Après une mission de transformation à la tête de la Direction générale de l’innovation et de la mobilisation des recettes (DGIPT), Jacques Lomalissa Botowamungu est rappelé au cabinet du gouverneur Paulin Lendogolia. Ce mouvement stratégique, loin d’être un simple remaniement, consacre l’ascension d’un expert dont la méthode a permis de redonner de l’oxygène aux finances publiques de la province.
Kisangani, cœur battant de la Tshopo. Au sein des couloirs de la régie financière provinciale, l’émotion était palpable ce week-end. Jacques Lomalissa Botowamungu, figure centrale des réformes fiscales récentes, a fait ses adieux à ses collaborateurs. Mais ce départ n’est pas une sortie de scène : c’est une promotion au « saint des saints » du pouvoir provincial. Nommé Directeur de cabinet adjoint (DIRCABA) en charge de l’économie et des finances, il devient désormais l’architecte de la vision économique du gouverneur Paulin Lendogolia.
L’ARTISAN DU « BIG BANG » FISCAL
Le passage de Jacques Lomalissa à la tête de la DGIPT restera marqué par un courage politique rare : celui de réformer un système à bout de souffle. Sous l’impulsion du gouverneur, il a piloté la scission de l’ancienne régie (DGRPT) en deux entités distinctes pour une efficacité accrue. Une thérapie de choc nécessaire pour « redorer l’image » d’une administration souvent critiquée et, surtout, pour maximiser la canalisation des recettes.
« Nous avons écrit ensemble une bonne page de l’histoire de notre province », a-t-il déclaré avec une sobriété qui cache mal la fierté du travail accompli.
Sous sa direction, les signaux de mobilisation sont passés au vert. En instaurant une « feuille de route » rigoureuse et en misant sur l’échange d’expertises, il a prouvé que les techniciens de la Tshopo n’avaient rien à envier aux standards internationaux. Ce sont ces résultats tangibles qui ont convaincu l’autorité provinciale de le placer à un poste de coordination transversale.
UNE TRANSITION SOUS LE SIGNE DE L’HUMILITÉ
Au-delà des chiffres et des réformes structurelles, c’est l’homme qui a marqué les esprits. Dans un message empreint d’une profonde humanité, Jacques Lomalissa a tenu à demander pardon à ceux que la rigueur de la réforme aurait pu heurter. Un geste rare dans les hautes sphères administratives, illustrant un leadership qui allie fermeté et fraternité.
Il ne quitte pas le navire, il en change de pont. En tant que DIRCABA ECOFIN, sa mission s’élargit. Il ne s’agit plus seulement de collecter l’impôt, mais de conseiller le gouverneur sur l’allocation stratégique de ces ressources au service du bien-être des Tshopolais.
GARDER LE CAP : LE DÉFI DE LA CONTINUITÉ
Le message envoyé aux agents de la régie et à son successeur est clair : l’élan ne doit pas se briser. Jacques Lomalissa exhorte ses désormais ex-collègues à prêter « main-forte » à la nouvelle direction afin de maintenir la trajectoire ascendante des recettes.
Pour les observateurs de la vie politique congolaise, ce repositionnement de Lomalissa est le signe que Paulin Lendogolia entend verrouiller la gestion financière de la province avec des hommes de confiance, techniquement aguerris et politiquement loyaux.
« Ce qui doit arriver arrivera », conclut Jacques Lomalissa avec une sérénité presque stoïque. Pour la Tshopo, ce qui arrive semble être une ère de rigueur budgétaire portée par un homme qui connaît chaque rouage de la machine fiscale. Le « technicien » est devenu stratège, et c’est toute la province qui attend désormais de voir les fruits de cette nouvelle synergie au sommet de l’État provincial.
Aristote TALY
