Dans une lettre manuscrite datée du 26 septembre 2026, Joël Kabuya Kapuadi réaffirme son soutien à Constant Mutamba. Installé depuis plusieurs années à Dallas, aux États-Unis, où il poursuit une formation paramilitaire, il livre un message personnel à celui qu’il présente comme son « maître et guide idéologique ».


Dallas, 26 septembre 2026. Une lettre manuscrite de deux pages, des souvenirs précis et, au centre, une fidélité revendiquée. Joël Kabuya Kapuadi s’adresse directement à Constant Mutamba dans un texte intitulé « Réaffirmation de mon soutien face aux persécutions politiques ».
Dès l’entame, le ton est personnel : « Cher Maître et guide idéologique ».
Kabuya dit observer avec « amertume et douleur » ce que traverse son mentor. Il dénonce, dans les termes qui sont les siens, une volonté de l’« abattre » et de « l’étouffer définitivement ». Des accusations qu’il inscrit dans sa propre lecture de la situation politique de l’ancien ministre de la Justice.
Mais la lettre prend surtout sa force lorsqu’elle quitte le présent pour revenir à un souvenir.
Cette phrase prononcée en 2023
Joël Kabuya raconte une conversation avec Constant Mutamba remontant à 2023. Les deux hommes se trouvaient seuls dans un bureau lorsque son mentor lui aurait confié :
« Jeune frère, nul n’échappe à sa destinée. »
Une phrase dont Kabuya dit mesurer aujourd’hui autrement la portée.
Il évoque alors son enfance à Kisangani, dans une famille « très modeste », avant de regarder le chemin parcouru jusqu’à ses responsabilités politiques actuelles.
« À présent, vos mots résonnent en moi comme une prophétie, et je comprends aujourd’hui combien votre vision dépassait le présent », écrit-il.
Cette évocation constitue l’un des passages les plus personnels du document. Elle éclaire la nature du lien que Kabuya revendique avec Mutamba : celui d’un cadet politique qui considère avoir reçu de son aîné bien davantage que des consignes circonstancielles.
« On peut emprisonner un homme, mais jamais ses idées »
La lettre bascule ensuite vers la situation actuelle.
Kabuya décrit un « système mafieux » qui aurait, selon lui, pris le pays « en otage depuis des années ». Il estime que Constant Mutamba s’y serait opposé en portant des dossiers sur la scène politique, en proposant des réformes et en cherchant, écrit-il, à « défendre la voix de la population ».
Il s’agit ici des appréciations et accusations formulées par l’auteur de la lettre, et non de faits établis par le document.
Kabuya convoque ensuite l’histoire pour formuler son message central :
« On peut emprisonner un homme, mais jamais ses idées. »
Il poursuit avec une autre formule : « La prison ne tue pas un homme politique qui a une grande destinée et c’est votre cas. »
Dans le même passage, il cite Patrice Lumumba pour soutenir son propos : selon lui, la disparition ou l’emprisonnement d’un responsable politique ne suffit pas à effacer les idées auxquelles ses partisans restent attachés.
« Tenez bon, cher Maître »
À mesure que la lettre approche de sa fin, le registre devient plus intime.
« Tenez bon, cher Maître », écrit Joël Kabuya.
Il assure son destinataire que la population continue, selon sa propre appréciation, de compter sur lui et que son combat politique n’est pas achevé.
Puis, au milieu de la page, une phrase se détache. Elle est écrite en capitales :
« VOUS N’ÊTES PAS SEUL, PRÉSIDENT. »
Tout le sens de la lettre semble alors tenir dans ces quelques mots.
Kabuya ne développe plus une argumentation politique. Il revient à ce qui constitue le fil conducteur de ses deux pages : la transmission.
« Je reste fidèle à ce que vous représentez. Je reste attaché à ce que vous m’avez transmis. »
Et pour conclure :
« Je reste convaincu que cette épreuve n’est qu’un passage qui ne prive pas une destinée. »
De Kisangani, évoquée comme le point de départ de son parcours, à Dallas, d’où la lettre est datée, Kabuya construit ainsi son message autour d’une conviction : les circonstances peuvent bouleverser une trajectoire politique, mais elles n’effacent pas, à ses yeux, la relation qui le lie à son mentor.
Aristote TALY

