À Kisangani, la lutte contre la maladie à virus Ebola ne se limite pas à la prise en charge des patients. Le Bureau provincial de l’assainissement met également en avant la sécurisation des espaces potentiellement contaminés, une intervention destinée à réduire les risques de transmission et à renforcer la prévention environnementale.
Face aux interrogations suscitées par les opérations de désinfection engagées dans la province de la Tshopo, le chef du Bureau provincial de l’assainissement, Henoc Sefu, a apporté des précisions sur leur importance dans le dispositif de riposte contre Ebola.
Dans une communication publique, il explique que les établissements de santé, les habitations, les moyens de transport et certains lieux publics peuvent présenter des risques lorsqu’ils ont été contaminés par les liquides biologiques d’une personne infectée.
« Dans la riposte contre l’Ebola, la désinfection permet aussi de traiter les surfaces et les équipements potentiellement contaminés », souligne-t-il.
Au cœur de son intervention, une distinction essentielle : nettoyer un environnement ne suffit pas nécessairement à éliminer le risque infectieux. La désinfection vise précisément à inactiver les agents pathogènes présents sur les surfaces et équipements contaminés, au moyen de procédures adaptées.
Cette démarche prend toute son importance dans la transmission indirecte du virus Ebola, qui peut survenir lorsqu’une personne entre en contact avec des objets ou des surfaces souillés par des liquides biologiques infectieux.
Henoc Sefu rappelle notamment que le sang, les vomissures, les urines et d’autres sécrétions corporelles peuvent constituer des sources de contamination.
À travers les opérations dites « 3D » désinfection, désinsectisation et dératisation , le Bureau provincial de l’assainissement entend renforcer ses interventions sur le terrain. Il convient toutefois de distinguer ces trois activités : c’est la désinfection ciblée des surfaces et matériels contaminés qui intervient directement dans la prévention de la transmission environnementale d’Ebola.
Pour le responsable provincial, cette action doit accompagner les autres mesures sanitaires, notamment l’hygiène des mains, la prévention des contacts à risque et la prise en charge médicale des personnes infectées.
Cette approche met en lumière une dimension parfois moins visible de la riposte : la protection des populations passe aussi par la maîtrise des risques de contamination dans leur environnement immédiat.
L’intervention du Bureau provincial de l’assainissement s’inscrit ainsi dans une logique de prévention complémentaire aux actions des équipes de santé. Son efficacité repose notamment sur l’identification des espaces à risque, l’utilisation de produits appropriés et le respect des protocoles sanitaires.
Dans une province confrontée à Ebola, l’enjeu dépasse donc la simple propreté des lieux : il s’agit de contribuer à interrompre les chaînes de transmission, sans substituer les opérations d’assainissement aux mesures médicales et épidémiologiques indispensables.
Aristote TALY
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