À ExpoBéton 12, la ministre des Affaires foncières, O’Neige N’Sele, a présenté les premières étapes de la numérisation du cadastre à Kinshasa. Plus de 350 cadres et agents ont été formés depuis août, tandis que neuf circonscriptions foncières ont engagé une première phase d’archivage physique et numérique, selon les précisions données lors de son intervention.

Au cours du panel consacré à la sécurisation foncière et à l’avenir de N’Sele, Maluku et Mont-Ngafula, la ministre a expliqué que la loi promulguée le 30 décembre 2025 fournit de nouveaux outils pour améliorer la gouvernance des terres. L’inscription de la numérisation dans ce texte doit, selon elle, assurer la continuité de la réforme au-delà des personnes qui dirigent les institutions.
Cette transformation commence par l’administration. De nouvelles directions consacrées aux métiers de la numérisation ont été créées avec le ministère de la Fonction publique. Un partenariat avec l’Institut national des archives du Congo a également permis de former plus de 350 cadres et agents aux techniques d’archivage physique et numérique.
O’Neige N’Sele a toutefois souligné que la numérisation du cadastre dépasse la simple conversion des documents papier : elle exige des plans géolocalisés, des compétences en géodésie et un travail préalable sur le terrain.
Kinshasa, province pilote
Les communes de N’Sele, Maluku et Mont-Ngafula figurent parmi les zones concernées par la première phase. D’après la ministre, l’archivage engagé permet à l’administration de conserver une copie numérique des certificats et contrats régulièrement établis, afin de réduire les risques de perte ou de détérioration des dossiers.
Le ministère travaille ainsi sur les archives existantes tout en préparant la sécurisation des nouveaux actes. Cette démarche doit accompagner l’extension de Kinshasa et permettre aux acteurs concernés d’intervenir de manière coordonnée avant l’apparition de nouveaux désordres urbains.
Examiner l’utilisation des terres concédées
La ministre a également présenté un mécanisme d’inventaire des terres et de contrôle de leur mise en valeur. Face aux besoins d’espace pour les projets de développement, elle a expliqué que l’État entend examiner l’utilisation des concessions accordées.
Prenant l’exemple de 50 000 hectares acquis puis laissés inexploités pendant des années, elle a indiqué que des terres non mises en valeur pourraient, selon les conditions applicables, être récupérées et réaffectées. L’enjeu évoqué est de dégager des espaces pour les projets structurants tout en préservant ceux destinés à l’environnement, à la culture et aux besoins de la population.
Une mercuriale à actualiser
Sur les transactions immobilières, O’Neige N’Sele a dénoncé la pratique des doubles contrats : un document mentionnant le prix réel entre les parties et un autre, minoré, présenté à l’administration pour calculer les taxes et redevances.
Elle a annoncé un atelier d’actualisation de la mercuriale dans les prochaines semaines. Ce référentiel de valeurs doit mieux refléter le marché, notamment à Gombe, et être révisé avec les parties prenantes pour renforcer la prévisibilité des transactions et la perception des recettes publiques.
À travers ces chantiers, la ministre a défendu une réforme associant fiabilité des archives, formation des agents, contrôle de l’utilisation des terres et transparence des prix, au service de la sécurité foncière.
Aristote TALY
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