Réunis à Kinshasa pour la troisième Conférence des présidents des Assemblées provinciales, les responsables des institutions provinciales entendent répondre aux crises de gouvernance qui fragilisent les provinces. Face aux défis sécuritaires, sanitaires et institutionnels, le président du Sénat réaffirme l’engagement de la Chambre haute à accompagner la mise en œuvre des recommandations issues de ces assises.
Kinshasa, 6 juillet 2026. Dans l’hémicycle de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, les présidents des Assemblées provinciales des vingt-six provinces de la République démocratique du Congo se retrouvent autour d’une même ambition : renforcer la gouvernance territoriale et donner une nouvelle impulsion à la décentralisation. C’est dans ce contexte que le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, a procédé à l’ouverture officielle de la troisième édition de la Conférence des Présidents des Assemblées Provinciales (COPAP 2026), une session extraordinaire consacrée aux défis institutionnels auxquels sont confrontées les provinces congolaises.

Organisée du 6 au 10 juillet 2026 à Kinshasa, cette rencontre nationale intervient alors que le pays continue de faire face à une conjoncture particulièrement complexe, marquée par la persistance de l’insécurité dans l’Est de la RDC, les tensions institutionnelles dans plusieurs provinces ainsi que par la résurgence de l’épidémie d’Ebola dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Dès l’ouverture des travaux, le président du Sénat a placé les participants devant leurs responsabilités. Pour lui, les conclusions de cette conférence ne devront pas rester de simples déclarations d’intention, mais constituer un véritable levier de transformation de la gouvernance provinciale.

« Le Sénat, émanation des provinces, se tiendra toujours à vos côtés », a déclaré Jean-Michel Sama Lukonde devant les représentants des Assemblées provinciales, réaffirmant ainsi la vocation de la Chambre haute à défendre les intérêts des provinces et à accompagner le suivi des recommandations qui seront transmises au Gouvernement central.
À travers cet engagement, le président du Sénat a insisté sur la nécessité de faire de la décentralisation une réalité concrète pour les citoyens. Plus de deux décennies après son inscription dans la Constitution, ce principe demeure confronté à d’importants obstacles liés notamment aux difficultés de gouvernance, aux ressources limitées et aux crises récurrentes qui affectent plusieurs institutions provinciales.
Les échanges de cette troisième édition de la COPAP s’articulent autour de quatre axes majeurs destinés à répondre aux difficultés observées dans les provinces.
Le premier consiste à établir un état des lieux sans complaisance de la gouvernance dans les vingt-six provinces afin d’identifier les principaux blocages institutionnels.
Le deuxième porte sur la définition de mécanismes de prévention et de résolution des crises institutionnelles, alors que plusieurs provinces connaissent des tensions récurrentes entre les Assemblées provinciales et les exécutifs locaux.
Le troisième vise l’harmonisation des actions des Assemblées provinciales, afin de renforcer leur coordination et leur capacité à défendre les intérêts des provinces auprès des institutions nationales.
Enfin, le quatrième axe est consacré au renforcement des capacités des élus provinciaux, avec l’objectif de promouvoir une gouvernance de proximité davantage tournée vers les préoccupations quotidiennes des populations.
Le diagnostic posé au cours de cette rencontre est largement partagé : les crises institutionnelles répétitives, les conflits entre organes délibérants et gouvernements provinciaux ainsi que les difficultés liées au fonctionnement des institutions locales freinent considérablement le développement des provinces et compliquent la mise en œuvre effective de la décentralisation.
Au-delà des enjeux strictement institutionnels, les travaux de la COPAP 2026 se déroulent dans un environnement national particulièrement sensible.
À l’Est du pays, plusieurs territoires demeurent confrontés aux violences attribuées à la coalition AFC/M23, une situation qui continue de peser lourdement sur les populations civiles et sur le fonctionnement normal des institutions publiques. Parallèlement, les autorités sanitaires poursuivent leur mobilisation contre la résurgence d’Ebola signalée dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, une situation qui demeure au centre des préoccupations des pouvoirs publics.
Malgré ce contexte difficile, Jean-Michel Sama Lukonde a réaffirmé la détermination du Sénat à poursuivre son implication sur les grands dossiers institutionnels du pays. Parmi ceux-ci figurent notamment les réflexions en cours sur les réformes constitutionnelles ainsi que l’encadrement juridique du référendum, des sujets qui occupent une place importante dans le débat institutionnel national.
La tenue de cette conférence traduit également la volonté des institutions de renforcer la coopération entre les provinces et les pouvoirs publics afin de consolider les mécanismes de gouvernance locale. Les recommandations attendues à l’issue des travaux devront contribuer à améliorer la stabilité des institutions provinciales, renforcer leur efficacité et favoriser une application plus concrète du processus de décentralisation inscrit dans la Constitution de la République démocratique du Congo.
En réunissant pendant plusieurs jours les responsables des Assemblées provinciales autour d’un agenda commun, la COPAP 2026 ambitionne ainsi de transformer les échanges institutionnels en actions concrètes. L’objectif affiché est de doter les provinces d’outils plus efficaces pour prévenir les crises, améliorer la gouvernance de proximité et accompagner la vision de décentralisation portée par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. À l’issue des assises, les recommandations formulées devraient servir de feuille de route pour consolider durablement le fonctionnement des institutions provinciales et renforcer leur contribution au développement du pays.
Aristote TALY

