À Kinshasa, le Gouvernement a remis les certificats aux bénéficiaires de la première édition de son programme de soutien aux études de troisième cycle. Au-delà du financement des parcours académiques, l’ambition affichée est de renforcer durablement la recherche congolaise et d’orienter les travaux scientifiques vers les besoins du pays.
Une première cohorte et une exigence de résultats
À Kinshasa, jeudi 3 septembre 2026, la première édition du Programme national de bourses de troisième cycle a franchi une étape majeure avec la remise des certificats aux bénéficiaires.

Représentant la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et des Innovations, la professeure Marie-Thérèse Sombo, a placé cette première cohorte sous le signe du mérite, de la transparence, de l’intégrité scientifique et de la responsabilité.

Pour les 41 bénéficiaires retenus selon les éléments communiqués lors de cette première édition, l’obtention de l’appui public ne constitue ainsi qu’une première étape. L’objectif annoncé est désormais de convertir cet investissement dans la formation supérieure en recherches, publications, innovations et compétences susceptibles de répondre aux besoins du pays.
Le programme s’inscrit dans un dispositif institutionnel mis en place en avril 2026. Un arrêté ministériel a notamment créé une Commission nationale d’octroi des bourses d’études, chargée de recevoir et d’examiner les dossiers, de vérifier leur éligibilité et de procéder à leur classement selon plusieurs paramètres, parmi lesquels le mérite académique, la vulnérabilité sociale et les priorités nationales.
Mettre la recherche au service des priorités nationales
L’ambition du dispositif dépasse le financement individuel des études. Le Gouvernement entend utiliser le troisième cycle comme un instrument de renforcement des capacités scientifiques nationales.
Les recherches soutenues doivent notamment pouvoir contribuer à apporter des réponses dans des secteurs comme la santé, l’agriculture, l’environnement, l’industrie, l’éducation, la gouvernance et les technologies.
Dès le lancement du dispositif en avril, plusieurs domaines avaient été identifiés comme prioritaires : sciences, technologies, ingénierie, mathématiques et numérique ; mines et énergies renouvelables ; agriculture, agroalimentaire, agroforesterie, agro-industrie, pêche et élevage industriels ; mais aussi infrastructures aéroportuaires, routières, ferroviaires, portuaires et transports. D’autres disciplines peuvent être prises en compte lorsque le projet de recherche démontre un impact direct sur les priorités de développement de la RDC.
Le Gouvernement entend ainsi rapprocher davantage la formation de haut niveau des problématiques auxquelles le pays est confronté.
Des bénéficiaires appelés à rendre compte de leur parcours
La remise des certificats ne met pas fin au processus. La ministre a annoncé la mise en place d’un suivi académique, scientifique, administratif et financier de chaque bénéficiaire.
Les inscriptions, les travaux de recherche, les publications, les rapports, les soutenances ainsi que les résultats scientifiques devront être documentés dans un dossier individuel. L’objectif est de permettre un suivi de l’utilisation de l’appui public et de l’évolution académique des chercheurs.
Cette exigence s’accompagne d’un rappel des règles d’intégrité scientifique. Lors de la cérémonie, Marie-Thérèse Sombo a notamment mis en garde contre le plagiat, la falsification ou la fabrication de données, les publications prédatrices, l’achat d’articles ainsi que l’utilisation non déclarée de certains outils numériques et de l’intelligence artificielle.
Les écoles doctorales sont également appelées à renforcer la formation méthodologique et la culture de l’éthique, tandis que les encadreurs doivent assurer un accompagnement rigoureux des chercheurs. Les établissements d’origine sont, pour leur part, invités à préparer la valorisation des compétences acquises à l’issue des formations.
Un programme appelé à évoluer
Cette première édition doit également servir d’expérience au Gouvernement pour ajuster les prochaines phases du programme.
Les futures éditions seront organisées en fonction des résultats obtenus et des ressources mobilisées. Plusieurs paramètres doivent faire l’objet d’améliorations : les critères de sélection, la transparence du processus, la répartition entre les domaines prioritaires, l’équité territoriale, la participation des femmes ainsi que les mécanismes de suivi des bénéficiaires.
Le dispositif n’est donc pas présenté comme une opération ponctuelle, mais comme un mécanisme appelé à s’inscrire dans la durée et à évoluer au regard des enseignements tirés de sa première mise en œuvre.
Des diplômes, mais surtout des résultats scientifiques
Au centre du programme se trouve enfin une exigence : mesurer son efficacité au-delà du nombre de diplômes délivrés.
« Le véritable succès du Programme ne se mesurera pas uniquement au nombre de titres obtenus », a souligné la ministre.
Les résultats attendus doivent se traduire par la formation effective de chercheurs, la production de publications scientifiques crédibles, le développement d’innovations, le renforcement des laboratoires et la consolidation des filières de formation et de recherche.
Lors de la cérémonie, la ministre a présenté le troisième cycle comme un espace essentiel pour construire l’autonomie intellectuelle, maîtriser les méthodes scientifiques, développer la capacité d’innovation et produire des connaissances utiles. Elle a également rappelé son importance dans le renouvellement du personnel académique et scientifique.
Pour les 41 bénéficiaires de cette première cohorte, commence ainsi la phase déterminante du programme : celle des travaux, des publications, des soutenances et des résultats.
L’enjeu fixé par les autorités est désormais de transformer les ressources publiques consacrées à leur formation en compétences scientifiques durables, en capacités de recherche renforcées et, à terme, en solutions concrètes susceptibles de contribuer au développement de la République démocratique du Congo.
Aristote TALY

