Il est revenu dans sa ville. Non pas pour se reposer, mais pour regarder la réalité en face — celle que les rapports officiels n’osent pas toujours révéler.
Le sénateur de Kisangani, Jean Bamanisa Saïdi, figure politique majeure de la province de la Tshopo, vient d’achever son séjour dans la capitale de l’ancienne Province Orientale à l’occasion des vacances parlementaires. Une visite de terrain marquée par des échanges stratégiques et une analyse lucide de la situation sécuritaire de la ville.
Et le constat est sans complaisance.
Une sécurité devenue une priorité stratégique
Dans un contexte marqué par des attaques répétées de drones contre l’aéroport international de Bangoka, ciblé à plusieurs reprises par les rebelles de l’AFC/M23 en février et mars 2026, la question sécuritaire n’est plus un débat théorique.
Elle est désormais une urgence nationale.
Ville carrefour au cœur du territoire congolais et point stratégique pour les communications nationales, Kisangani se retrouve aujourd’hui dans le viseur d’un conflit qui semblait encore récemment lointain.
Un sénateur au franc-parler
Lors d’un entretien accordé à la presse, le sénateur a posé son diagnostic avec la franchise d’un homme qui connaît intimement sa ville.
« Il faut renforcer les capacités sécuritaires pour faire de Kisangani une véritable forteresse. Cela commence par la construction et le renforcement des camps militaires », a déclaré Jean Bamanisa Saïdi.
Une prise de position claire qui reflète les préoccupations d’une population de plus en plus attentive aux enjeux de sécurité.
Des infrastructures militaires à moderniser
Le sénateur n’a pas caché sa surprise face à l’état actuel de certaines infrastructures militaires de la ville.
« J’ai été surpris de constater que certains espaces n’ont pas encore été suffisamment sécurisés par le gouvernement provincial et l’armée. Nous allons travailler à Kinshasa afin que les sites des camps existants — Kapalata, Sergent Ketele, Bauma et Lukusa — soient pleinement sécurisés et puissent répondre aux besoins des cinquante prochaines années. »
Pour l’élu de Kisangani, la sécurité ne peut se construire dans l’improvisation.
Elle exige une vision durable, des infrastructures solides et une planification stratégique à long terme.
« On ne peut pas donner un espace trop réduit aux installations militaires et se retrouver demain sans marge pour les besoins futurs », a-t-il insisté.
Échanges stratégiques avec le général Ndiembo
Moment central de son séjour : la réunion de travail avec le général Ndiembo, commandant de la région militaire et chef de la troisième zone de défense basée à Kisangani.
Une rencontre consacrée à l’évaluation globale de la situation sécuritaire dans la région.
« Nous avons passé en revue la situation sécuritaire. Les FARDC poursuivent leur formation et continuent de sécuriser l’espace. Les responsables militaires nous ont rassurés : la situation est calme et il n’y a pas de raison de céder à la panique. »
Toutefois, le sénateur a insisté sur un aspect essentiel : la communication avec la population.
« J’ai également demandé qu’il y ait davantage de communication avec la population dans le cadre des relations civilo-militaires, afin que celle-ci se sente en confiance et sache que sa sécurité est suivie de près. »
Soutien aux forces de police
Au-delà de l’armée, le sénateur a également tenu à saluer le travail de la Police nationale congolaise à Kisangani.
Il a encouragé le renforcement des patrouilles pédestres, un dispositif qui permet de maintenir un contact direct entre les forces de sécurité et la population.
« La police accomplit un travail remarquable. Il est important de l’encourager. Nous avons soutenu les patrouilles pédestres et souhaitons renforcer l’interaction entre les services de sécurité et les citoyens. »
Dans un contexte sécuritaire sensible, ces patrouilles représentent un signal fort de proximité et de confiance entre l’État et la population.
Puisque la RDC possède un potentiel humain appelé à atteindre 200 millions d’habitants dans les 70 prochaines années et détient des réserves de ressources naturelles estimées à plusieurs milliers de milliards de dollars, elle se doit de disposer des meilleurs systèmes de défense pour protéger ses biens souligne le sénateur Jean Bamanisa Saïdi.
Une conviction : protéger Kisangani
À l’issue de ces vacances parlementaires, Jean Bamanisa Saïdi repart à Kinshasa avec plusieurs dossiers sécuritaires prioritaires.
Une conviction l’accompagne : Kisangani doit devenir une ville mieux protégée et stratégiquement préparée aux défis sécuritaires de demain.
Non par peur.
Mais par responsabilité.
Aristote TALY

