Un message officiel signé le 6 juillet 2026 par le Vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, ordonne l’application permanente de l’interdiction des escortes policières ou militaires, des gyrophares, des sirènes, des feux multicolores et des plaques d’immatriculation bâchées pour les civils sur l’ensemble du territoire national.
Une décision destinée à rétablir l’ordre sur les routes
Dans les grandes artères de Kinshasa comme sur les axes routiers des provinces, les convois escortés, les sirènes stridentes et les gyrophares allumés sont progressivement devenus un élément du paysage urbain. Au fil des années, ces dispositifs, initialement réservés aux services habilités de l’État, ont été de plus en plus utilisés par des personnes ne bénéficiant d’aucune autorisation légale, alimentant un sentiment d’abus et de désordre dans la circulation.
Face à cette situation, le gouvernement de la République démocratique du Congo a décidé de renforcer son dispositif réglementaire.
Dans un message officiel daté du 6 juillet 2026, signé par le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, les services de sécurité et la Police nationale congolaise (PNC) reçoivent instruction de faire appliquer, à titre permanent, l’interdiction de plusieurs pratiques jugées contraires aux règles en vigueur.
Une instruction adressée à l’ensemble des services de sécurité
Le document officiel, transmis notamment au Commandement général de la Police nationale congolaise, aux commissaires provinciaux, aux autorités sécuritaires ainsi qu’aux principaux responsables de l’appareil sécuritaire de l’État, rappelle une précédente instruction référencée n°25/CAB/VPM/MININTERSEDECAC/SLBJ/KNA/416 du 3 décembre 2025.

Le Vice-Premier ministre indique que cette directive doit désormais être exécutée de manière permanente sur toute l’étendue du territoire national.
Selon le message officiel, il est désormais interdit aux civils d’utiliser :
- les escortes policières ;
- les escortes militaires ;
- les sirènes ;
- les gyrophares ;
- les feux multicolores.
Le ministre demande également aux services compétents d’interdire les plaques d’immatriculation bâchées, une pratique régulièrement observée sur certains véhicules et susceptible de compliquer leur identification.
Les autorités provinciales et les responsables de la Police nationale sont invités à transmettre un rapport d’exécution attestant de la mise en œuvre effective de cette instruction.
Une mesure à caractère permanent
Le télégramme officiel insiste sur le fait que cette décision revêt un caractère permanent, jusqu’à nouvel ordre contraire des autorités compétentes.
Le document précise que les commandements concernés sont tenus de veiller personnellement à l’application de cette instruction, en mettant fin à toute utilisation non autorisée de ces dispositifs de signalisation et d’escorte.
La formulation retenue dans le message officiel souligne également que cette interdiction concerne l’ensemble du territoire national et doit être appliquée par tous les services destinataires.
Une continuité des mesures engagées depuis 2025
Cette décision s’inscrit dans le prolongement des premières mesures annoncées en décembre 2025 par le ministère de l’Intérieur. À cette époque, le gouvernement avait déjà suspendu l’utilisation des escortes policières ou militaires, des sirènes, des gyrophares et des feux multicolores par les personnes non habilitées, en invoquant la multiplication des abus constatés dans plusieurs villes du pays. Le Conseil des ministres avait également annoncé la préparation d’un cadre réglementaire destiné à mieux encadrer l’acquisition et l’utilisation de ces équipements.
Le nouveau message du 6 juillet 2026 reprend ces orientations et les réaffirme sous la forme d’une instruction permanente adressée à l’ensemble des responsables de la Police nationale et des services de sécurité.
Des objectifs centrés sur l’ordre public et la régulation de la circulation
À travers cette décision, le gouvernement entend renforcer la discipline dans la circulation routière, limiter les usages irréguliers des dispositifs de signalisation réservés aux services autorisés et mettre un terme aux abus observés sur plusieurs axes routiers du pays.
L’interdiction des plaques d’immatriculation bâchées poursuit également un objectif d’identification claire des véhicules appelés à circuler sur le réseau routier national.
Le ministère de l’Intérieur demande enfin aux différentes autorités concernées de rendre compte de l’exécution de cette instruction, confirmant ainsi la volonté du gouvernement d’assurer un suivi de son application sur l’ensemble du territoire de la République démocratique du Congo.
Aristote TALY

