Kisangani, le 14 avril 2026 – Alors que l’étau politique tente de se resserrer autour du Vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, visé par une motion de défiance à l’Assemblée nationale, la riposte s’organise depuis la province de la Tshopo. Michel Butangazi, directeur de cabinet adjoint en charge de l’Ecofin auprès du gouverneur, monte au créneau. Il dénonce avec véhémence un « complot politique » ourdi sur fond d’irrégularités flagrantes et annonce des révélations imminentes.
Un prétexte sécuritaire pour un agenda politique caché ?
Depuis quelques jours, le climat est particulièrement électrique au sein de l’hémicycle congolais. Le dépôt d’une motion de défiance, portée par le député national Laddy Yangotikala Senga, élu de Kisangani-Ville, cristallise les tensions. Les initiateurs de la fronde s’appuient sur les récents défis sécuritaires rencontrés dans les grands centres urbains. Ils pointent notamment du doigt la recrudescence du banditisme à Kinshasa malgré l’opération « Ndobo », les mutineries meurtrières à la prison centrale de Makala, ou encore la profanation tragique du mausolée de Patrice Émery Lumumba.
Cependant, derrière ces griefs légitimes aux yeux de l’opinion, se cacherait une manœuvre beaucoup moins noble. Pour plusieurs observateurs avertis de la scène politique congolaise, l’argumentaire sécuritaire serait instrumentalisé à des fins de règlement de comptes.
La contre-offensive foudroyante de Michel Butangazi
C’est précisément de Kisangani, fief électoral de l’initiateur de la motion, que la réplique la plus cinglante a été lancée. Michel Butangazi, figure stratégique du cabinet du gouverneur de la Tshopo, a formellement contesté la régularité et la sincérité de cette démarche parlementaire.
Selon ses déclarations, le document déposé au bureau de la chambre basse du Parlement serait lourdement vicié. La liste des signataires, pièce maîtresse de toute motion de défiance, serait entachée de ce qu’il qualifie d’irrégularités majeures. Pire encore, M. Butangazi affirme y avoir décelé l’implication d’individus totalement dépourvus de la qualité de député national, jetant ainsi un discrédit total sur la légalité et l’intégrité de l’initiative.
Une attaque contre la vision du Chef de l’État
Pour le directeur de cabinet adjoint, il ne fait l’ombre d’aucun doute : cette motion outrepasse largement le cadre traditionnel du contrôle parlementaire. Elle s’inscrit dans une vaste logique de déstabilisation institutionnelle.
En s’attaquant au VPM Jacquemain Shabani, les frondeurs viseraient directement l’artisan principal de la vision sécuritaire prônée par le président de la République. Dans un contexte délicat où le gouvernement déploie des efforts considérables pour démanteler les réseaux criminels et asseoir l’autorité de l’État, chercher à faire tomber le patron de la sécurité nationale reviendrait, de facto, à fragiliser l’appareil étatique congolais de l’intérieur.
Une conférence de presse aux allures d’heure de vérité
Loin de se limiter à des condamnations purement verbales, l’administration provinciale de la Tshopo s’apprête à porter l’estocade sur le terrain des preuves matérielles. Michel Butangazi a annoncé la tenue très prochaine d’une conférence de presse qui s’annonce à haut risque pour les instigateurs de la motion.
L’objectif de ce face-à-face est double : d’une part, exposer au grand jour les preuves irréfutables de cette infiltration documentaire (fausses signatures, usurpation de qualité) ; d’autre part, réaffirmer de manière solennelle et indéfectible le soutien des institutions de la Tshopo à l’autorité de tutelle.
L’affaire de la motion contre Jacquemain Shabani vient d’entrer dans une zone de fortes turbulences politico-judiciaires. En brandissant la menace de preuves accablantes sur la falsification des documents parlementaires, Michel Butangazi ne se contente pas de défendre un ministre. Il met en lumière les fragilités et les manœuvres obscures qui parasitent parfois le jeu démocratique en République démocratique du Congo. Les prochains jours s’annoncent décisifs à l’Assemblée nationale : la motion de défiance pourrait bien exploser entre les mains de ceux qui l’ont initiée.
Aristote TALY
