Kinshasa, 13 octobre 2026 — La salubrité publique ne relève pas uniquement de la gestion des déchets. Elle engage aussi l’urbanisation, la qualité de l’eau, les normes de construction et la coordination des administrations. C’est sous cet angle institutionnel que le sénateur Jean Bamanisa Saïdi a interpellé le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, lors de l’examen au Sénat de la question orale avec débat initiée par le sénateur Michel Lingepo Molonga.

Au cœur de son intervention : la nécessité de clarifier les compétences ministérielles pour rendre l’action gouvernementale plus cohérente et efficace.
Se référant aux textes fixant les attributions des ministères, notamment à une ordonnance du 15 décembre 2025, le sénateur a interrogé le gouvernement sur l’opportunité d’actualiser la répartition des responsabilités entre les ministères de la Santé, de l’Environnement et les autres services concernés par la salubrité.
Il a particulièrement insisté sur l’intégration des exigences sanitaires dans les procédures d’autorisation de construire. Évoquant le décret du 24 mai 2022, Jean Bamanisa Saïdi a questionné l’absence du ministère de la Santé dans les commissions compétentes, alors que l’évacuation des eaux usées et l’hygiène des habitations constituent des enjeux majeurs de santé publique.
La pollution de Kinshasa a également occupé une place centrale dans ses préoccupations. Revenant sur des échanges avec le cabinet du ministre à l’occasion de la 12ᵉ édition d’Expo Béton, il a alerté sur la contamination présumée des eaux souterraines par des métaux lourds et des agents microbiologiques, notamment les salmonelles, les staphylocoques et Escherichia coli. Il a demandé quelles dispositions réglementaires encadrent le contrôle et le traitement des eaux de forage, de plus en plus utilisées par les ménages.
Sur le plan administratif, le sénateur a également interrogé le ministre sur les dispositifs de traitement des boues de vidange et des déchets, ainsi que sur les moyens de renforcer les services d’hygiène à l’échelle des quartiers et des communes.
Concernant la task force présidentielle, il a souligné qu’une réponse exceptionnelle à une situation critique ne devait pas se substituer aux mécanismes permanents prévus par les textes légaux et réglementaires.
À travers ces interrogations, Jean Bamanisa Saïdi défend une approche structurelle de la salubrité publique : des compétences clairement définies, des normes sanitaires intégrées à l’urbanisation et une administration de proximité capable d’assurer leur application.
Son intervention replace ainsi la prévention des risques sanitaires au centre des responsabilités ordinaires de l’État, au-delà des seules opérations ponctuelles d’assainissement.
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