bemba devant le Sénat. Interrogé vendredi 16 octobre sur la recrudescence des accidents mortels, le vice-Premier ministre chargé des Transports a également présenté les défaillances du secteur et les mesures engagées pour renforcer la sécurité.
Invité à répondre à une question d’actualité du sénateur Faustin Luanga, Jean-Pierre Bemba Gombo a indiqué avoir instruit le secrétaire général aux Transports, Voies de communication et Désenclavement de faire interdire la navigation des baleinières en bois sur les voies d’eau du pays à partir de cette échéance.
Cette annonce intervient après plusieurs naufrages recensés depuis le début de l’année 2026, a expliqué le ministre.
« Ces événements ont, malheureusement, endeuillé la nation et rappellent l’urgence de renforcer les mesures de sécurité dans le secteur du transport sur les voies d’eau intérieures », a-t-il déclaré.

Vingt canots rapides déjà mis à flot
Pour renforcer la surveillance de la navigation sur le fleuve, les rivières et les lacs, Jean-Pierre Bemba a fait état de l’acquisition de vingt-six canots rapides par son ministère.
Sur cet ensemble, vingt ont été mis à flot le mardi 25 août 2026, ainsi que quatre pousseurs, a-t-il précisé devant les sénateurs. Ces équipements s’inscrivent dans le programme de surveillance des voies navigables.
Accidents routiers : le contrôle technique parmi les mesures engagées
Concernant les accidents routiers, le vice-Premier ministre a cité notamment la fatigue et la somnolence au volant, les défaillances mécaniques ou techniques, ainsi que la conduite sans permis ou avec un permis inadapté.
Il a rappelé, à ce sujet, son arrêté n° VPM/MTVCD/CAB/025/2025 du 12 novembre 2025 portant sur le contrôle technique des véhicules automoteurs, principalement routiers, sur l’ensemble du territoire national.
Cette mesure a été présentée parmi les réponses aux défaillances techniques susceptibles de compromettre la sécurité du transport en commun.

Des infrastructures vieillissantes et des capacités de contrôle limitées
Au-delà des causes propres à chaque accident, Jean-Pierre Bemba a décrit un secteur marqué par des infrastructures vieillissantes ou insuffisantes, un déficit chronique d’entretien et un manque d’équipements de sécurité.
À ces difficultés s’ajoutent la vétusté d’une partie des flottes, les faibles capacités de contrôle, l’insuffisance des données et de la numérisation, ainsi qu’une gouvernance des entreprises publiques encore perfectible.
Le ministre a également relevé les faiblesses de la régulation, le coût élevé de la logistique et le manque d’interconnexion entre les différents modes de transport. Selon son état des lieux, le pays reste fortement dépendant de la route, tandis que les possibilités offertes par les réseaux fluvial et ferroviaire demeurent faiblement exploitées.
Crash de Kenge : les causes restent à établir
Interrogé sur le crash de Kenge, Jean-Pierre Bemba a indiqué que les documents de bord étaient en cours de validité, citant notamment la police d’assurance.
Il a toutefois appelé à attendre les conclusions de l’enquête technique avant de déterminer les causes de l’accident.
« Il est prématuré et contraire aux principes d’une enquête technique sérieuse d’affirmer définitivement ce qui a été à l’origine de cet accident », a-t-il déclaré.

Des accords annoncés pour de nouvelles infrastructures
Au cours de son intervention, le vice-Premier ministre a projeté des images de réalisations et de chantiers en cours dans le secteur des transports.
Il a également annoncé, pour les prochains mois, la signature de protocoles d’accord avec des partenaires extérieurs en vue de construire des infrastructures ciblées dans le programme du gouvernement.
La séance étant consacrée à une question d’actualité, les réponses de Jean-Pierre Bemba n’ont donné lieu à aucun débat.
Aristote TALY
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