L’apparition soudaine de documents internes de la Direction générale des recettes non fiscales de la province de la Tshopo (DGRNFPT) sur les réseaux sociaux a fait l’effet d’une onde de choc, jetant le discrédit sur plusieurs agents accusés à tort de litiges financiers. Au cœur de cette polémique numérique, André Kasambi Damwazo, receveur de la régie, a choisi la voie de la transparence. Preuves bancaires à l’appui, il démonte une accusation infondée et met en lumière les graves dysfonctionnements informatiques hérités de l’ancienne administration. Une mise au point nécessaire qui lave son honneur à l’aube de ses nouvelles responsabilités.
La transition financière amorcée cette année dans la province de la Tshopo, marquée par le remplacement de l’ancienne DGRPT par de nouvelles structures dédiées comme la DGRNFPT, ne se fait pas sans heurts. Récemment, une liste nominative ayant fuité sur la toile accusait plusieurs agents de l’État de détenir d’importants arriérés ou des litiges envers la régie provinciale. Parmi les noms épinglés par ces documents litigieux figurait celui d’André Kasambi Damwazo.
Actuel receveur (grade CD), ce haut fonctionnaire ne s’est pas laissé emporter par la rumeur. Face à ce qui s’apparentait à un lynchage médiatique injustifié, il a opté pour une démarche proactive : la confrontation directe avec les serveurs et les données de la direction centrale.
Le verdict, tombé après une vérification minutieuse des registres, est sans appel : aucune dette n’entache le dossier de M. Kasambi.
Dans une déclaration empreinte de soulagement, mais aussi d’une pointe de fermeté quant à la rigueur exigée dans la gestion publique, il a tenu à lever définitivement toute équivoque :
« Hier, je me suis rendu à la direction afin de vérifier la somme qui m’avait été imputée. Heureusement, la vérité a été établie après vérification : toutes les notes avaient bien été payées. »
Mais comment une telle « dette fantôme » a-t-elle pu se retrouver formellement inscrite dans les documents officiels de la régie ? La réponse dévoile les stigmates d’un passé administratif chaotique. M. Kasambi pointe du doigt un déficit flagrant de traçabilité, directement imputable aux gestionnaires de l’ancienne structure financière de la province :
« L’erreur provient du dysfonctionnement des animateurs de l’époque, qui n’avaient pas correctement enregistré les paiements après les versements effectués à la banque, ce qui empêchait l’émission des quittances. Ainsi, dans le système (machine), il apparaissait à tort que les notes n’étaient pas payées. »
Ce témoignage édifiant lève le voile sur une problématique structurelle majeure qui a longtemps gangrené la province : la déconnexion fatale entre les transactions bancaires réelles et leur encodage dans le système informatique. Ces failles, qui justifient d’ailleurs les récentes réformes radicales du gouvernorat pour assainir les finances publiques, ont non seulement pénalisé la maximisation des recettes par le passé, mais elles menacent aujourd’hui injustement la probité de cadres dévoués.
En conclusion, l’affaire André Kasambi Damwazo dépasse le simple cadre d’un démenti personnel. Elle résonne comme un signal d’alarme et un cas d’école pour la toute jeune DGRNFPT. Si la Tshopo veut véritablement sécuriser ses recettes et tourner le dos aux scandales d’antan, la numérisation intégrale et l’automatisation du circuit de paiement ne sont plus des options, mais des impératifs vitaux. Lavé de tout soupçon, M. Kasambi peut désormais se tourner sereinement vers ses futures prérogatives à Ubundu, fort d’une intégrité réaffirmée face aux errements d’un système en pleine mutation.
Par Aristote TALY
