À l’Assemblée provinciale, l’élu de Kisangani a présenté une analyse des défis qui affectent les cultures vivrières et pérennes, tout en formulant plusieurs recommandations en présence de la ministre provinciale de l’Agriculture.
Lors d’une intervention à l’Assemblée provinciale de la Tshopo, en présence de la ministre provinciale de l’Agriculture, l’honorable Senold Tandia, élu de la ville de Kisangani, a consacré son exposé à deux secteurs agricoles majeurs : les cultures vivrières, notamment le riz et le maïs, ainsi que les cultures pérennes, en particulier le cacao et le café.
Riz : les causes de la rareté sur le marché
Abordant la question de la hausse des prix des produits agricoles, le député provincial a indiqué que le maïs subit un effet de substitution provoqué par l’augmentation du prix du riz. Son analyse s’est donc principalement concentrée sur cette dernière culture.
Selon lui, la rareté actuelle du riz sur le marché résulte essentiellement de la faible production enregistrée lors de la saison B de 2025. Parmi les causes identifiées figurent le retard observé dans les semis, les perturbations climatiques ainsi que la rétention de certains intrants agricoles, notamment les semences et les outils destinés aux producteurs.
Pour la prochaine saison, il a recommandé le respect strict du calendrier agricole, la promotion simultanée du riz pluvial et du riz irrigué, ainsi qu’un meilleur suivi de la distribution des intrants afin qu’ils parviennent effectivement aux bénéficiaires.
Des semences déjà disponibles pour la saison B
Concernant le riz, la province dispose de 15 940 kilogrammes de semences produites par l’INERA et les agri-multiplicateurs, avec une capacité de production estimée à environ deux tonnes par hectare. À cela s’ajoutent 30 880 kilogrammes de semences hybrides dont le rendement est évalué entre sept et huit tonnes par hectare, sans compter les semences provenant des particuliers. En moyenne, quarante kilogrammes de semences sont nécessaires pour un hectare.
Pour le maïs, les disponibilités annoncées sont de 26 525 kilogrammes de semences locales, avec une capacité de production d’environ 2,5 tonnes par hectare, ainsi que 768 kilogrammes de semences hybrides pouvant produire entre neuf et dix tonnes par hectare. Une moyenne de vingt-cinq kilogrammes de semences est utilisée par hectare.
Une demande qui accentue la pression sur le marché
Selon l’honorable Senold Tandia, la production de riz de la Tshopo est aujourd’hui consommée dans la province, dans les provinces voisines ainsi que par certaines entreprises.
Il a notamment cité la Société Busira-Lomami, qui achète du riz en grande quantité avant de le traiter, le parfumer et l’emballer pour le commercialiser à Kinshasa, ainsi que la Bralima, qui acquiert également des quantités importantes de riz pour la production de bière.
Les recommandations formulées
Dans l’attente des prochaines récoltes prévues entre la mi-juillet et le mois d’août, le député provincial a invité le gouvernement provincial à contingenter les quantités de riz quittant la province, tout en privilégiant les zones en guerre.
Il a également recommandé de lutter contre la spéculation des prix tout au long de la chaîne de valeur du riz.
Pour la prochaine saison agricole, il a appelé à orienter la Société Busira-Lomami et la Bralima vers des investissements directs ou indirects dans la production afin de réduire la pression exercée sur la demande de riz et, par conséquent, sur celle du maïs.
Cacao et café : des inquiétudes sur la qualité des semences
Abordant les cultures pérennes, l’honorable Senold Tandia a salué le travail réalisé par le gouvernement provincial dans la mise en place des pépinières de cacao dont la distribution officielle est récemment intervenue.
Il a toutefois alerté sur la qualité des semences venues en appui à ces efforts. Selon les informations présentées, celles-ci afficheraient un taux de reprise inférieur à 5 % sur 100 000 hectares.
Pour le cacao, il a indiqué que des fèves auraient été achetées à la place des semences issues de cabosses. Pour le café, il a affirmé que des semences en coque auraient été acquises au lieu des semences en parche.
Face à cette situation, il a invité le ministère provincial de l’Agriculture à s’investir afin d’obtenir de nouvelles semences de qualité avant le début de la prochaine saison culturale.
Mardochée Chiza

