Dans une région éprouvée par les violences armées, les déplacements de populations et les épidémies, Médecins Sans Frontières (MSF) achève 13 mois d’intervention à Sake, dans le Nord-Kivu. L’organisation humanitaire transfère ses activités à Première Urgence Internationale (PUI), avec un enjeu majeur : préserver l’accès aux soins des populations vulnérables.
Située à environ 25 kilomètres de Goma, la cité de Sake a accueilli de nombreuses familles déplacées après les affrontements de janvier 2025 entre l’AFC/M23, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et leurs alliés respectifs.
Dans cette zone fragilisée par l’insécurité, les difficultés d’accès à la nourriture et la destruction d’infrastructures sanitaires, les besoins médicaux se sont considérablement accrus.
Face à cette urgence, MSF avait réhabilité, en février 2025, le Centre de santé de référence de Sake, endommagé par les combats, avant d’y installer une unité de traitement du choléra.

Le bilan de cette intervention illustre l’ampleur des besoins humanitaires. En 13 mois, près de 3 500 enfants âgés de 6 à 59 mois souffrant de malnutrition ont été pris en charge. Plus de 1 740 femmes ont bénéficié d’un accompagnement pour accoucher en sécurité.
Les équipes médicales ont également soigné plus de 10 300 survivantes de violences sexuelles, tandis que plus de 10 400 autres ont reçu un soutien psychologique, selon les chiffres communiqués par MSF.

« Lorsque les besoins en soins de santé primaires ont augmenté à Sake, notamment avec la résurgence du choléra, il était essentiel que les patients puissent être pris en charge rapidement, sans avoir à parcourir de longues distances », explique Christine Januel, coordinatrice pays de MSF en RDC.
Le transfert des activités à Première Urgence Internationale s’accompagne d’un appui matériel. MSF fournit au centre de santé des intrants médicaux ainsi que des équipements médicaux et logistiques pour soutenir la continuité des services.
L’organisation réoriente désormais une partie de ses ressources vers d’autres zones confrontées à d’importantes urgences sanitaires et sécuritaires, notamment Katoyi.
À Sake, la transition rappelle une réalité essentielle : dans les territoires affectés par les conflits, la continuité des soins demeure indispensable à la protection des populations. La prise en charge des enfants malnutris, des femmes enceintes et des survivantes de violences sexuelles reste un enjeu humanitaire majeur.
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