Une note de service de la ministre Marie-Thérèse Sombo Ayanne Safi Mukuna appelle l’ensemble des établissements de l’Enseignement supérieur à organiser des activités culturelles, scientifiques et sportives afin de renforcer le devoir de mémoire, la culture de paix et la solidarité nationale.
À quelques jours de la commémoration nationale du GENOCOST, le ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, Recherche scientifique et Innovations (MINESURSI) engage officiellement toute la communauté académique congolaise dans l’organisation d’activités dédiées à la mémoire des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité.
Dans une note de service n°001/MINESURSI/CAB.MIN/SASM/MMK/2026, datée du 30 juillet 2026, la ministre Professeure Dr Sombo Ayanne Safi Mukuna Marie-Thérèse s’adresse aux secrétaires généraux, aux chefs d’établissements ainsi qu’aux responsables des centres et instituts de recherche de l’Enseignement supérieur, universitaire et de la recherche scientifique. Ce document fixe les orientations relatives à la célébration de la journée du 2 août, consacrée au GENOCOST.


Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la Loi n°22/065 du 26 décembre 2022, qui érige le 2 août en journée officielle d’hommage aux victimes des violences sexuelles liées aux conflits ainsi qu’aux victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité. La même loi prévoit que cette journée soit consacrée à la construction et à l’immortalisation de la mémoire collective, tout en exprimant la solidarité nationale envers les victimes et leurs ayants droit.
Faire des universités des espaces vivants de mémoire
Dans sa note, le ministère rappelle que cette commémoration répond également à la volonté du Président de la République, en sa qualité de Grand Chancelier des universités et instituts supérieurs, de promouvoir une paix durable ainsi qu’un double mécanisme de justice classique et transitionnelle en République démocratique du Congo.
Le document souligne que les universités, instituts supérieurs et centres de recherche occupent une place privilégiée dans la transmission de la mémoire, des valeurs de justice et de citoyenneté. Pour le ministère, la journée du 2 août constitue une opportunité de sensibiliser les étudiants, les enseignants et les chercheurs au respect de la dignité humaine, de renforcer leur engagement civique et de promouvoir une culture de paix, de solidarité, de vérité, de justice et de réparation.
Le MINESURSI estime également que les établissements d’enseignement supérieur doivent devenir des espaces permanents de réflexion, de dialogue et d’action autour de ces enjeux mémoriels.
Un appel à une mobilisation nationale des établissements
Afin de consolider l’appropriation du GENOCOST par la communauté universitaire, la ministre invite chaque établissement public ou privé, ainsi que chaque institut ou centre de recherche, à organiser diverses activités au bénéfice de sa communauté académique.
Parmi les initiatives proposées figurent notamment :
- des activités culturelles thématiques, notamment des concours de théâtre, de slam, d’éloquence, de poésie, d’arts plastiques, d’artisanat, de dissertation ou encore des procès fictifs ;
- des activités sportives et compétitions organisées sous le label GENOCOST ;
- des activités scientifiques, comprenant la projection de films — notamment L’Empire du silence de Thierry Michel — suivie d’échanges, de conférences, d’ateliers, ainsi que des présentations d’ouvrages ou d’articles scientifiques.
Le ministère précise que cette liste est indicative et laisse aux établissements la possibilité de développer d’autres initiatives en lien avec les objectifs de la commémoration.
Une politique publique de mémoire inscrite dans la loi
Au-delà des activités prévues dans les universités, la démarche s’inscrit dans le dispositif légal mis en place par la RDC pour la reconnaissance, la protection et la réparation des victimes des violences liées aux conflits.
L’article 28 de la loi du 26 décembre 2022 institue officiellement la journée nationale du GENOCOST, célébrée chaque 2 août, en hommage aux victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité. La loi prévoit également la création de sites mémoriels et la promotion de la mémoire collective, dans une logique de vérité, de justice, de réparation et de non-répétition.
Une mobilisation attendue dans l’ensemble du pays
En diffusant cette note de service, le MINESURSI engage l’ensemble des établissements de l’Enseignement supérieur, universitaire et de la recherche scientifique à inscrire la commémoration du GENOCOST dans leurs programmes académiques et communautaires.
Signée à Kinshasa le 30 juillet 2026 par la Professeure Dr Sombo Ayanne Safi Mukuna Marie-Thérèse, cette instruction vise à faire de la journée du 2 août un moment national de transmission de la mémoire, de sensibilisation, d’éducation citoyenne et de réflexion scientifique au sein des universités, instituts supérieurs et centres de recherche de la République démocratique du Congo.
Aristote TALY

