Face à la persistance de la maladie à virus Ebola à Kisangani, le gouverneur de la Tshopo renforce les mesures de prévention. Fermetures temporaires, désinfection des lieux exposés, suivi des contacts et restrictions des rassemblements : Paulin Lendongolia Lebabonga veut contenir la transmission tout en évitant la panique.
À Kisangani, Paulin Lendongolia Lebabonga veut conjuguer fermeté et pédagogie face à Ebola.
Alors que la maladie continue d’imposer une vigilance accrue dans la capitale de la Tshopo, le gouverneur a placé la prévention au centre de l’action provinciale : fermeture temporaire des établissements exposés, désinfection, surveillance des personnes contacts, limitation des rassemblements et mobilisation des services de sécurité.
Mercredi 30 septembre, face aux inquiétudes suscitées notamment par la situation du DHKis et de l’école maternelle La Borne, l’autorité provinciale a tenu à clarifier la portée des décisions prises.
Ces fermetures, a-t-il expliqué, ne sont pas définitives.
« Il s’agit des mesures préventives qui consistent notamment à désinfecter ces lieux avant la reprise des activités », a déclaré Paulin Lendongolia.
L’objectif est de sécuriser les établissements concernés avant leur réouverture. Une fois les opérations de désinfection réalisées et les conditions sanitaires réunies, les patients pourront regagner la structure hospitalière et les élèves reprendre le chemin de l’école.
DHKis et La Borne : prévenir avant la reprise
Le DHKis se trouve actuellement au cœur du dispositif de riposte après la détection de plusieurs cas positifs parmi son personnel.
Plus de 123 personnes ayant été en contact avec des cas confirmés y sont également suivies.
À l’école maternelle La Borne, la mesure de fermeture porte sur 21 jours, après la confirmation d’un cas d’Ebola chez une institutrice. Celle-ci est l’épouse d’un agent de santé du DHKis, lui-même diagnostiqué positif.
Devant cette situation, Paulin Lendongolia insiste sur une précision importante : être placé en quarantaine ne signifie pas être contaminé.
La quarantaine constitue une période d’observation. Les équipes sanitaires surveillent les personnes ayant été en contact avec des cas confirmés afin de détecter rapidement une éventuelle apparition de symptômes.
Cette surveillance peut durer jusqu’à 21 jours. En l’absence de signes de la maladie au terme de cette période, les personnes concernées peuvent être libérées et reprendre leurs activités.
Paulin Lendongolia hausse le ton sur les rassemblements
Mais pour le gouverneur, la riposte ne peut pas se limiter aux établissements directement concernés.
L’autorité provinciale s’inquiète également de la poursuite de certains rassemblements, réunions, manifestations et marches à Kisangani malgré les restrictions arrêtées pour limiter les risques de transmission.
Sur ce point, Paulin Lendongolia s’est montré particulièrement ferme.
« Nous avons ici interdit les rassemblements, les manifestations, les marches et consorts. Mais malheureusement, on se réveille, c’est comme si nos frères et sœurs n’avaient pas compris la chose », a-t-il déploré devant la presse.
Son message à la population tient en quelques mots : la menace doit être prise au sérieux.
« La maladie est là. Nous devons prendre conscience, la maladie est là. Nous devons respecter les mesures de prévention », a-t-il insisté.
Le gouverneur a ainsi demandé aux services de sécurité de veiller à l’application des dispositions prises par les autorités provinciales. Dans le contexte sanitaire actuel, la priorité affichée reste la protection de la vie humaine.
Des moyens mobilisés pour la prévention
La stratégie provinciale ne repose pas uniquement sur les restrictions.
Dans le cadre de la riposte, des thermoflashs, des produits désinfectants ainsi que des moyens destinés à la sensibilisation ont été mis à la disposition des services concernés.
Paulin Lendongolia a également salué l’accompagnement des partenaires techniques et financiers engagés aux côtés de la province dans la lutte contre Ebola.
Les mesures prises à Kisangani s’inscrivent dans un contexte sanitaire qui demeure préoccupant dans la Tshopo. Dans son bulletin du 25 septembre, l’Organisation mondiale de la Santé signalait une reprise de la transmission dans la province et recensait sept zones de santé touchées.
Rassurer sans relâcher la vigilance
À travers les décisions prises et ses explications publiques, Paulin Lendongolia cherche désormais à faire tenir ensemble deux impératifs : maintenir la vigilance sanitaire et éviter que les mesures préventives soient interprétées comme des fermetures définitives ou comme la confirmation automatique d’une contamination.
Au DHKis comme à La Borne, le principe reste celui d’une interruption temporaire destinée à permettre la désinfection et la surveillance sanitaire avant la reprise des activités.
Dans le même temps, le gouverneur appelle les habitants de Kisangani à limiter les contacts à risque, à respecter les mesures de prévention et à collaborer avec les équipes engagées dans la riposte.
Son message résume la ligne adoptée par l’exécutif provincial : protéger d’abord, désinfecter les lieux exposés, surveiller les contacts et permettre ensuite un retour progressif aux activités lorsque les conditions sanitaires le permettront.
À Kisangani, c’est désormais sur le respect de cette chaîne de prévention que l’autorité provinciale entend concentrer ses efforts pour contenir Ebola.
Aristote TALY
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