“De l’UACCIA à l’OIF : le sénateur Jean Bamanisa Saïdi revendique la cohérence d’un choix.”
Dans la grande mécanique des candidatures internationales, il existe des instants rares où un nom ne se contente pas de circuler : il s’impose, parce qu’il porte une histoire, une compétence, une stature — et une promesse. C’est dans cette densité-là que s’inscrit le soutien public du sénateur Jean Bamanisa Saïdi à Mme Juliana Lumumba, présentée comme candidate de la République démocratique du Congo à la fonction de Secrétaire générale de la Francophonie.
La RDC, qui compte près de 48 925 000 francophones (51% de la population) selon la fiche-pays de l’OIF, avance ici avec le poids d’une évidence démographique… et l’ambition d’une influence assumée. Source
UN SOUTIEN QUI SONNE COMME UNE DÉCLARATION D’INTÉRÊT NATIONAL
Le sénateur Jean Bamanisa Saïdi ne se contente pas d’un appui de convenance. Il place son soutien dans une ligne de continuité, presque de fidélité, et l’exprime avec une franchise qui ne cherche pas l’ornement : elle vise l’impact.
En substance, son message affirme — avec une vigueur intacte — ceci :
- « Nous soutenons la candidature de Mme Juliana Lumumba à ce poste ! »
- Polyglotte (français, anglais, arabe…) et portée par l’expérience comme par la renommée, elle serait en mesure de faire rayonner la francophonie et les pays qu’elle connaît « déjà si bien ».
- Il rappelle un jalon précis : en 2005, sa candidature avait été portée à l’UACCIP « pour le compte de la FEC », et elle avait, dit-il, assumé cette responsabilité « parfaitement ».
- Il salue ensuite, sans détour, la décision institutionnelle : le choix de l’autorité — le Président de la RDC, Son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo — a été « judicieusement » porté sur elle. (Pour repère institutionnel sur la Présidence : Source)
- Et il scelle le tout par une formule qui claque comme un verdict : « C’est la RDC qui gagne ! »
Ce soutien est aussi intime, presque fraternel, lorsqu’il évoque le regret : « Dommage que notre frère Roland ne puisse vivre ces moments », au moment où Juliana Lumumba est désignée candidate « pour le camp de la RDC ».
L’ARGUMENT CENTRAL : UNE FEMME, UNE LIGNÉE, UNE RÉSILIENCE — ET UNE PAIX
Le sénateur ajoute une dimension décisive : l’épaisseur biographique.
Il rappelle que Juliana Lumumba est issue de la famille Lumumba, associée à un combat historique pour l’Afrique et pour le Congo. Il insiste sur l’empreinte d’une éducation paternelle exigeante : des qualités forgées tôt, et cette résilience née d’épreuves traversées — politiques et autres — qui apprennent à tenir debout quand le décor vacille.
Il la décrit également comme une femme de paix : revenue au Congo, tout comme sa famille, après des événements qui auraient pu rompre définitivement le fil. Ici, l’idée est claire : il ne s’agit pas seulement d’un parcours, mais d’une capacité à réconcilier, à rassembler, à rester stable là où tout s’agite.
2005 : LA PREUVE PAR LES FAITS (UACCIP / UACCIAP) ET UNE LÉGITIMITÉ CONTINENTALE
Le sénateur replace ensuite son soutien dans un épisode fondateur et concret : la mise en place de la chambre de commerce africaine, et la bataille du choix d’un Secrétaire général.
Il précise son rôle à l’époque : il était administrateur délégué de la FEC, et, après la mise en place de la chambre, il fallait un profil capable de tenir un centre de gravité africain. Il dit avoir proposé Juliana Lumumba face notamment à une candidature sud-africaine — et elle aurait remporté.
Son raisonnement est d’une cohérence stratégique :
Face à une candidature sud africaine et égyptienne qui étaient les principaux bailleurs de la Chambre durant la période préparatoire à sa création
- le siège étant « au cœur » et à Alexandrie, il fallait une personne à l’aise dans cet environnement ;
- Juliana Lumumba y avait vécu, avec une éducation de haut niveau, évoquant une prise en charge par le Président Sadate et un cadre éducatif partagé avec des enfants de chefs d’État ;
- ce vécu lui donnait un background arabe précieux ;
- surtout, elle avait été en contact avec toutes les Afriques : francophones, anglophones, arabophones.
Sur l’institution elle-même (repère public), l’UACCIAP présente sa mission comme un levier de promotion du commerce, de l’investissement et du développement des ressources humaines, et sa vision comme « la voix de la communauté d’affaires africaine ». Source
Et le sénateur conclut l’argument comme une évidence : cette position passée rend sa candidature d’aujourd’hui favorable pour la Francophonie — notamment parce que la RDC représente un poids francophone majeur, et parce que la maîtrise des autres langues permet d’être à l’aise dans un espace où de nombreux pays arabes parlent aussi français, et où plusieurs pays francophones pratiquent l’anglais.
