Face à l’apparition de la souche Bundibugyo, l’élu de l’Ituri exhorte les populations, les autorités et les partenaires sanitaires à tirer les leçons des précédentes épidémies pour éviter une nouvelle tragédie humaine.
Un message d’alerte adressé aux communautés de l’Est congolais
Alors que l’Est de la République démocratique du Congo demeure confronté à de multiples défis sécuritaires et humanitaires, une nouvelle menace sanitaire vient raviver de douloureux souvenirs. Dans un message officiel rendu public depuis Kalemie le 30 mai 2026, le sénateur Jean Bamanisa Saidi s’est adressé aux populations de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu touchées par l’apparition de la Maladie à Virus Ebola de souche Bundibugyo.
S’adressant particulièrement aux habitants de Bunia, Rwampara, Mongbwalu, Nyakunde ainsi qu’aux autres zones de santé concernées, l’élu appelle à une prise de conscience collective face à une maladie qu’il décrit comme une menace sérieuse pour les communautés locales.
Selon son message, cette nouvelle flambée épidémique a été confirmée par les autorités sanitaires nationales en collaboration avec les organismes internationaux compétents. Dans un contexte déjà marqué par les déplacements de populations et l’insécurité persistante dans plusieurs territoires de l’Est du pays, la propagation du virus suscite de nouvelles inquiétudes.


Le souvenir encore vif des précédentes épidémies
Le sénateur rappelle que les populations de l’Ituri ont déjà vécu les conséquences dramatiques des épidémies d’Ebola qui ont frappé la région entre 2018 et 2019.
Cette période avait été marquée par de nombreux décès, des tensions entre certaines communautés et les équipes médicales, des attaques contre le personnel de santé ainsi que des destructions d’infrastructures sanitaires.
Au-delà du bilan humain, ces crises avaient profondément affecté le tissu social. Plusieurs familles avaient été confrontées à l’impossibilité d’organiser les rites funéraires traditionnels dans les conditions habituelles, une situation qui avait parfois alimenté les incompréhensions et compliqué la réponse sanitaire.
Pour Jean Bamanisa Saidi, ces expériences doivent aujourd’hui servir d’enseignement afin d’éviter la répétition des erreurs du passé.
Un appel à l’application stricte des mesures de prévention
Dans son message, le sénateur insiste sur la nécessité d’adopter immédiatement les mesures de protection recommandées par les services sanitaires.
Parmi les principales consignes figurent :
- éviter tout contact avec les animaux sauvages malades ou retrouvés morts dans la forêt ;
- ne pas consommer de viande provenant d’animaux suspects ;
- surveiller régulièrement sa température corporelle ;
- signaler sans délai tout symptôme évocateur, notamment la fièvre, les maux de tête, la fatigue, les vomissements, les diarrhées, les saignements ou les douleurs musculaires ;
- isoler rapidement les personnes présentant des signes suspects ;
- respecter les instructions des équipes médicales ;
- se laver fréquemment les mains à l’eau et au savon ou à l’aide d’un désinfectant ;
- éviter tout contact avec les fluides corporels des personnes malades ;
- observer les procédures d’inhumation sécurisées pour les personnes décédées de cas suspects.
Le document souligne également l’importance de protéger les infrastructures sanitaires et les centres de traitement, rappelant que leur destruction compromet directement la capacité des communautés à faire face à l’épidémie.
Le rôle central des leaders communautaires
Le message met en avant la responsabilité des parents, des chefs coutumiers, des responsables communautaires, des jeunes et des femmes dans la sensibilisation des populations.
Selon le sénateur, le dialogue, la confiance et la collaboration avec les équipes de santé demeurent des éléments essentiels pour limiter la propagation du virus.
Il appelle les communautés à accueillir favorablement l’accompagnement des professionnels de santé déployés sur le terrain et à privilégier les échanges constructifs face aux rumeurs ou aux informations non vérifiées.
Des recommandations adressées aux autorités et aux partenaires
Au-delà des populations, Jean Bamanisa Saidi interpelle également le gouvernement central, les autorités provinciales ainsi que les partenaires nationaux et internationaux engagés dans la lutte contre Ebola.
Parmi les actions préconisées figurent :
- la construction de centres permanents d’isolement et de traitement en matériaux durables ;
- le renforcement du dialogue avec les communautés locales ;
- la constitution de stocks suffisants de médicaments, de tests et d’équipements de protection ;
- la mobilisation rapide des ressources nécessaires à l’éradication de l’épidémie ;
- le renforcement des mécanismes de surveillance sanitaire et du suivi des contacts.
Le sénateur insiste sur la nécessité d’une réponse coordonnée et durable, adaptée aux réalités sécuritaires et sociales de l’Est de la RDC.
Une mobilisation collective présentée comme une nécessité
Dans la dernière partie de son message, l’élu de l’Ituri appelle à l’unité nationale face à cette nouvelle urgence sanitaire.
Il estime que la lutte contre Ebola nécessite l’engagement de l’ensemble des acteurs concernés : populations locales, autorités publiques, personnel médical, partenaires humanitaires et leaders communautaires.
Le document se conclut sur un appel à la vigilance, à la discipline et à la solidarité afin de protéger les familles et préserver les communautés exposées à la maladie.
« Restons unis, respectons les mesures, sauvons des vies », écrit-il dans son message signé à Kalemie le 30 mai 2026.
Une région sous surveillance
Alors que les autorités sanitaires poursuivent les opérations de surveillance et de prévention, ce message intervient dans un contexte où la mémoire des précédentes flambées d’Ebola demeure particulièrement présente dans l’Est de la RDC.
Pour les populations concernées, le défi reste désormais de conjuguer vigilance sanitaire, confiance communautaire et respect des recommandations médicales afin de limiter les risques de propagation et protéger les vies humaines.
Dans une région déjà éprouvée par de nombreuses crises, la prévention demeure aujourd’hui l’un des principaux remparts face à cette nouvelle menace sanitaire.
Aristote TALY