LA FRANCOPHONIE : UNE HISTOIRE DE LANGUE, MAIS SURTOUT UNE HISTOIRE DE DESTIN
Dans son message, Mme Juliana Lumumba pose un cadre : la francophonie n’est pas un accident. Elle la décrit comme une marche vers la rencontre, la communion des consciences, la responsabilité partagée et l’espérance construite ensemble.
Elle convoque un repère fondateur : les Serments de Strasbourg (842), moment où deux héritiers carolingiens s’adressent au peuple non plus en latin, mais dans des langues comprises — la langue « du cœur ». Les Serments sont connus comme un texte prononcé et transcrit en langues vernaculaires, attestant notamment une forme de roman ancien distinct du latin. Source
DES INDÉPENDANCES À NIAMEY : LA FRANCOPHONIE INSTITUTIONNELLE, PUIS L’OIF
Juliana Lumumba rappelle ensuite la transmutation historique : dans les douleurs des indépendances, quatre figures — Léopold Sédar Senghor, Habib Bourguiba, Hamani Diori et le prince Norodom Sihanouk — refusent que la langue reste prisonnière du passé. Ils changent l’héritage en levier d’émancipation.
Puis vient l’acte institutionnel : Niamey, 20 mars 1970, création de l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), qui ouvre la voie à l’architecture actuelle de la Francophonie. L’OIF rappelle cette séquence et l’évolution : de l’ACCT à l’Organisation internationale de la Francophonie. Source
2026 : LE MOMENT DE VÉRITÉ (SE RÉINVENTER OU S’EFFACER)
Le cœur de son propos est une alerte — et une exigence.
Elle énumère les fractures du monde :
- inégalités socio-économiques croissantes,
- rivalités géopolitiques exacerbées,
- révolution numérique ambivalente,
- crise climatique systémique,
- fragilisations démocratiques,
- résurgence des idéologies d’exclusion.
Et elle situe l’échéance : en novembre 2026, au Cambodge, la Francophonie serait placée devant deux chemins : se réinventer ou s’effacer — « pas de troisième voie ». (Le calendrier des Sommets, incluant le Sommet prévu au Cambodge en 2026, figure dans l’historique institutionnel de l’OIF.) Source
« NEUF PROJETS NEUFS POUR UNE NEUVE FRANCOPHONIE » : LA PROPOSITION POLITIQUE
Elle insiste : elle ne vend pas une réforme de surface, mais une renaissance ; pas seulement une administration efficace, mais une vision transformatrice ; pas une candidature de circonstance, mais une construction de destin commun.
Son projet porte un titre : « NEUF PROJETS NEUFS POUR UNE NEUVE FRANCOPHONIE », articulé autour d’une francophonie vivante, inclusive, co-créative, co-productive, solidaire et protectrice de la planète. Puis elle déroule, clairement, ses neuf engagements :
1) Rencontres interculturelles francophones : bâtir un dialogue vivant entre les peuples.
2) Intégration économique intra-francophone : coproduction industrielle et co-développement intercontinental.
3) Valorisation des langues sœurs : préserver la diversité linguistique et nourrir le dialogue interculturel.
4) Pacte climatique francophone : transition écologique solidaire.
5) Visa francophone : faciliter la mobilité des intelligences, des cultures, des talents.
6) Justice francophone sans frontières : garantir droits et coopération judiciaire.
7) Recherche en médecine traditionnelle et pharmacopée ancestrale : unir savoirs des ancêtres et sciences modernes.
8) Académie francophone de la paix et du bien-vivre-ensemble : renforcer cohésion et résolution pacifique des conflits.
9) Transition numérique francophone : infrastructures interconnectées, sécurisées, inclusives, pour un accès équitable au savoir et à l’innovation.
Enfin, elle propose un hymne de la francophonie, pour donner une âme à la communauté, sanctuariser l’unité — et faire de la fraternité non plus un mot, mais une expérience vécue.
IDENTITÉ ET LÉGITIMITÉ : PARCOURS, RESPONSABILITÉS, ET CONFIANCE DE L’ÉTAT
Juliana Lumumba se présente : hier vice-ministre et ministre ; aujourd’hui Secrétaire générale de l’Union africaine des Chambres de commerce, d’industrie, d’agriculture et des métiers ; et désormais candidate à la fonction de Secrétaire générale de la Francophonie.
Elle remercie explicitement le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour la confiance placée en elle — et appelle à faire entrer la francophonie dans une nouvelle ère. (Repère institutionnel sur la Présidence : Source)
CONCLUSION : UN NOM, UN SIGNAL, UNE AMBITION
Dans ce soutien du sénateur Jean Bamanisa Saïdi, il y a plus qu’un alignement politique : il y a une lecture stratégique du moment francophone, une mémoire des responsabilités déjà assumées, et une conviction martelée sans détour — « C’est la RDC qui gagne ! » — parce qu’une candidature peut devenir, lorsqu’elle est portée avec cohérence, un instrument d’influence et de dignité nationale.
Et dans la voix de Juliana Lumumba, il y a une promesse exigeante : faire de la Francophonie non pas un musée de la langue, mais une architecture de peuples, debout face au siècle.
Aristote TALY
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